Par Marc à 22:36 :: 2008 Tromsö - Spitsberg 1ère partie
Faire du ski sur cette côte nord-ouest du Spitsberg, c’est retrouver les sensations des premiers exporateurs. Inutile de chercher les topos-guides ou les récits des prédécesseurs. Il y a peu de chance de se tromper en affirmant qu’on fait à chaque fois une première.

C’est d’abord la lecture attentive de la carte, d’évaluer les distances et les pentes qui pourraient être favorables. Jouer ensuite avec le vent pour trouver le mouillage qui permet de laisser le bateau.
Ce matin c’est sur Prins Karl Forland, l’île du Prince Charles qu’on jette notre dévolu et par la même occasion l’ancre. Ici les terres portent souvent le nom des rois et princes du 19ème siècle, qui financèrent les expéditions polaires. Haakon, Albert Premier, Prins Karl etc…

L‘objectif du jour : le Kamtinden, 592 mètres d’altitude. D’apparence facile et proche, mais depuis la mer, on peine à deviner ce qui se cache derrière les moraines. D’où les tours et détours nécessaires au départ avant d’attaquer les pentes enneigées plus régulières.
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Par Marc à 22:35 :: 2008 Tromsö - Spitsberg 1ère partie
(Par Sylvie)
Escale chez Hans, le trappeur et sa femme Gertrude qui vivent isolés, avec leurs deux enfants et leur douzaine de chiens polaires à Farm hamna : une bande de terre désolée à mille milles de tout lieu habités. Hans est Danois, il chasse et sèche le phoque. Il fait aussi des missions de reconnaissances pour l’institut polaire norvégien. Gertrude est une Norvégienne de Tromsö, universitaire et diplômée en physiothérapie. Elle parle l’anglais fluently Pourquoi ont-ils choisi cette vie autarcique et austère, au milieu d’une nature hostile ? Ils renvoient aussitôt la question : « Pourquoi avez-vous choisi de vivre dans un milieu urbain, bruyant et pollué » ? Encore une année à jouer la famille Davy Croquet et il faudra se résoudre à renouer avec la vie « urbaine » de Longyearbyen. Scolarisation (et socialisation) des enfants oblige. En attendant c’est Gertrude qui fait la maîtresse d’école.

On repart songeurs, face à ce stoïcisme jouissif - presque mystique - qui peut pousser des gens à trouver leur liberté dans un isoloir, certes illimité, mais un isoloir tout de même. A chacun son plaisir...

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Par Marc à 22:29 :: 2008 Tromsö - Spitsberg 1ère partie
Oublions le réchauffement climatique et les observations hasardeuses sur quelques jours, pour juste constater les faits : Le Monacobreen, le glacier de Monaco, là-haut, tout au nord du Spitsberg, celui qu’on voulait atteindre cette semaine, le Monaco est pris par les glaces. Comme tout l’ensemble du nord du Spitsberg. Le résultat des ces semaines de vent de nord qui ont poussé l’ensemble de la banquise polaire contre l’archipel. Pas inhabituel, mais rare depuis quelques années où généralement dès mi-juin la zone était libre de glace.
Alors tant pis pour les projets de ski sur Monaco, on s’adapte et change d’objectif, c’est la clef du succès et la règle dans cette région.
Claude et Eric, ainsi que René Corompt, guide de montagne, mon Pygmalion du Spitsberg il y a maintenant 8 ans, sont à bord. 5 paires de ski ont rejoint aussi Chamade qui devient bien encombré. On met le cap sur Trygghamna, histoire de saluer les morses, mais aussi d’aller tâter le Daudmannen de la spatule.

Départ de la plage, 775 mètres de dénivellation, et surtout un vent ahurissant au sommet. Il doit bien atteindre 100 km/h… on tient à peine debout. Vue
évidemment superbe, avec tout en bas, minuscule au mouillage, Chamade qui tire sur sa chaîne.


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Par Marc à 12:21 :: 2008 Tromsö - Spitsberg 1ère partie
18 juin en mer... rupture du convertisseur serie-usb pour l'ordinateur de bord. Une panne pas gravissime, mais qui ne facilite pas la navigation et le positionnement du bateau sur la carte, le programme Maxsea ne recevant plus d'info.
J'envoie donc un mail par le téléphone satellite Iridium à Mirko en Suisse. La procédure se met immédiatement en place, Yann Lefillastre de chez Pochon à la Rochelle s'en occupe et le 19 juin le paquet quitte Nantes par DHL. Ca coûte un max mais on se dit que ça sera rapide.
Le 20 juin le paquet est à Oslo, mais subitement bloqué par les douanes. Peut-être craignent-ils que ce soit une pièce pour la bomba atomique iranienne. Je ne sais. Côté DHL pas de réaction. Le 23, n'ayant rien reçu, premier téléphone à DHL Norway pour savoir ce qui se passe. On me garantit que tout va aller t¨ès vite. Le 24, toujours rien, mais chez DHL on me dit que c'est bon que le paquet a quitté les douanes et qu'il est à l'aéroport. Le 25 rien.. le 26 rien. Nouveau téléphone... DHL dit que il vont tout faire pour le mettre encore à l'avion de la nuit.
Le vendredi 27 rien.. DHL au téléphone dit alors que oui, le paquet est à l'aéroport mais qu'il ne partira pas avant le lundi. Et le comble, c'est alors qu'il me disent qu'ils ne le livreront pas "poste restante", qu'il faudra aller le chercher personnellement à l'aéroport. Alors qu'on ne sera plus là...
Résultat on repart de Longyear sans la pièe, on demande qu'il renvoie tout en France et on recevra la pièce par le prochain changement d'équipier tout simplement.
Et lorsque j'en parle à l'officier du port, il me dit. Oh! il y a longtemps qu'on utilise plus DHL en Norvège. Ca ne marche jamais.. il y a toujours des problèmes..
Un marin averti...
Bref DHL No Way!
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Par Marc à 13:12 :: 2008 Tromsö - Spitsberg 1ère partie
(Sylvie)
Arrivée à Longyearbyen (capitale du Spitsberg: 1500 habitants). Sorte de village du far-west sortie de terre, au milieu de nulle part. Ca ressemble à un vaste chantier avec ses containers ou bâtiments en bois sur pilotis que l’on a coloré d’ocre de bleu marine, ou de rouge foncé pour en atténuer la laideur, dans ce paysage montagneux qui porte encore toutes les stigmates de l’exploitation minière. Aujourd’hui, une seule mine de charbon est encore exploitée et Longyaerbyen vit aussi, en bonne partie de l’industrie touristique qui se développe (expéditions dans le grand nord).

Au « centre ville » une petite place, assez coquette a été aménagée, autour de laquelle s’agglutinent le supermarché, les commerces de tourisme, la bibliothèque municipale et quelques bistrots. Tout autour des parkings de motos-neige (au chômage en cette saison), l’université (centre de recherche polaire), une zone industrielle, un port - où nous avons vu embarquer sur leur brise-glace, le couple royal de Suède - et une plage où toute la population est venue fêter, hier 21 juin, le jour le plus long de l’année, autour d’un gigantesque flambée.

(Marc)
Je ne sais pas si c’est l’ingénieur qui sommeille en moi… mais Longyearbyen ça me fascine. Etrange bourgade, moche, surtout en été où la neige ne cache pas le gris-noir de la terre. Mais l’affaire n’est pas esthétique… elle se vit au feeling…
Ce sont d’abord ces pylônes qui parsèment la ville, les reste d’une sorte de gigantesque télécabine, ou plutôt de télégodets qui transportaient le charbon des mines accrochées à flan de montagne jusqu’au port charbonnier. Un réseau resté en l’état, abandonné et rouillé avec comme symbole une sorte d’énorme station de triage. Intouchable, classé monument historique, témoin figé des ambitions de l’homme à extraire des richesses de cette contrée désolée.

Ce sont ensuite les maisons, toutes sur pilotis. Posées sur le sol, elle feraient fondre le permafrost et s’enfonceraient pour un naufrage dans le sol devenu mouvant.
Ce sont aussi les motoneiges, parquées l’été sur des palettes de bois attendant l’hiver et la neige pour redevenir les reines des lieux, synonymes de libertés et de grands espaces. (En été impossible de quitter les quelques kilomètres de route existants)

C’est aussi ces panneaux interdisant d’entrer dans les maisons avec une arme. Ou encore le casier à fusil à l’entrée de l’hôtel Radisson. C’est qu’ici, se promener fusil en bandoulière est courant, les ours sont un danger réel dès qu’on sort de ville.

Bref c’est moche, ça n’a rien pour plaire, c’est ingrat et pourtant ça me parle…
Encore un mystère du Grand Nord
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Par Marc à 14:52 :: 2008 Tromsö - Spitsberg 1ère partie
(Par Sylvie)
Face aux cimes immaculées du Grönfjord, il y a les corons de Barentsburg : Blanc à l’ouest, noir à l’est, raccourci de l’histoire des deux mondes qui aujourd’hui encore cohabitent – ou plutôt coexistent – dans l’Isfjord.

Barentsburg, c’est un de ces petits morceaux en perdition de l’empire soviétique. Une colonie de travailleurs implantée au début du 20ème siècle, autour des mines de charbon, autosuffisante et entièrement entretenue par Moscou.

Il faut entendre le guide de la ville, vanter fièrement aux touristes, la piscine olympique de Barentsburg,(la plus au nord du monde), sa bibliothèque très fournie, son centre culturel et son auditorium de 500 places. Que toute la population aille au concert et le parterre serait encore clairsemé. Parce que Barentsburg ne compte plus aujourd’hui que 300 à 350 âmes. Âmes sombres comme l’or noir qui les fait vivre, âmes à festoyer pour noyer le spleen qui les habite.

Nous voilà avec Serguei, Boris l’ukrainien, Vladimir et les autres, autour d’une barbecue, d’une vodka et d’un whisky de leur fabrication (ce qui laisse des traces). Nous fêtons l’amitié des peuples à grands cris et à coups de tapes dans le dos, seul moyen que nous avons de fraterniser dans une langue qui nous est commune. Après forces gestes et quelques mots lâchés dans un esperanto approximatif, je comprends que Vladimir est là depuis neuf ans, seul. Sa femme et ses enfants sont partis depuis six ans travailler en Norvège. Là où les montagnes sont blanches.
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Par Marc à 14:49 :: 2008 Tromsö - Spitsberg 1ère partie
(Par Sylvie)
Arrimés à la banquise, bien au chaud dans le ventre de Chamade, nous les avons même entendu chanter, les baleines. Une drôle de complainte ultrasonique. A moins qu’il s’agisse du chant cristallin de quelques sirènes d’iceberg.
La banquise a le don de rendre fou, non pas les ours blancs qui y trouvent leur pitance, mais Marc. Le jour de son anniversaire, il a posé le pied dessus comme Armstrong sur la lune. Un spectacle carrément lou-phoque que les principaux intéressés ont pu apprécier à sa juste valeur.


Voyant débarquer Spidermann en personne, dans sa combinaison étanche rouge et bleue pétants, quelques spécimens ont risqué un bout de moustache hors de l’eau. Un coup d’œil dédaigneux et les voilà replongés dans les profondeurs de leurs eaux glaciales, démontant ainsi que le phoque n’est pas bon public ou alors qu’il n’a aucune mansuétude pour l’espèce humaine.
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Par Marc à 14:46 :: 2008 Tromsö - Spitsberg 1ère partie
Voilà c’est fait… on a trouvé une banquise solide… on a même pu y amarrer Chamade et débarquer.

Et cela à Ymerbukta, là même où il y a 4 ans le « Lance », le brise-glace de l’Institut polaire norvégien me déposait un 4 juin pour ma traversée solitaire à ski du nord du Spitsberg.

Nous sommes aujourd’hui le 20, le jour même de mes 55 ans : le cadeau est royal.
« Un petit pas pour le Spitsberg, mais un grand pas pour mon humanité ! »
Chamade amarré à la banquise…
C’est un rêve, un vieux rêve mais un vrai rêve qui soudain se réalise !


Bon d’accord, 4 ans après et fin juin la glace est bien moins épaisse (réchauffement climatique ?)
C’est donc vêtu d’une combinaison de survie qu’on arpente la banquise autour de Chamade, sous le regard dubitatif d’un phoque qui se demande bien qui sont ces martiens
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Par Marc à 14:43 :: 2008 Tromsö - Spitsberg 1ère partie
(Par Sylvie)
En fait ça ne se raconte pas, ça se vit -du dehors et du dedans -, ça se vibre, ça se tait et ça s’écoute respirer.

La traversée a été dure, chaotique et chahutée ? C’est que le Spitsberg, ça se mérite. Une fois arrivé tu en prends tellement plein les mirettes, de blancs de bleus, de gris, d’éclats de soleil, de sommets encore vêtus de peaux de léopard neigeuses, de glaciers, de banquises et de plages qui s’éternisent.


Tu planes avec les oiseaux. Tu te ballades dans ton livre d’images avec les rennes, les phoques à moustache ou les morses adipeux… en attendant d’apercevoir l’ours blanc. Tout ça dans un monde de silence, hors d’atteinte, hors de la réalité, hors du temps.

Le jour 24h sur 24. Ici, plus aucun repère temporel.

Hier encore, tu étais esclave de la montre. Tu redeviens maître du temps. Tu te le tricotes sur mesure, tu le diminues, tu le rallonges, tu l’arrêtes même où ça te chante, histoire de dormir un peu. Tu lui imprimes ta cadence intérieure et tu l’envoies se faire voir chez les morses s’il s’avise de te rappeler qu’il existe. Parce qu’en réalité, ici, le temps, n’existe plus.

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Par Marc à 14:36 :: 2008 Tromsö - Spitsberg 1ère partie
Le fusil est sorti de la cale ce matin pour notre première descente à terre. Cette fois-ci c’est du sérieux, gare aux ours, et pas question de descendre sans protection.
Pour chaque débarquement nous prenons donc le fusil comme recours ultime, un stylo lance-fusée pour effrayer la bête dans un premier temps, et une combinaison de survie en eau froide, histoire de pouvoir regagner le bord si par malheur un ours faisait joujou avec le dinghy. (Il y en a un de rechange à bord).
Evidemment ça complique la logistique, mais par ici c’est le prix à payer !
Première balade à « Fleur de Lys Hamna » une ancienne station baleinière.


Puis nous filons au moteur vers le nord du Van Mijenfjord. Un fjord barré sur pratiquement toute sa largeur par une longue île. Protégé ainsi de la houle, il reste habituellement gelé jusqu’à mi-juillet au moins. Sauf cette année où il est déjà dégelé sur presque la moitié de sa longueur. Réchauffement climatique ? Sans doute.
La banquise… on la trouve un peu plus loin, à « Fridtjovhamna » une anse au pied du glacier du même nom. Elle empêche d’ailleurs l’accès à la zone favorable au mouillage. Mais l’endroit est si protégé, si calme qu’on se glisse jusqu’à la glace, et qu’on y jette la petite ancre du dinghy. La glace ne fait qu’une dizaine de centimètre d’épaisseur, mais c’est déjà magique.

Et c’est si calme qu’on y resté amarré jusqu’au lendemain matin. Une douzaine d’heures mais qui suffiront à voir la glace reculer jusqu’à ce que l’ancre se retrouve libérée d’elle-même, nous obligeant à remettre en route.
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Par Marc à 14:32 :: 2008 Tromsö - Spitsberg 1ère partie
Et nous voilà au mouillage… A plat… Je souligne… « A plat »
Et ça fait du bien après la valse des 36 dernières heures.
Pourtant peu après Björnöya, le petit temps qui régnait nous avait fait penser qu’on avait trouvé la bonne fenêtre. On avait même entrevu le sud du Spitsberg, là-bas à près de 40 milles.

Et puis le vent est rentré. Nord-ouest, en plein dans l’axe. 15 nœuds, puis 20 puis 25, 30 noeuds par moment. 1 ris, 2 ris, trinquette puis finalement 3 ris pour remonter tant bien que mal dans le vent et surtout la mer bien formée avec toujours le Gulf Stream contre le vent.
Température extérieure : 2°
Merci le chauffage. Oui mais voilà, dans ce carrousel bondissant, c’est la valse dans les réservoirs et les désamorçages se succèdent. Sur les bords bâbord amure on arrive à réamorcer, mais sur les bords tribord c’est peine perdue. Résultat : un bord à se glacer, un bord à se réchauffer. Inutile de préciser qu’à l’intérieur à part se cramponner à la bannette, il n’y a rien d’autre à faire.
Et le beau soleil qui règne à l’extérieur n’y change rien.
Par le hublot, au loin, les sommets enneigés… c’est superbe, d’accord, mais on la trouve quand même un peu longuette.

Finalement ce dimanche après-midi on peut abattre enfin vers Bellsund et le temps de faire un petit détour pour tirer un bord devant le glacier de « La Recherche », on jette l’ancre à Van Keulenhamna.
Et il n’aura fallu que de 2 heures de spectacle splendide pour déjà presque tout oublier

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Par Marc à 14:29 :: 2008 Tromsö - Spitsberg 1ère partie
(Par Sylvie)
Les oiseaux marins, maîtres et seigneurs de l’île fondent en escadrilles des falaises qui nous entourent, amerrissent à grands cris, avant de reprendre leur envol par vagues qui ondulent dans le ciel comme un voile de tulle blanc, emporté par le vent.
Nous mettrons pied à terre, dans l’anse de Kvalrossbukta, sur cette île dont l’intérieur ressemble aux hauts plateaux andins, avec ses vastes plaines aux tons ocre de la toundra et ses montagnes encore enneigées par endroits.

Sur la plage des ossements de baleines et les ustensiles rouillés qui servaient à en extraire l’huile.
Réminiscence du temps pas si lointain (1916) où les premières colonies d’aventuriers (baleiniers chasseur et exploitants de charbon) s’installèrent au Spitsberg.
Au ras des falaises qui surplombent la mer, les oiseaux déboulent par rafales, comme des obus tirés d’en bas. Ils vont se désaltérer dans la gouille miroitante qui dort au fond de la plaine et recommencent inlassablement leur ballet, dans une chorégraphie d’ensemble, aussi légère que synchronisée.

Rencontre inattendue avec deux chercheurs de l’institut polaire norvégien en observation pour deux mois, dans ces lieux enveloppés de grisaille 300 jours par année, mais où le soleil nous a fait l’amitié de nous accompagner un bout de route.
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Par Marc à 14:27 :: 2008 Tromsö - Spitsberg 1ère partie
L’île aux ours n’a d’ours plus que le nom…
Des ours il y en bien eu par là, et il n’y a pas si longtemps. Chaque hiver avec la banquise, il en arrivait une dizaine. Mais de banquise depuis quelques années il n’y a plus et les ours sont donc repartis bien plus au nord.
Tiens, nous ne sommes pas seul dans Sörhamna. Il y a là un bateau de pêche, mais pas n’importe lequel, sa vigie l’indique, c’est un baleinier.

Un baleinier norvégien, puisque la Norvège continue de pêcher la baleine. A fin de recherche, disent les documents officiels. Nous on veut bien, il n’empêche que de la baleine, de la viande de baleine, on en trouve au supermarché. Comme l’autre jour à Tromsö où nous avons achetés 5 superbes steaks, histoire quand même de goûter avant de parler…
Et il faut bien l’avouer, c’est bon. Une viande tendre et juteuse, assez proche du bœuf. Non averti, on se laisserait assez facilement tromper.
Bon d’accord, le fait que ce soit bon n’est pas une raison suffisante pour accepter cette pêche, mais il fallait quand même mettre cette pièce au dossier. On vous laisse continuer le procès sans nous !
On se contente d’observer à la jumelle l’agitation sur le pont du voisin. On y est visiblement entrain de dépecer une bestiole, et l’on peut apercevoir de gros quartiers rouges soulevés par la grue du pont.
D’ailleurs, le travail terminé, le baleinier repart en mer.

Et lorsqu’on se rend à terre, dans l’anse de Kvalrossbukta, les vestiges montrent bien que l’activité ne date pas d’hier.
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Par Marc à 14:24 :: 2008 Tromsö - Spitsberg 1ère partie
« Vous aurez une bonne brise, 20 à 25 nœuds d’est pour deux jours et selon nos projections de l’est sud-est pour la suite. De quoi faire une traversée rapide et confortable. Mais… », et le « mais » a toute son importance, « mais… » avait dit la charmante météorologiste de l’institut météo de Tromsö, « à 3-4 jours tout change beaucoup par ici ».
En route donc, tout d’abord au moteur dans les canaux jusqu’à Torsväg où la mer de Barents nous attendait. Et de pied ferme !

25 – 30 nœuds légèrement nord est, et vent contre courant (Gulf Stream) bref, ça n’a pas tardé à filer bon train dans notre lessiveuse préférée.
Les estomacs protégés depuis si longtemps soit en Suisse pour certains, soit dans les canaux norvégiens pour d’autres sont mis à rude épreuve. Sauf pour Laurence qui survole l’épreuve et se met aux petits soins pour tous. Appréciable dans ce shaker. Surtout que dehors, il fait 3 degrés… à 25 nœuds de vent… ça caille !

Une trentaine d’heure de ce régime puis très vite tout tombe et tourne plein nord. On appuie immédiatement au moteur direction Björnöya, l’île aux ours. D’autant plus que la météo reçue par iridium annonce du nord-ouest 20-25 nœuds pour le lendemain, soit exactement en plein dans le nez. C’est donc à Sörhamna, tout au sud de Björnöya que nous jetons l’ancre, bien décidés à laisser passer le front, puisqu’il semble (mais peut-on y croire) qu’après cela devrait devenir calme pour 2 jours, le temps de filer, au moteur s’il le faut vers le Spitsberg.

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