Par Marc à 14:12 :: 2007 France - GB - W Irlande
L’abri du pêcheur à Newlyn, le plus grand port de pêche de la Conouaille. L’un de ces lieux conçus pour les gens de mer : Il y a là ceux qui boivent une bière, quelques femmes qui se retrouvent pour le thé, et surtout il y a internet.
Ce vendredi matin, les choses deviennent claires… une fenêtre météo s’ouvre jusqu’à dimanche matin… Du sud, sud-ouest 25 nœuds dans le front chaud d’une nouvelle dépression qui s’est creusée à l’ouest de l’Irlande.
Et le prochain train ne s’annonce pas avant la semaine prochaine au moins… Le train ne siffle qu’une seule fois..
On embarque.
A 15h on largue les amarres, et à 17h nous voilà entrain de doubler la bouée Runnelstone.
C’est le « bout du bout » de l’Angleterre, le passage au large de Lands End et de LongShip.. l’entrée dans la grande houle de la mer d’Irlande.

Ca balance pas mal par ici.

24 heures de traversée, grand largue par 25 à 30 nœuds, sous la pluie… mais aussi quelques heures sous le soleil, c’est le baptême du large pour Chamade.
Et cette fois-ci la prise de ris n’est pas pour l’exercice. Un, deux, puis finalement trois ris pour filer 7-8 nœuds.. Le canote s’en tire bien. Rapide et étonnamment stable sous une allure qui rend les voiliers instables.
Reste que ça balance pas mal par ici. Entre la grande houle et la mer du vent, on file dans des vallées liquides de plus de 3 mètres. La vie à bord est assez sport. Il faut s’accrocher.

Mais l’équipage est zen, même Laurence qui en est à sa première traversée et qui reste d’une humeur imperturbable, servant thé et café à qui le souhaite.
Manque que le soleil qui finit par apparaître quelques heures le samedi après-midi. Ciel bleu, mer d’un bleu profond et fou de bassan nous accompagnant… Rough...mais grandiose.
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Par Marc à 11:59 :: 2007 France - GB - W Irlande
Disons le tout de go… merci pour ce début d’été pourri.
Alors qu’on espérait un bon petit anticyclone de saison pour nous expédier sans problème vers les Scilly et l’Irlande… nous voilà en train de nous battre le long de la côte de Cornouaille, par vent contraire et ciel plombé. De Salcombe où nous avons laissé passer un premier coup de vent, en passant par Helford River pour en laisser passer un second, nous remontons lentement vers l’ouest de la Manche, vent et mer dans le nez, à tirer des bords et à piocher dans les vagues bien formées.
Nous voilà ce soir à Penzance, à quelques milles du bout du monde version anglaise… Land’s End... la fin de la terre, la pointe extrême de l’Angleterre avant l’immensité atlantique.
Là rien à faire. Il faut attendre… espérer que l’avant de la dépression de ce week-end nous donnera 36 heures de vent de sud pour foncer dans la pluie vers l’Irlande..
On visait une escale aux Scilly, mais à voir le temps.. je sens qu’on va oublier… Reste l’objectif : L’Irlande.. et ce n’est pas encore gagné…
La météo sur internet laisse entrevoir une fenêtre.. mais les bulletins de la météo britannique reçus sur le navtex commencent tous par « unseattled weather » … C’est un euphémisme..
Alors patience.. Il paraît que c’est l’une des vertus du marin.
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Par Marc à 11:58 :: 2007 France - GB - W Irlande

Rien de plus difficile d’estimer la visibilité en mer.
Comme ça, à vue de nez, on a l’impression de voir loin…quelques kilomètres en tout cas…
Pourtant, la grosse tache sur le radar est maintenant à moins de 1 mille (1800 mètres) et rien n’est encore visible sur l’horizon.
Nous sommes en plein rail des cargos, au large des Casquets, en pleine Manche, entre Cherbourg et l’Angleterre. C’est ici le trafic maritime le plus dense de la planète, canalisé virtuellement dans un rail montant et un rail descendant, chargés d’éviter les collisions entre ces monstres flottants. Avec le temps d’aujourd’hui, de la pluie sous un ciel de plomb, traverser le rail, c’est toujours source d’adrénaline. Sauf qu’avec le radar, tout change. Les cargos s’alignent sur l’écran, même si on ne les voit pas.

Puis soudain, dans la grisaille, une ombre surgit... tout de suite immense… déjà bien près. Merci le radar qui a permis d’anticiper…
Voilà qui rappelle le temps où sans radar, on entendait le toum-toum-toum du moteur avant de voir le navire.
Mais là on est zen… le radar veille… nous aussi, et la traversée vers la perfide Albion se fait sans autre surprise que de découvrir à la dernière si la grosse tache est un pétrolier, un ferry ou un porte-conteneurs.

Ce n’est plus du jeu dirons les puristes… Pour nous l’adrénaline… c’est ailleurs qu’il faut la chercher.
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Par Marc à 12:45 :: 2007 France - GB - W Irlande
Une rencontre avec mon copain Jacques Aubert, pêcheur devant l'Eternel, c’est toujours une aventure et de nouvelles histoires.

Avec cette fois-ci celle de la pêche au chien.
Eh oui… à Omonville, on pêche au chien. Et cela dans les lagunes au sud des falaises de Jobourg. La technique est simple, vous envoyez votre labrador à l’eau et il revient avec un saumon de plus de 3 kilos.
P’t’être bien que c’est vrai.. p’t’être que non… Avec ces normands.. allez savoir !
Et pourtant… l’histoire est vraie. Le labrador c’est celui de Marie. L’autre jour alors qu’elle se promenait avec son chien au bord de la lagune, le voilà qui fonce à l’eau et qui revient avec un magnifique saumon. Que faisait-il, piégé dans la lagune, mystère !
Mais Jacques n’en revient pas… en 35 ans de pêche c’est la première fois qu’il voit ça…

Peu importe d’ailleurs… parce que rempli d’aneth et passé au four arrosé d’un petit beurre battu façon Jacques… le résultat était excellent…
Merci le chien.
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Par Marc à 12:43 :: 2007 France - GB - W Irlande
Belle retrouvaille à Cherbourg avec toute l’équipe de l’Espadon Bleu, le chalutier sur lequel j’avais embarqué à l’automne 2005. (L’occasion d’un reportage diffusé sur les ondes de la RSR et de France Bleu Cotentin).
Yannick a d’ailleurs organisé les marées de l’Espadon pour que la rencontre soit possible.
L’équipe est presque la même.
Yannick toujours « patron ». Mais c’est Gwen, le calier qui est désormais second. Quand à Michael il est passé mécano. Gildas lui est toujours aussi souriant. Et ça bosse toujours autant malgré des conditions difficiles (hausse du gazoil et cours du poisson très médiocre).
Mais l’événement de l’escale… c’est la réussite de Chrystelle.
La femme de Yannnick qui gère les comptes du chalutier et qui travaille comme aide-soignante la nuit, vient de passer son concours d’infirmière. Et de quelle manière. Reçue troisième sur plus de 200 candidats. La voilà qui va donc suivre l’école d’infirmière pour 3 ans dans le cadre d’une formation en emploi. Superbe réussite… Décidemment Yannick, Christelle et leurs 2 enfants Océane et Esteban m’étonneront toujours !
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Par Marc à 12:41 :: 2007 France - GB - W Irlande
Folleux, petit port en amont d’Arzal, sur la Vilaine, samedi 2 juin. Marc et moi, nous nous retrouvons sur « Chamade » solidement et majestueusement amarré à sa bouée, abandonné à son triste sort depuis un mois. Heureux de nous retrouver là, de nous activer à le préparer, à le bichonner pour une nouvelle étape vers le Nord, Cherbourg. Lundi, Stéphane monte à bord. Mardi, nous franchissons l’écluse d’Arzal, regagnons le large et voguons en direction de Belle-Ile, soit Sauzon, au Nord-Ouest, puis Lorient, l’Ile de Sein et enfin Brest, Tonnerre de… C’est déjà vendredi, cette première semaine s’achève comme elle a commencé, météo presque estivale, mais Eole répond aux abonnés absents.
A Brest, les deux « Beauf’s », Bernard et Pierre complètent l’équipage. Ils y apportent compétences, bonne humeur, soit les ingrédients indispensables pour constituer une belle équipe. Le confort et l’espace de notre OVNI 365 nous permettent de nous organiser parfaitement à l’intérieur comme à l’extérieur.
Comme chaque fois qu’il m’arrive de naviguer avec Marc, j’apprécie son sens des responsabilités, ses exigences concernant la sécurité à bord, ses grandes connaissances en ce qui concerne la conduite et la navigation.
Dimanche, nous franchissons le Goulet de Brest en direction de l’Aber Wrach . Les nouveaux arrivants apprécient l’aisance avec laquelle notre navire se laisse manœuvrer. Un coup d’œil régulier à l’écran d’ordinateur permet le contrôle de notre position, la visualisation de la route effectuée tracée par une ligne rouge. Superbe approche dans ce milieu sauvage de cette région inconnue pour moi. Amarrage à une bouée au large d’un petit port en chantier.
Navigation, manoeuvres, camaraderie, amitié et bonne chère constituent un tout pour que tout fonctionne à bord. Chaque soir, je prends grand plaisir à concocter de bons plats pour terminer la journée en bonne compagnie autour de la table du carré.
Une nuit en mer nous attend pour une incursion en pays anglo-saxon soit Guernesey, puis deux jours plus tard Aurigny. Autre monde, autres mœurs, autres façons de s’alimenter. En bref, ce n’est pas ma tasse de thé « anglais ».

A Diélette, Stéphane quitte le bord, puis première traversée du Raz Blanchard du SE au NO, le lendemain, deuxième route O-E jusqu’à Omonville. Là, arrêt incontournable chez Céline et Jacques. Samedi, comme prévu, nous voilà à Cherbourg. Chamade se vide une nouvelle fois, Bernard et Pierre rentrent à Genève. Je resterai jusqu’à mardi pour continuer les aménagements à bord afin que ce magnifique « canote » poursuive sa route Nord dans les meilleures conditions possibles.
Merci de m’avoir procuré tant de joies et de plaisir. Bon vent à vous Deux, Sylvie et Marc, et à tous ceux qui auront le privilège de vivre semblables moments.

Jean-Daniel Favre
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Par Marc à 18:47 :: 2007 France - GB - W Irlande
Mettez un avocat, un chercheur, un prof, un physio et un journaliste sur un bateau…
Ca brasse de l’air… ça c’est sûr, mais ça ne fait pas de vent pour autant.
L’ouest de la Bretagne est toujours englué dans un marais barométrique.
Et si Pierre et Bernard ont rejoint Jean-Daniel et Stéphane sur la liste d’équipage, le vent est toujours aux abonnés absents.

Nous avons passé le chenal du Four au moteur. Puis un modeste zéphyr nous a permis de tirer quelques bords vers l’Aber Wrac’h. Pour y trouver un petit crachin breton noyé dans la brume qui sied finalement bien au décor du coin.

Demain cap sur Guernesey. Mais à prendre le bulletin météo, les grands surfs au portant attendront encore quelques jours. La vedette risque une fois de plus d’être en fond de cale. Merci Volvo. On notera quand même que depuis les soucis d’avril, il tourne parfaitement. Dans la glu ambiante on apprécie.
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Par Marc à 18:40 :: 2007 France - GB - W Irlande
Le raz de Sein, ses courants redoutables, sa chaussée de récifs, ses tempêtes… et même ses naufrageurs, dit la légende.
Rien de tout cela ce soir au bar du port. Le ciel est bleu, incroyablement bleu dans la lumière qui décline lentement. Pas un souffle, pas une ride, Sein semble engluée dans l’anticyclone.

Et dans les ruelles du village, ce n’est pas le vent qui chasse les paroles. Le silence est total dans ces ruelles désertes. Etonnamment, si les portes et les fenêtres sont ouvertes, on ne voit personne, on n’entend personne. Le village hors saison touristique est endormi.
Endormi, le vent l’est aussi depuis le début de ce mois de juin, et l’arme suprême du bord reste le Volvo 40 CV. Du moteur, beaucoup de moteur, comme cette étape Lorient-Sein sans un souffle aujourd’hui. Seule notable exception la remontée de Belle-Ile vers Lorient au près dans un petit force 3 fort sympathique.
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