(Par Sylvie)

160 km de Baltique séparent Saint –Pétersbourg de la petite île finlandaise de Haapasaari.
Il nous a fallu moins de 36 heures de traversée pour changer de planète.

En Russie, nous avions dû apprendre à déchiffrer l’alphabet cyrillique. Mais phonétiquement, nous pouvions capter quelques mots ressemblant aux nôtres. En Finlande on peut lire mais ça nous fait une belle jambe. On ne comprend rien. Mais vraiment rien de rien. Sauf qu’il faut rajouter des doubles lettres un peu partout (en finnois, pas en suédois qui est la deuxième langue officielle ce qui ajoute encore à la confusion de nos neurones). Enfin, j’ai tout de même pu étoffer mon vocabulaire finnois (j’ai failli écrire chinois) d’un vocable: je savais déjà dire kippis (santé) et j’ai appris à dire kittos (merci). C’est vrai que les Finlandais ne vous incitent pas à faire le moindre effort pour apprendre leur langue. Ils parlent tous parfaitement l’anglais. Ce sont donc des êtres tout à fait communicants.

Bon d’accord il y a un peu de friture sur la ligne lorsqu’ils évoquent l’histoire de leur pays. Un brin nationalistes, ils idéalisent la domination suédoise par rapport à la domination russe. Et par conséquent, ils zappent facilement sur certaines périodes et leur histoire et certaines alliances inavouables, notamment durant la deuxième guerre mondiale. A part ça, ce sont des gens chaleureux et très liants – comme les Russes - . Ils engagent facilement la conversation, et vous accueillent avec une cordialité toute empreinte de simplicité. Ils adorent naviguer à la belle saison. Ils passent leur week-end dans leurs cockpits, amarrés dans des petites îles super aménagées pour les loisirs ou dans le port d’Helsinki à chanter et à boire ou à boire sans chanter, l’inverse étant plus rare.

D’abord un peu austère, Helsinki se révèle une ville très vivante où règne une atmosphère bon enfant, entre une église orthodoxe imposante, une église luthérienne imposante, la place du marché, les marchés couverts, H&M, des centres commerciaux très animés, des musées, des trams et des rues où il fait bon flâner (quand il ne fait pas – 10 degrés). Même topo à Turku, -Abo en suédois-, l’ancienne capitale de la Finlande. L’Eglise orthodoxe imposante et les trams en moins, mais un joli canal plein de bateaux –bistrots.

Dans un souci d’économies très louable, Turku s’est fait une spécialité de tout recycler en restos ou en bistrots : une banque, une école, une pharmacie et même les WC publics. Et chose curieuse, la clientèle semble avoir le profil de l’ancien établissement. Comme si les banquiers et les traders continuaient à fréquenter leur banque, les profs leur école, les souffreteux, la pharmacie. Alors que les anciens WC attirent sans distinction, tous les citoyens, qui ont un besoin pressant de remplir leur vessie.