Par Marc à 17:04 :: Le bateau
Au terme de ces 4 mois et 3500 milles de navigation en eaux froides et même très froides voici donc un rapide bilan du matériel.
L’Ovni 365 : Nous sommes vraiment satisfaits du bateau, que ce soit en terme de navigation, de résistance ou de confort. Il est vraiment bien adapté au programme. Les possibilités de rangement sont étonnantes. Avec 2 mois de vivres à bord, 5 paires de ski (!) et le matériel allant avec, rien ne traînait dans les cabines... On aurait presque pu se croire en sortie de week-end !

Isolation et condensation : On touche là le cœur du problème. Température dans les fonds : 2-3°.
La coque est isolée jusqu’à la flottaison, autant dire qu’en dessous, ça ruisselle ! On sort 15 litres d’eau douce par semaine des fonds du bateau.
L’humain est un fantastique dessalinisateur !
Important aussi, l’isolation des fonds de couchette. (3° sous les couchettes, 20° au-dessus !) Nous dormons sur (de haut en bas) : le matelas d’origine, un sommier à lattes, une couche de tapis isolant type Karrimat et la planche de la couchette. Chaque matin nous essuyons l’eau de condensation qui se dépose entre le Karrimat et le sommier à lattes. Nous avons aussi installé des matelas isolants sur les côtés de couchettes. Résultat, au bout de 4 mois, les matelas sont toujours parfaitement secs.

Pour le bateau, l’isolation est bonne (une fois comblés les (in?)évitables ponts de froid laissés par le chantier. A faire minutieusement !) Quelques gouttes coulent encore parfois le long des renforts de cadènes, mais c’est gérable). Tous les hublots sont munis d’un double vitrage, amovibles pour les capots.
Au sol, le tapis (style moquette de jardin) évite bien la sensation de froid sans garder l’humidité.
Chauffage : Très satisfait de l’Eberspaecher à air chaud qui tourne 24h/24. Thermostat réglé sur 18-20° le jour et 12° la nuit. Il maintient bien sec le bateau. Consommation moyenne : 3 litres de gasoil/jour et 1A, soit 24Ah/j. Et la chaleur dégagée dans la soute permet de sécher facilement gants et chaussettes humides. Seule amélioration à prévoir, une forme de réservoir en charge pour éviter les désamorçages à la gîte durant les traversées.

Enfin la porte à battant ainsi que le taud de cockpit avec fermetures latérales amovibles (de construction personnelle) sont des atouts de poids. On minimise le temps d’ouverture de la porte, et la navigation se fait à l’abri du vent, de la pluie ou de la neige et des embruns, même par 30 nœuds. A cette latitude ça change la vie !

Vêtements : Du classique sans prétention. Ciré Décathlon, sous-vêtements Odlo, polaire fine et polaire Windstopper. Pantalon de ski-salopette rembourré. Gants windstopper, surgants en Goretex et gants de plongée néoprène pour les manœuvres. Bottes classiques et bottes fourrées « terrestres ».
Dessalinisateur : Difficilement utilisable. Les eaux sont trop limoneuses et chargées de plancton et de krill. Il faut nettoyer les filtres en permanence… ou comme nous, laisser tomber provisoirement!
Annexe : le modèle Excel 290 à plancher gonflable a été parfait permettant des débarquements à 5 sans problème. Les renforts latéraux et sur le fond l’ont bien protégée.
Un truc utile : une paire de cuissarde de pêche facilitant le débarquement et embarquement sur les plages. Permet de tirer le canot et d’aider les autres à débarquer. Pour débarquer, en plus du fusil, on prend aussi une combinaison de survie étanche (TPS de Cotten) permettant de regagner le bateau au cas où un ours aurait fait joujou avec le dinghy pendant une ballade à terre. (Nous disposons d’une 2ème annexe à bord)
Les pannes :
2 seulement à déplorer :
-rupture de l’adaptateur port USB – port série de l’ordinateur (remplacé au terme d’une saga avec DHL Norvège ! Merci à Pochon SA à la Rochelle pour son efficacité)
-panne intermittente du compas électronique du pilote automatique (blocage sur un secteur, problème sans doute mécanique) Changé facilement grâce à la livraison express et aux conseils avisés d’ENM aux Sables d’Olonne (fournisseur d’origine du pilote Raymarine 6002)
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Par Marc à 19:09 :: Le bateau
Nous voici donc au terme de cette première saison passée à bord de Chamade 2300 milles entre les Sables d’Olonne et la région de Bergen.
De quoi faire un premier bilan de notre Ovni 365
Dans l’ensemble, nous avons oublié maintenant les soucis de la mise à l’eau d’avril, même s’il reste encore quelques détails à mettre au point. A noter qu’un soucis de vanne rencontré en Manche a été résolu très rapidement par Didier Lourdais, d’Aries, l’agent Alubat de Cherbourg, dont l’accueil et la gentillesse ont été exemplaires.

En mer :
Remarquable. Disons-le tout de go, nous sommes vraiment satisfaits du comportement marin de Chamade. Le bateau est rapide, stable, rond, confortable. Très rassurant en mer et très doux dans ses mouvements quand ça remue. Les moyennes sont excellentes, 6 nœuds au près et plus de 7 nœuds au portant.
Sous voile : (GV lattée, génois et trinquette sur enrouleurs)
Au près : Puissant et très équilibré, mais il faut laisser de la toile devant. Premier ris vers 18-20 nœuds 2ème à 23-25 nœuds et 3ème des 30 nœuds. Dans une mer formée par 20 à 25 nœuds de vent, on remonte à 6,5 nœuds à 50° du vent apparent. Ce qui donne entre 100 et 110° au virement. Ce n’est pas Alinghi, mais c’est bon pour un dériveur. La trinquette sur enrouleur sort dès 20 nœuds (option confort ou nuit) et dès 25 nœuds (option plein gaz)
Au largue : Ça file, mais assez ardent, surtout du fait qu’on sur-borde la GV pour éviter le ragage dans les barres de flèche poussantes. Par mer formée ne pas hésiter à prendre vite le 2ème voire le 3ème ris si l’on veut laisser le bateau sous pilote.
Au portant : Simplement délicieux, la stabilité de route (dérive relevée) est remarquable.
Au moteur : (Volvo 40cv)
250 heures déjà. (Ah les calmes de début juin en Bretagne, les canaux écossais et les fjords de Norvège !) Il profite de sa longueur de flottaison. 6,5 nœuds à 1800 tours. Consommation moyenne 2,1 litres/heure. C’est excellent et avec 360 litres on a de la marge.
Aménagements :
Au terme de 4 mois de navigations intensives qui ont vu défiler une quinzaine d’équipiers, tout est encore comme neuf. Mais je regrette de ne pas avoir pensé à prendre l’option plan de travail en Corian. Le mélaminé de base est fragile autour des éviers, zone toujours très humide.
L’eau sous le frigo : (vieux serpent de mer Alubat) Premières taches noires au bout de 2 mois au-dessus du tiroir sous la gazinière et au-dessus de la trappe de visite du compresseur. J’ai enlevé les baguettes de champ collées au dessus de ces ouvertures, baguettes qui piègent l’humidité et la renvoient dans le champ du contre-plaqué. Fait aussi 2 trous de drainage dans le CP sous les angles du caisson frigo. Depuis l’eau s’évapore et les taches noires ont disparu. A suivre

Equipement :
Sans entrer dans tous les détails nous apprécions :
-Les prises de ris automatiques. Prendre un ris est vraiment rapide même au portant. Pour étarquer de la GV nous utilisons un cunningham. Le winch de drisse GV tribord (n°32) n’est pas assez puissant.
-Le chauffage Eberspaecher qui fonctionne à merveille.
-L’éolienne Aerogen 6 silencieuse et très efficace dès 15 nœuds
-Le frein de bôme Walder, monté sur un seul côté, avec un bout de diamètre 8 et non de 10 comme installé au départ (le frottement est alors trop fort)
-L’ancre Spade. Jamais prise en défaut et qui croche immédiatement. (Attention même au coup de rappel sur le guindeau si le bateau recule un peu trop vite en mouillant !)
-Le pilote automatique Raymarine qui contrôle bien le bateau. Consommation entre 1,5 et 4 ampères selon l’allure et les conditions de navigation.
-Le portable avec un Centrino Duo et le logiciel Maxsea. Faible consommation, 2 A en navigation.

Aménagements personnels :
Vu les spécialités du climat nordique nous ne regrettons pas d’avoir installé une prolongation de la capote et d’avoir monté une porte à battants de notre fabrication permettant d’entrer et sortir rapidement sans refroidir l’intérieur du bateau.
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Par Marc à 18:06 :: Le bateau
Et nous voilà plus de 20 ans après Chiloé devant les portes d’Alubat et Bernard Roucher nous dévoilant en primeur les premières esquisses d’un nouveau modèle signé Marc Lombard, l’Ovni 365. Marc Lombard l’architecte du RM1050 soit dit en passant…
Restait à fixer les principales options en relation avec le programme :
-Isolation renforcée
-Doublement du volume du réservoir de gazole (360 litres au lieu de 180)
-chauffage
-passe-coque soudés en non pas en plastique
-Boîtes dorades fixes
-Capot d’aération supplémentaire
-gréement de cotre avec trinquette sur enrouleur et fausse-bastaques
-pilote in-board et régulateur d’allure
-Eolienne et hydrogénérateur
-Dessalinisateur
20 ans après c’est reparti pour un dériveur en alu, reparti pour un Ovni. Ce n’est pas le bateau parfait, pas le roof panoramique du RM mais un excellent bateau, un vrai compromis fiable et surtout abordable. Inch’allah…

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Par Marc à 17:59 :: Le bateau
Récapitulons : Une taille raisonnable, tirant d’eau réduit, facile en équipage réduit, capable de taquiner du glaçon, on en revenait finalement à ce qui devait être bien enfoui dans le subconscient : Un dériveur intégral en alu entre 10 et 12 mètres. Avec un budget raisonnable.
Le dernier point est vite sélectif et au bout du compte ne restait que les OVNI ou les ALLURES. Le 4x4 ou la limousine. La chaussure de trek ou le mocassin pur cuir.
Avec un net avantage question prix pour l’Ovni. Voilà qui tombe bien puisque ni St Trop ni le Palais Garnier ne sont au programme.
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Par Marc à 17:54 :: Le bateau
Les aléas des spameurs et autres pollueurs de blog ayant bogué les photos des glaces du Spitsberg, les voici donc "à part"

Glaces dérivantes au Spitsberg

P.S. Note de septembre 2008
A noter que la question des glaces dérivantes n'est pas anecdotique. En juin 2008, 4 voiliers ont été pris par les glaces dérivantes près du Sörkapp, la pointe sud du Spitsberg, faute d'avoir donné un tour suffisant.
L'un d'eux a été sorti par un chalutier russe joint par VHF et venu lui ouvrir le chemin. Les 3 autres ont dû leur salut au patrouilleur des Gardes-côtes norvégiens.
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Par Marc à 17:54 :: Le bateau
Au programme : le grand nord et ses glaces. Mes 3 expéditions au Spitsberg m’avaient déjà donné quelques bonnes indications sur les conditions de navigation tout là-haut. Et mes discussions avec Bernard Audrezet de l’ISBJORN ou encore avec Peter Galinelli, le concepteur et skipper de l’IMRAM me l’avaient confirmé : l’un des grands risques au Spitsberg, c’est celui de se faire bloquer par les glaces dérivantes au fond d’un fjord. Non pas de se faire prendre par la banquise, nous y serons en été, mais par ces très nombreuses plaques de banquises flottantes qui se promènent autour de l’archipel. La plupart viennent de la banquise qui règne presque en permanence sur la côte est de l’archipel. Au gré des courants, elles contournent le sud de l’île principale et remontent la côte ouest, poussées par la dernière veine du Gulf Stream. Et les mauvaises années en matière de glace n’ont rien à voir avec la température. Il suffit que le vent change ou que l’influence de quelques dépressions s’en mêle et vous voilà pris un matin au fond d’un fjord coincés par ces plaques dérivantes.
Et c’est la totale si vous êtes pris entre deux de ces plaques qui pèsent des tonnes. Là, pas besoin de faire un dessin : les 2 quilles en sandwich, la pression et adieu la belle structure, tout acier qu’elle soit.
Exit donc le biquille.

Banquise fragmentée au Spitsberg début juin 2004

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Par Marc à 17:53 :: Le bateau
C’est vrai ça : il suffisait de prendre plus grand : Mais là aussi un essai en grandeur nature le biffait rapidement de la liste. Bon bateau certes, rapide, agréable à vivre en mer, mais trop exigeant. Une barre lourde, très lourde dès que le voilier accélère, le pilote n’allait pas trop apprécier. Un fardage important, haut sur l’eau, pas facile à manœuvrer à deux dans les ports, et un tirant d’eau d’un mètre quatre-vingt. A l’aise au large mais un peu camion à la manœuvre. Rien à voir avec le RM 1050. Et surtout l’étude plus approfondie du programme allait définitivement nous faire renoncer à l’idée d’un biquille.

RM1200 "Félicie" à Groix
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Par Marc à 17:51 :: Le bateau
Pour tout dire, pendant longtemps le modèle qui tint la corde, ce fut le RM 1050 de chez Fora Marine. Un biquille nouvelle génération, un plan Lombard, en contre-plaqué / epoxy. Un vrai bateau fait pour naviguer, rapide, facile à manœuvre en équipage réduit et très agréable à vivre avec roof panoramique gage de navigation confortable en climat difficile.
Une manière nouvelle aussi de concevoir le biquille.
Un essai en location nous avait confirmé ses très belles qualités nautiques. Un voilier pour aller loin et pour se faire plaisir, avec en toute subjectivité une certaine gueule, un certain caractère.
Côté solidité, là aussi, un voilier très résistant, et, muni d’une couche de Kevlar en 2ème peau, capable de résister au contact de la glace. Un avis que même mon copain Bertrand Cardis, le constructeur des Class America d’Alinghi partageait.
Mais il eu un « mais »:
Rien de tel que de mettre 2 solides et beaux grands enfants à bord. Avec leur besoin d’espace, de bulle et de rangements pour leurs affaires. Ce qui fut fait lors d’une nouvelle croisière d’essai sous le soleil estival de Bretagne-Sud.
Avec un soir un de ces moments de lucidité qui vous sauvent : Je nous imaginais alors en plein projet ski-voile, par un soir de neige humide au fond d’un fjord de Norvège. Les skis dans le cockpit, les chaussures de ski dans l’entrée de la soute, les pantalons à sécher…. Et le reste…. Et l’espace…. En un flash, le RM 1050 avait vécu.

RM 1050 "Loan"
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Par Marc à 17:49 :: Le bateau
Aussi étonnant que cela puisse penser, le choix d’un OVNI de chez Alubat n’avait rien d’évident. Même si le premier tour du monde sur CHILOE, un Ovni 28 déjà, ne nous avait pas laissé de mauvais souvenirs. Tout le contraire même, puisque 5 ans durant nous n’avions fait que nous féliciter d’avoir choisi un dériveur intégral.
Mais à nouveau programme, nouvelle réflexion :
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Par Marc à 21:59 :: Le bateau
OVNI 365, dériveur intégral en aluminium
Longueur hors-tout : 11,94m
Longueur coque : 11m44
Longueur flottaison : 10,67m
Largeur : 3m92
Tirant d’eau : 0,77 / 2,35m
Surface GV : 31m2
Génois : 40m2
Surface au près : 71m2
Déplacement : 8,8 T
Moteur : Volvo 40cv
Réservoir d’eau : 350l
Réservoir fuel : 360l

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