


Tatiana, Olga, Irina(s)… sans elles, point de salut
Par Marc, à 18:16 :: 2009 Russie Petrozavodsk St Petersburg :: #212 :: rss
L’aventure russe s’est terminée en quittant Saint Petersbourg, nous laissant un grand vide.
Comme un signal aussi pour tirer un coup de chapeau à celles sans qui l’aventure n’aurait pas été possible : ELLES, nos interprètes, et désormais bien plus que « des interprètes ».
Tatiana Shamova :
C’est d’abord un solide appétit : Tatiana ne laisse rien au fond des plats. Elle se jette sur tout ce qui se mange avec un plaisir gourmand, elle apprécie, elle dévore : et pas seulement ce qu’il y a sur la table… la vie aussi elle la dévore, avec un appétit qui semble insatiable.
En plus elle vous donne des complexes… Non seulement elle parle parfaitement le français, mais aussi parfaitement l’anglais, et même le norvégien résultat d’un séjour d’un mois à Oslo suite à l’obtention d’une bourse pour un stage d’étude estival. Et dire que nous avons passé au total près d’une année en Norvège, sans pour autant maîtriser l’idiome local.
Tatiana est née à Mourmansk, il y a 23 ans. Ville de l’extrême nord russe où elle a fait ses études à la faculté des langues étrangères, spécialité en français. La voilà aujourd’hui enseignante dans cette même université, mais aussi étudiante à l’académie maritime. Et c’est surtout la championne des bourses : Bourse norvégienne pour un stage d’été, bourse française avec invitation cette fin août au Festival de photo-journalisme de Perpignan, et surtout lauréate russe de la Fondation Ford, qui lui permettra de suivre l’an prochain une année de cours en droit maritime dans une université européenne (c’est celle de Southampton qui l’attire le plus).
Et quand Tatiana vous ouvre son album de souvenir, vous vous demandez si c’est celui d’une vie antérieure. A 23 ans elle a déjà eu l’occasion de découvrir la France, mais aussi la Norvège, l’Italie, la Hollande, la Bulgarie, sans oublier les vacances en Sibérie chez ses grands-parents maternels et les étés sur la Mer Noire, à Sotchi, comme monitrice de colonies de vacances. L’été dernier elle accompagnait des groupes de touristes anglophones sur le « Polaris », un navire d’expédition russe en croisière au Spitsberg et dans la Terre de François-Joseph. Et l’hiver prochain elle compte bien être hôtesse sur un paquebot croisant dans les Antilles en attendant son entrée à l’université de Southampton.
Mais rappelez-vous bien que Tatiana est Russe et fière de l’être. Fière de son pays, même si nos démêlés avec l’administration locale la laissaient rouge de honte et noire de colère. Mais n’allez pas critiquer son pays, ou snober son administration : pas de cris, mais juste un silence impitoyable ou presque méprisant : au mieux vous ne savez pas ou plutôt vous n’avez rien compris. De quoi mettre de l’ambiance parfois…
Reste que ses explications nous aurons souvent ouvert les yeux, que ses traductions nous aurons été indispensables, que les rencontres de Mourmansk et de Petrozavodsk qu’elle a organisées ont été une réussite et que sept semaines durant, elle a su nous supporter avec patience et bonhomie… (l’inverse est aussi vrai d’ailleurs). Pas le moindre des défis…
MERCI TATIANA.
P.S : Tatiana fut notre interprète une semaine durant à Mourmansk, puis 6 semaines consécutives entre les îles Solovki et Saint Petersbourg.
Olga Ovsyannikova
Olga c’est d’abord un rire… un rire joyeux, gai, communicatif… Léger, frais… un rire qui suffit à vous mettre de bonne humeur pour le reste de la journée.
Comme toute jeune femme russe qui se respecte, Olga s’état mise sur son 31 pour nous recevoir à Arkhangelsk. 31 cm, évidemment, puisqu’elle avait mis ses plus beaux talons. Pas le plus facile pour grimper à bord d’un « yacht ». Allez savoir pourquoi, le lendemain elle était en baskets !
Olga est étudiante en français, à la faculté des langues étrangères d’Arkhangelsk. « Notre meilleure élève » m’avait indiqué sa professeure lorsque nous préparions cette escale. Et c’est peu dire. Olga parle le français sans accent, avec juste ce petit chantonnement qui la rend irrésistible. « Normal… on a fait 6mois de phonétique pour commencer » dit-elle. Normal ? Admettons !
Olga vient de Belomore (Mer Blanche), un petit village qui n’est pourtant pas au bord de la Mer Blanche, allez comprendre pourquoi. Sa mère travaille là-bas dans un home médicalisé, et Olga, qui a dû prendre une chambre à Arkhangelsk pour y suivre ses études, aime y retourner le plus souvent possible. Car elle aime la campagne et n’aime pas l’eau… en tout cas pas être sur l’eau.
Mais pour nous, pas d’importance puisque c’est bien à terre qu’elle s’est démenée pour faciliter notre séjour à Arkhangelsk. Ravitaillement, transport, visite… tout était toujours réglé en quelques minutes. Même la blanchisserie, pas facile à dénicher, où elle a dû prendre le fil et l’aiguille pour coudre sur chaque pièce à laver une petite étiquette portant un numéro de code.
Olga qui a découvert par la même occasion toute la problématique de la transplantation en Russie, se passionnant pour le sujet tout en illuminant les rencontres entre greffés de sa bonne humeur et de son rire… Ah son rire !!!
MERCI OLGA
Irina Gradova
« Ne m’appelez surtout pas Madame Gradova, mais simplement Irina ! » A notre deuxième mail de préparatif l’hiver dernier, Irina donnait déjà le ton de notre relation.
Et pourtant, je correspondais avec « Madame Gradova, professeure de français à la faculté des langues étrangères d’Arkhangelsk », un contact trouvé sur internet.
Une professeure, une université russe… tout cela faisait solennel. Je l’imaginais (bonjour les clichés !) dans un tailleur strict, avec un regard sévère. Comment alors l’appeler Irina ?
Mais alors la question n’était pas là. La question, c’était de trouver et d’engager une étudiante pour nous servir d’interprète à Arkhangelsk, et de tenter de nous mettre en contact avec les autorités médicales pour organiser une rencontre entre greffés suisses et russes. Pas simple comme nous l’avons déjà raconté dans ce blog. Et, à vrai dire, aux premiers renseignements, cela semblait bien compromis. Mais c’était mal connaître Madame Gradova, pardon, Irina !
Avec l’incroyable énergie qui la caractérise, Irina a fini par convaincre les autorités médicales locales, par trouver Anna, la militante de l’association « Le droit de vivre » et par mettre sur pied une rencontre merveilleuse et enrichissante pour tous.
Lorsque enfin nous nous sommes rencontrés sur le quai du petit club nautique d’Arkhangelsk, au moment des présentations je l’ai appelé une dernière fois « Madame Gradova »… (« Ne m’appelez pas Madame Gradova, mais juste Irina ! »). Après, ce ne fut plus du tout difficile, tant sa chaleur, sa vivacité, son entrain (sans parler de son look moderne !!) ont crée immédiatement un rapport d’amitié qui n’est pas prêt de s’effacer.
Irina vient chaque année à Mulhouse pour y enseigner le russe durant quelques semaines dans le cadre d’un échange universitaire, et comme la Suisse pas bien loin, nous espérons bien lui rendre son fantastique accueil.
MERCI IRINA
Irina Shkarina
Et l’aventure n’aurait pas été possible sans une autre Irina, bien lointaine du Grand Nord de la Russie.
Irina Shkarina, notre amie russe de Tashkent, en Ouzbékistan. Irina rencontrée en reportage en 2001, juste après le 11 septembre. Irina, ancienne championne de français d’Ouzbékistan à l’époque soviétique, devenue interprète puis secrétaire à l’ambassade suisse de Tashkent.
Interprète émérite lors des visites d’Anton Cottier alors président du Conseil National, et de Joseph Deiss, conseiller fédéral. Irina venue nous rendre visite à 2 reprises en Suisse.
C’est elle qui grâce au miracle d’internet, s’est occupée de traduire en russe tous les documents préparatoires pour le voyage de Chamade en Russie. Qu’un nouveau document en russe soit demandé, et 24 heures plus tard, nous l’avions en pièce jointe. Une aide plus que précieuse, mais aussi un vrai témoignage d’amitié.
MERCI IRINA




Commentaires
1. Le lundi 30 novembre 2009 à 14:05, par Marc
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.