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vendredi
25
avril - 2008

Le noeud de chaise ou l’arrogance du marin

A quoi sert le nœud de chaise ?

A amarrer un bateau ? A fixer une écoute à un foc ? Peut-être…

Mais avouons-le, c’est avant tout le dernier bastion de la connaissance et du respect du capitaine ! Il y avait encore un temps où c’était l’art de la navigation astronomique qui imposait le respect et évitait la mutinerie. Mais à l’heure du GPS….

Reste le nœud de chaise…

« Allez matelot, réussit d’abord ton noeud de chaise, et en moins de 5 secondes… et après tu pourras causer… »

Et en ces printemps où les équipages reprennent lentement le contact avec la chose marine…ça marche…

Quel plaisir de voir ces mains s’entremêler, ces boucles ne pas se boucler, ces garants qui ne garantissent rien, ces courants qui filent à l’anglaise…

Longue vie au capitaine !

Et quelques heures encore d’arrogance possible !

Mais gaffe… tout fout le camp !

jeudi
24
avril - 2008

Les travaux d’Hercule

« Gruezi ! »

Il vous accueille en suisse-allemand… Ragnar Hagen est ingénieur. Diplômé de l’EPFZ, en génie civil, spécialité en construction de pont.

C’est à Maloy que nous le rencontrons. Ragnar c’est l’homme du projet dont toute la région espère la réalisation : Le tunnel de Stad. Et quel tunnel… 1,8 kilomètre de long, mais 25 mètres de large, 12 mètres de profondeur et 40 mètres de hauteur ! Un tunnel maritime suffisamment grand pour permettre à l’Hurtigruten de passer. L’Hurtigruten, c’est le bateau postal qui relie Bergen au Cap Nord en 6 jours. Un départ quotidien dans chaque sens, une vraie institution, le fil d’Ariane de la côte norvégienne. Aujourd’hui, de véritables paquebots de croisière tout confort qui attirent les touristes amateurs de croisières nature insolites.

Et tout ça pour éviter le contour du Stadlandet, cette péninsule qui s’avance dans la mer à l’extrême nord-ouest de la Norvège. Le Stadlandet, considéré comme l’endroit le plus dangereux de la côte norvégienne : entre 1950 et 1988, 23 naufrages et 43 morts. Une sorte de raz de Sein local où Gulf Stream, courants de marée, faibles profondeurs, hautes falaises et vents forts s’allient pour rendre l’endroit invivable dès que le temps se dégrade. A tel point que les fameux catamarans rapides qui relient toutes les villes et villages au nord de Bergen s’arrêtent à Maloy, alors qu’en 1 heure à peine ils pourraient atteindre Alesund, puis Molde et Christiansund s’il n’y avait le fameux passage du Stad. Et c’est bien ce trafic que vise les promoteurs du projet de tunnel du Stad, en plus bien sûr des navires de plaisance, mais sommes toute assez peu nombreux par ici, à part durant juin et juillet.

Et ce fameux tunnel passerait sous l’isthme rocheux qui relie la presqu’île au continent, un isthme de granit de 250 mètres d’altitude. 3 ans de travaux selon Ragnar Hagen pour un budget de 400 millions de francs suisse, « des peanuts » pour le budget de l’Etat, puisque les excédents budgétaires cumulés de la Norvège atteignent 3000 milliards de dollars. Merci le pétrole ! Et pourtant, l’affaire traîne depuis des années, le gouvernement peinant à admettre le caractère prioritaire du projet. Pas une affaire d’argent, mais de macroéconomie. Le problème de la Norvège, c’est aujourd’hui de freiner les investissements locaux, les grands travaux locaux, de crainte d’aggraver l’inflation et la surchauffe économique qui en découle. Alors ? Pour quand le tunnel ? « J’ai été optimiste pendant 5 ans, puis pessimiste pendant 5 autres années, dit Ragnar Hagen, mais aujourd’hui j’y crois, je pense que ce sera pour dans 3 à 4 ans. »

mercredi
23
avril - 2008

Où l’on aggrave son crédit solaire

265 jours de pluie par an, 4000 millimètres, 4 mètres d’eau par an ! Les statistiques météo de la région sont impressionnantes : ça fait tout de même 2 jours sur 3 ! Et voilà que depuis le 11 avril, soit tout de même 12 jours maintenant il fait grand beau… Pas un nuage… Rien pour rétablir l’équilibre, nous voilà avec un crédit minimum de 24 jours de pluie ! Bigre, on est pas pressé de payer nos dettes !

Reste que par ici c’est une chance exceptionnelle. De Bergen à Alesund la plus grande partie de la navigation emprunte des chenaux intérieurs, des fjords, des goulets, des îlots… Et des escales de rêves…

Comme à Hamnen... un ponton désert, 3 maisons, pas âme qui vive… Reste juste à gravir le sommet voisin et à jouir d’un paysage fabuleux…

lundi
21
avril - 2008

« Maman les petits ponts de Norvège ont-ils des jambes ? »

« Mais non petit nigaud, puisqu’en Norvège ils savent nager ! » A l’approche d’Hordvik, à 25 kilomètres au nord de Bergen, un pont barre l’entrée de l’Osterfjord. Un pont au ras de l’eau. Pourtant la carte est formelle, il y a 500 mètres de profondeur à cet endroit ! Pas possible : les piles du pont de peuvent pas mesurer 500 mètres de haut ! Et pour cause, puisque le pont qui supportent l’E39 qui relie Bergen à Trondheim, ce pont flotte ! Et de plus il monte et descend avec la marée.

Une structure métallique, sorte de long caisson d’acier d’un kilomètre de long, posée sur 5 énormes flotteurs en béton. Le tout amarré à chaque extrémité, et suffisamment souple pour suivre la marée qui atteint 2 mètres par ici. Et par-dessus la route qui finit par s’élever vers l’une des extrémités pour franchir un dernier goulet par un pont suspendu, permettant aux navires de pénétrer dans le fjord. Un projet qui aura fait couler beaucoup d’encre en Norvège, non pas à cause de son audace technologique, mais parce qu’il aura coûté au final le double de ce qui avait été budgété. A chacun ses NLFA !

samedi
19
avril - 2008

Qui se ressemble s’assemble

Un rayon de soleil à Bergen en ce début de printemps… c’est comme une averse au milieu du désert… La vie fleurit immédiatement. Et ce samedi, le centre de Bergen est noir de monde. Ça va et ça vient en parfaits badauds sur les quais de la ville, devant « Bryggen » la ville en bois, restes majestueux de la ville hanséatique, et désormais patrimoine mondial de l’Unesco.

Eu soudain un homme qui nous hèle en anglais « What’s kind of boat is it ? Isn’t it a Ovni ? » Et dès notre réponse positive, le voilà qui continue en français : « J’ai navigué sur un Ovni 36 il y a quelques années… » Un norvégien qui parle français, ça ne court pas les rues. Les réflexes du journaliste reprennent tout de suite le dessus... Voilà de quoi faire une bonne interview, un bon sujet pour Atlas… Je me présente donc… journaliste… et l’homme sourit :. « Moi aussi je suis journaliste… Dag Hellesund, du BA, le Bergensavisen, l’un des trois quotidiens locaux ». Dag a fait une partie de ses études à Rouen, et s’occupe de la rubrique des faits divers du BA. Mais il est aussi passionné de sa ville. De son histoire… et de Bryggen, ce quartier désormais menacé par la montée des eaux. Déjà régulièrement lors des grandes marées les fondations des maisons centenaires ont les pieds dans l’eau et le rez des boutiques est inondé. Pas bon, vraiment pas bon pour le bois…. Et du coup les projets de sauvetages naissent. Le plus probable, la construction d’une porte, d’une forme d’écluse à l’entrée du port, comme à Venise, et qui serait fermée à chaque grande marée.

Dag, nous le retrouverons 2 jours plus tard, à Eivindvik, à 90 kilomètres au nord de Bergen. Devant le village d’origine de sa famille, au fond du fjord, on trouve une petite île couverte de sapin. Et sur l’île, une petite cabane, une hytte, la maison de week-end de Dag, accessible uniquement en bateau. Pas d’électricité, un intérieur tout simple mais en bois chaleureux. Un style de vie typiquement norvégien, la semaine en ville au travail, et les loisirs dans la hytte à la montagne ou au bord de la mer, en pleine nature.

jeudi
17
avril - 2008

17 avril 2008: Toujours plus au nord professeur!

10 avril, 19h, par une petite pluie fine, ce sont les retrouvailles avec Chamade. Jean-Daniel Favre est du voyage, fidèle équipier prêt à payer de sa personne pour les travaux de printemps, à commencer par le carénage.
Au premier coup d'oeil Chamade semble avoir passé un bon hiver. Au second, surprise, il y a quelques dizaines de litres d'eau douce dans les fonds. Il faut trouver la fuite. C'est assez vite fait: La pièce en plastique qui recouvre et rend étanche le passage de la pompe de cale manuelle s'est gondolé, sans doute sous l'effet du gel. Et c'est donc par là que l'eau s'est infiltrée. On pompe... au plus vite et on va noyer ses soucis à la pizzeria du coin. Enfin, noyer, tout est relatif. A 10 frs (6,5€) la bière on arrose avec retenue!

Puis dès le lundi Chamade est sur le slip du club nautique local. Simple mais efficace.

(1800 Nok pour 2 jours y compris le prêt du Karcher)

Une couche d'antifouling, un solide nettoyage, et Chamade est à nouveau à l'eau prêt pour de nouvelles aventures.

Et surprise pour cette région parmi les plus pluvieuses d'Europe, il fait grand beau. Froid, 0° la nuit, 10° la journée, mais très beau. Les couleurs sont superbes. On passe aussi au gaz norvégien, le propane.
Pas de problème d'installation, il suffit de changer le détendeur. Mais les bouteilles sont chères. 630 Nok (80€) la bouteille + 200nok de remplissage. Et pas de consigne prévue. Ce sera perdu au départ de la Norvège.

Enfin ce jeudi 17 avril, tout est prêt, il est temps de filer vers Bergen pour y recevoir les premiers équipiers. Et par ce beau temps, glisser au pied des montagnes enneigées, c'est juste un délice..

On se croirait sur un lac suisse! Enfin presque...

jeudi
17
avril - 2008

Norheimsund: lieu d'hivernage idéal

Où est-ce? Où se trouve ce petit port si charmant et si tranquille pour y laisser un bateau tout l'hiver. Pour d'évidente raison de sécurité, j'ai préféré attendre ce printemps 2008 pour vous donner la clef de l'énigme.

Chamade a donc passé l'hiver à Norheimsund, au fond du Hardangerfjord. 70 milles par la mer depuis Bergen, un peu plus de 60 km par la route directe à travers les montagnes. Le port est très bien abrité, et vraiment agréable à vivre. Et surtout l'accueil est très sympa, merci à Gjermund Storas, le responsable de l'association qui gère le Gesthamn, le port pour visiteur.

Et sur place vous trouvez tout le nécessaire dans les nombreux commerces de ce centre régional. Et Bergen est à 1h25' par le bus (toutes les 2 heures)

Et argument quasi définitif: le prix: 4200 NOK pour 6 mois (840 CHfrs, 500€)

Le port possède un site internet: www.nohavn.no

Sur le site, une webcam qui vous permet d'avoir un oeil symbolique sur le bateau. Bref à recommander chaudement.