Jeudi 20 août, après une semaine de dépressions continuelles sur le golfe de Finlande, avec leur lot de pluie et de vent fort d’ouest, le temps se met au beau. Ce n’est pas le moment de rater la fenêtre météo, même si l’étape risque de se faire essentiellement au moteur.

On quitte donc le Central River Yacht Club et son confort (20 euros/jour) pour faire un dernier crochet de 9 milles pour rejoindre le terminal passager du port de St Petersbourg, lieu de passage obligatoire pour une dernière dose de formalités.
Douanes, puis immigration, toujours des papiers, encore des papiers, à se demander où ils peuvent bien classer tous ces papiers. Le tout prend un peu plus d’une heure et finalement la préposée à l’immigration me raccompagne jusqu’au bateau pour une dernier contrôle de l’équipage. Tout est manifestement en ordre, elle me rappelle encore que je devrai nous signaler par VHF en passant devant Kronstadt et nous larguons les amarres.

2 heures de moteur le long du chenal principal et nous nous glissons dans la passe de Kronstadt, longtemps forteresse stratégique commandant l’accès à St Petersbourg, longtemps aussi ville fermée aux étrangers, mais qui, vu son port pratiquement vide, semblent avoir bien perdu de sa grandeur et de son importance.
Reste que le trafic est très intense puisque tous les navires se rendant à St Petersbourg doivent se glisser dans l’étroite et seule ouverture de cette immense digue qui ferme toute la baie.
Et la traversée se poursuit au moteur alors que la nuit tombe lentement sur la Baltique. Nous restons sur le bord du chenal balisé afin d’éviter les innombrables cargos qui se succèdent.
Au petit matin nous franchissons la frontière entre la Russie et la Finlande.

Nous ne sommes plus qu’à 8 milles d’Haapasaari, petite île où nous ferons notre entrée officielle dans l’Union Européenne. Et comme conseillé, nous appelons par VHF la station des gardes-côtes qui nous suit depuis déjà un bon moment au radar. Accueil d’une sobriété tout militaire, on nous indique qu’il faudra attendre 8h du matin pour procéder aux formalités, mais qu’on peut sans autre aborder au quai des douanes situés dans une minuscule baie à l’ouest de l’île.

La lumière de l’aube est magnifique, les îlots de granit couverts de sapins se reflètent dans l’eau : d’un seul coup nous avons changé de paysage… bienvenue dans la myriade d’îlots qui parsèment la côte finlandaise. Le programme paraît tout de suite alléchant.

A 8 heures précise le garde-frontière est là: contrôle des passeports, des papiers du bateau. Cela prend au moins 3 minutes… On vient de changer de monde !