Exil aux Oki

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Quoi de plus pratique qu’une caldera située en pleine mer, pour exiler les importuns ? Nous connaissions l’archipel du Goulag ( les Solovetski ) mais pas l’archipel des Oki, qui, toute proportion gardée, s’est vu attribuer la même vocation de prison à ciel ouvert. Nées de l’effondrement d’un volcan, il y a six millions d’année les plus grandes des îles Oki ont recueilli deux Empereurs, un célèbre Samouraï et un poète en disgrâce. Ils y furent expédiés au temps des Shoguns pour qu’on les oublie, mais aujourd’hui on les rappelle au bon souvenir des touristes qui adorent les histoires d’intrigues de conspirations et de bannissement.

Pour ne pas faire mentir la tradition, nous avons décidés de nous exiler, à notre tour dans les îles Oki, parmi les déportés d’un tout autre genre. Du genre féminin, par exemple…en ce qui concerne les bovidés. Eh oui, seules les dames vaches sont assignées à résidence dans les pâturages de Dogo, Nishinoshima, Chiburijima ou Nakanoshima ( les quatre îles habitées de l’archipel qui compte 25 mille habitants ). Une fois engrossées par insémination artificielle, elles y paissent en toute liberté, puis mettent bas une progéniture qui, aura un sort nettement moins enviable: renvoyée par bateau sur le « Main land » de Honshu, les veaux finiront à l’abattoir pour satisfaire les amateurs de wagyu marbré et fondant.

D’accord, mise au ban sexiste, ça existe aux Oki, mais seulement pour les quadrupèdes vaches. Pour les chevaux en revanche, pas de discrimination, à première vue. Car dans les brouillards qui nimbent les falaises de Nishinoshima, il n’est pas toujours aisé de savoir si c’en est un ou si c’en est une. Mais qu’importe, le spectacle est troublant…de beauté.

On se croirait dans nos Franches-Montagnes, si ce n’est que le pâturage surplombe une mer qui bat inlassablement les flancs des falaises aux couleurs volcaniques.

Pauline nous a rejoints dans notre exil volontaire, avec du soleil dans ses valises. On oublie le temps en se baladant au dessus des vagues écumantes

 

…entre les temples nichés dans la pierre, les rizières et les cerisiers qui se sont donnés le mot pour donner des cheveux blancs aux collines

À la nuit tombante, nous rejoignons la chaleur de Chamade et d’ un autre bateau : le onsen de la sympathique guesthouse familiale Tsurumaru, qui nous a mis à disposition son ponton.

Sourires et gentillesse sont toujours au rendez-vous, avec la gastronomie locale.

Vu l’importance économique que revêt le toursime pour les Oki – en plus de l’élevage et de la pêche- on sait recevoir aimablement toutes les personnes déplacées par car entiers pour savourer l’isolement des lieux.

Mais voilà que notre exil doré finit par se transformer en exil forcé, car Eole s’évertue à nous souffler 25 à 30 noeuds dans la figure. Aucune chance d’évasion, si ce n’est une périlleuse traversée de la caldera, au près, pour passer d’une île à l’autre.

Mais patience. Nous avons pu finalement prendre la fuite, de nuit, pour rejoindre les terres de Onchu où nous projetons une virée dans la ville impériale.

Grise mine

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On ne pourra pas dire que les débuts de cette remontée de la côte ouest du Japon se sont passés sous les meilleurs auspices. Météorologiquement parlant en tout cas.

En ce début de printemps, l’inversion de la mousson se traduit par une succession de dépressions, de jours de pluie, de coups de vent ou de calme quasi absolu.

De Hagi, et des ses vieux quartiers noyés sous la pluie on ne gardera le souvenir que du musée de la céramique et de sa splendide collection  contemporaine. Et aussi du magnifique jardin japonais du restaurant Hotoritei dont les ramens ont su réchauffer nos tripes noyées dans la grisaille.

Les adorables patrons du "Hotoritai" , de plus parfaitement anglophones

 

Plus au nord, Yonotsu.

Son petit port niché au fond d’une anfractuosité vit aujourd’hui du poisson et de ses deux onsens aux vertus si célèbres qu’on y vient de tout le Japon pour se plonger dans l’un des deux établissements désuets. On a testé pour vous… enfin si l’on peut dire, puisque si dans le premier la température y est à la limite du supportable, dans le second on s’y brûle ! Après quelques minutes on bat en retraite sous l’œil narquois de 3 solides gaillards qui cuisent à petit feu, apparemment avec délice !

Mais ce n’est pas ces deux « soupières » qui ont inscrit Yonotsu au patrimoine mondial de l’Unesco. C’est plutôt une question d’argent : pas de « fric » mais de l’argent, le métal. Yonotsu fut longtemps le port d’exportation des mines d’argent d’Iwami Ginzen située 13 kilomètres plus haut dans la montagne.

Ici au 17ème siècle le Japon réalisait un tiers de la production mondiale annuelle d’argent. Le Shogunat Tokugawa y régnait en maître alors que le bas peuple s’exténuait dans plus de 500  veines de 1,2m de haut et de 60 cm de large.

Galerie de la mine largement élargie pour faciliter la visite!

 

Les "pompes humaines" chargées de l'assèchement des galeries

 

Puis, après raffinage, les lingots étaient acheminés à dos d’homme jusqu’à Yonotsu. Solidaires, nous avons remontés à pied trois heures durant le chemin des mineurs. Belle balade solitaire par monts et par vaux avant de redescendre jusqu’à la mine (aujourd’hui bien élargie et aménagée pour permettre la visite des nombreux touristes qui arrivent en car par l’autre bout de la vallée).

Matsue ensuite où l’accueil est tout d’abord plutôt difficile. On ne veut pas de nous dans le port de pêche d’Etomo, pourtant à moitié vide. Je leur montre alors l’autorisation du ministère des transports, mentionnant clairement Etomo. Ils ont l’air étonné, font des photocopies du document, m’emmène au bureau pour remplir des papiers puis finissent par nous accorder une place tout au fond du bassin, parfaitement protégé. Pinailleurs peut-être, mais pas antipathique, loin de là ! Puisque lorsqu’on leur demande où se trouve l’arrêt de bus pour aller à Matsue, distant de 12 kilomètres, ils nous proposent immédiatement de nous y emmener en voiture !

Et hop, visite du magnifique château, l’un des 12 totalement en bois encore debout au Japon !

Puis on se retrouve devant l’arrêt de bus, à tenter de déchiffrer l’horaire. C’est alors que Keito nous propose de l’aide dans son anglais hésitant, nous confirme qu’on est bien à la bonne place et que le bus est dans 3 minutes… tout en ajoutant… « Mais ma voiture est là… venez, je vous y emmène » ! On aurait bien voulu l’inviter à prendre un verre mais Keito est attendu par sa famille. Il visite rapidement le bateau, prend quelques photos et repart… Il aura fait 25 kilomètres, comme ça, juste pour faire plaisir de rendre service ! Tellement japonais !

Propane au Japon : une usine à gaz !

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J’aurais tout de suite dû me méfier quand j’ai remarqué le manque d’empressement de notre ami Nori lorsque, depuis la Corée, je lui avais indiqué mon intention de recharger notre bouteille de propane, indispensable carburant de la cuisinière.

Une bouteille japonaise, munie d’un détendeur japonais, achetée en 2015 à Hiroshima et rechargée sans problème par deux fois à Okinawa. Cela devait donc se faire rapidement et sans problème à Fukuoka. Erreur !

Car ce qui est possible facilement au sud ne l’est pas plus au nord. Si à Okinawa on semble rendre facilement service au navigateur de passage, rien de tel à Fukuoka où l’on veut respecter le règlement à la lettre (peut-être même plus qu’à la lettre).

Bref, arrivés à Fukuoka Nori nous conseille d’attendre d’être plus au nord, dans un port de pêche où l’on n’est pas trop regardant. Car à Fukuoka, personne n’accepte de remplir cette fameuse bouteille. Nori a beau multiplié les téléphones, Mena en faire de même, ce qui était possible ne l’est plus. Suite à un accident dans un Yatai (une de ces roulottes ambulantes) les fournisseurs de gaz sont obligés de se porter garants de l’installation de leurs clients. Pas de problème pour les centaines de milliers de maisons japonaises avec leurs bouteilles de gaz en devanture. Mais pour un voilier de passage, « gaidjin » de surcroît… c’est le refus. Et problème… notre bouteille est quasiment vide.

Comme il nous faudra avoir de la réserve en vue de la traversée vers l’Alaska, je propose à Nori d’en acheter une nouvelle. Oui, mais apparemment personne n’en a en stock. Il faut commander sur internet. Mais la météo est favorable en cette veille de week-end, il faut qu’on avance…

Nori indique donc comme adresse de livraison le port de Murotsu, où nous devrions être lundi.

Le temps d’une belle navigation et nous voilà à Murotsu. La bouteille est bien là… toute neuve mais vide ! J’avais mal compris les explications de Nori. Echange de mails, recherches sur internet où la page en anglais d’un fournisseur japonais de barbecue indique qu’il y a 20’000 revendeurs… que remplir n’est pas un problème… Tu parles ! Nori appelle une boutique à Hagi (qui figure sur le site en anglais) où nous devrions être demain. Impossible dit le revendeur qui donne une autre adresse. Mais là il faudra attendre au minimum deux jours !

Finalement le mécano du chantier naval de Murotsu fait lui aussi des téléphones et me conseille de m’arrêter à la petite marina de Nagato qui est sur la route de Hagi.

C’est ce que nous faisons le lendemain. A peine arrivés, que le responsable de la marina fait un coup de fil. Il nous fait comprendre (en japonais !) de déposer les bouteilles (la neuve et la vieille) devant son bureau. Une heure après le voilà qui revient vers Chamade, les deux bouteilles pleines à la main. Le fournisseur du coin est passé avec son petit camion et, ni une ni deux, a fait le nécessaire. Une heure trente d’escale, pas d’explications plus claire qu’auparavant, mais les bouteilles sont pleines. Que demande le peuple de Chamade !

Et merci à Nori, Mena et autres amis de passage de s’être fait autant de soucis pour nous aider à ne pas être condamnés à ne manger que du shashimi !

Tournée d’adieux

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(Par Sylvie)

Konnichiwa,

Désolés de notre silence. Nous étions occupés, non plus avec Chamade, mais avec nos amis  japonais. Nous ne pouvions pas quitter l’île de Kyushu, sans leur dire un dernier au revoir. Nous avons décidé de quitter Fukuoka pour naviguer en voiture. Non sans avoir pris le temps de nous régaler d’huîtres grillées avec Nori San (le grand-père autoproclamé de Chamade) et son épouse. Une découverte culinaire, mais aussi ethnologique : dans un kaki goya, une grande tente de kermesse où tout le monde mange équipés de K-way de même couleur, pour se prémunir des giclées d’huîtres chaudes. Ce qui n’enlève rien au goût !

Cap sur Yamagawa où nous sommes arrivés taikos battants, pour assister à la performance des juniors du Clan Pascale, dont le Shogun n’est autre que Claude, l’ami italo-australo-suisse, qui a participé, il y a deux ans, à notre film « Sakana ».

Retrouvailles chaleureuses aussi, à Ibusuki, avec la famille Hokuda, au grand complet : Shizuka, et ses quatre hommes: Kazu, Keïto, Yuto et Eïto. La francophonie reprend ses droits, puisque Shizuka a étudié en France autour des sushis maison que l’on déguste en mode  self-service.

Je me dis que décidément, nos amis du sud de Kyusu défient allègrement les statistiques démographiques japonaises (sept enfants pour deux couples)  et aussi les codes, puisque Keiko et Shizuka sont des femmes qui travaillent.

La journée, nous retrouvons Shizuka quand elle est libre. Et le soir nous regagnons le beau « chalet  » de Kazu, sur la colline où  Claude, Keiko et leur joyeuse marmaille nous rendent visite… pour avoir un avant goût de la Suisse.

Une dernière escapade à Chiran, pour voir si les jardins des Samouraï sont fleuris ( ben…pas trop!), pour les nouilles et le thé au soba, spécialité du lieu, puis vient le temps des adieux. Toujours un peu tristes. Il y a peu de chances que nous revenions un jour ici. Mais nous gardons l’espoir de revoir Shizuka, dans pas trop longtemps, de l’autre côté du monde.

Le Gps terrien de notre Subaru, met le cap sur Nagasaki où nous attendent Nathalie et Satochi.

Sur le ferry qui nous transborde au pied du Unzendake, les goélands et les mouettes gourmands nous accompagnent.

Au loin, dans la grisaille, se dessinent les contours d’une montagne, somme toute banale, sauf que des fumerolles s’en échappent en permanence. Mais çe n’est pas sans raisons que le Mont Unzen a été surnommé le volcan tueur. Durant l’ère Edo(1600-1868) on y exécutait les catholiques qui ne voulaient pas renier leur foi. En 1792, une formidable éruption, suivie d’un glissement de terrain, engloutit la ville de Shimabara, avant de provoquer un tsunami ravageur. On comptera quelque 15.000 victimes: la plus grande catastrophe d’origine volcanique que le Japon ait jamais connu. Enfin, en 1991, le volcan façonné par ses diverses éruptions, se réveille à nouveau. Cette fois, on prévient. La population est évacuée, mais le 3 juin 1991, plusieurs scientifiques et journalistes  venus observer et couvrir l’événement, sont surpris par une nuée ardente qui détruit 180 maisons à la ronde et tue 43 personnes ( dont les volcanologues français, Kathia et Maurice Krafft). Un mémorial fait aujourd’hui revivre les colères du Mont Unzen, sur le mode film catastrophe à l’américaine.

À Nagasaki, nous sommes accueillis comme des princes dans un nid haut perché sur les hauts de la ville, tout près des étoiles, d’où l’on embrasse une vue imprenable sur la ville

Imaginez une maison où l’on plonge dans le vide pour accéder au salon. Une maison du style Tarzan et Jane, accrochées aux arbres et à la roche. C’est celle que Nathalie a imaginée et fait réaliser, dans un mélange de style européen et japonais. Les dodos sur le tatami fut divin et le onsen ( privé) suspendu aussi.

Nous avons eu aussi le plaisir de passer quelques heures avec les artistes Yuka et Daisuke qui ont fait la route depuis Unzen pour nous apporter un superbe cadeau.

Un nouveau  tourbillonnant tableau de Daisuke qui me fait penser à des sakura dansant dans le cosmos. Chamade, s’est ainsi enrichi d’une nouvelle œuvre d’art.

Enfin, mon « cousin » (voir blog 2015 « Nagadaki encore et toujours » ) Toshiaki Yamaguchi-Mieli, nous a rejoints pour un dernier repas dans un petit restaurant français de Nagasaki. Il prépare une nouvelle édition de son dernier guide de voyage à Vienne et en Hongrie.

Notre faim de retrouvailles apaisée, nous avons repris le chemin de Fukuoka pour y attendre William, notre ami parisien et premier équipier de l’année.

À cheval entre Corée et Japon

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Nous avons reçu deux adorables poupées coréennes. Mais nous les avons laissées à Yeosu, avec leur papa, le meilleur mécanicien de toute la Corée du Sud.

C’était à la spaghetti party d’adieu de Chamade. Moon, Kim, Joon, Anna, Membal qui nous avez accueillis si amicalement, est-ce que nous vous reverrons un jour ? Sans doute pas. Notre vie errante est faite de rencontres et de séparations, d’arrivées et de départs, de bienvenues et d’adieux qui me laissent toujours le vague à l’âme.

Heureusement il y a aussi parfois des retrouvailles. Par exempe avec Miki, autour des okonomiyakis du petit restaurant de Itzuhara qu’elle nous avait indiqué lorsque nous étions passés en novembre 2016.

En ce début de printemps, à la faveur d’un pâle soleil, nous avons enfin pu arpenter Tsushima, cette grande île située à mi-chemin entre la Corée et le Japon, faite de monts et de forêts, de falaises et de fjords ( magnifiques trous à typhons) où sont venus se nicher des dizaines de ports de pêche.

Enjeu stratégique pour les Seigneurs japonais et coréens, dès le 14ème siècle, Tsushima deviendra la tête de pont de l’Empire Soleil Levant, lors de deux tentatives manquées d’invasion de la Corée, au 16ème siècle. Mais restera dans les annales comme le haut lieu de la bataille qui permit aux Japonais de défaire la flotte de la Russie tsariste, en 1905.


C’est donc à des fins militaires que deux grands canaux (1671 et 1900) furent percés dans la baie de Asò, là où le nord et le sud de l’île n’étaient rattachés que par un isthme.


Nous l’avions emprunté l’hiver dernier, avec Chamade pour parcourir les 90 milles (50 km) qui séparent Tsushima de Busan. Cette fois nous avons préféré une balade à pied non balisée, dans les caprices d’un torrent.


Mais c’est dans le port d’Izuhara que les ferries de Busan crachent en toute saison des troupeaux de touristes coréens, venus faire du shopping tax free. Pour eux, pas de problèmes d’embarquement ni de débarquement, quelle que soit la marée. Mais pour nous… Il nous faut savoir lever la jambe pour regagner notre maison flottante

et si d’aventure, on se rate, pas de souci…j’en connais qui se chargerons de vous faire partir les pieds devant, avec un certain faste !

 

 

 

 

 

Un gréement tout neuf !

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Conséquence de son âge (un peu) avancé, Chamade a un nouveau gréement. Pas un fabriquant de câble, pas un gréeur pour garantir qu’un gréement inox de plus de 10 ans soit fiable. Et pas une assurance pour accepter de couvrir les dégâts au cas où…

Coup de chance, le fabricant du mât (Sparcraft) avait encore toutes les données dans ses archives. Car ce n’est pas en Corée où la plaisance est quasi inexistante, qu’on aurait pu trouver de quoi remplacer ce matériel assez spécifique. C’est ainsi qu’à notre retour à Yeosu nous avons trouvé un gros colis de 40 kg, envoyé de France par avion et remplis de beaux câbles et de ridoirs sertis tout rutilants. Il ne restait plus qu’à démâter.

Ce qui fut fait facilement avec l’aide du camion-grue de Sin Heng Sik, le mécano qui opère sur le terre-plein de la marina.

Pas terrible Chamade avec cette gueule de canot moteur !

Ouf, ensuite… quand nous avons pu vérifier que tous les câbles avaient la dimension exacte ! (Merci Martial Troussaut de chez Sparcraft France)

Mais, aie ! Lorsqu’il s’est agit de démonter l’enrouleur pour changer l’étai, malgré le pronostic optimiste de Martial, la plupart des vis de fixation des tubes étaient totalement bloquées. Ni le tournevis frappeur, ni le chauffage de la pièce n’y changèrent quoique ce soit. Seules 3 vis sur les 16  ont accepté de quitter leur écrin.

Mais là encore, coup de chance, notre ami mécano Sin Heng Sik possède une colonne de perçage installée sur sa camionnette ! Et son travail tout en précision permit de sauver encore 9 pas de vis. Finalement, nous n’avons dû repercer et tarauder que 4 nouveaux trous. Excellent !

Aie,aie,aie encorel… et un petit tour à l’hôpital…

En coupant des attaches plastiques sur le mât, j’ai réussi à m’entailler profondément 2 doigts. Résultat : 15 points de suture ! 7 au majeur et 8 à l’annulaire gauches. Pas de doute, le couteau était comme je les aime, à savoir bien aiguisé ! Rien de grave, mais pas très pratique pour travailler efficacement.

Dernière étape : le remâtage. Toute la marina est venue nous donner un coup de main.

Entre un Russe, un Philippin et 3 Coréens l’affaire fut vite entendue.

Il me restait encore à grimper là-haut pour détacher l’élingue.

 

 

 

 

 

Pas de quoi impressionner notre grutier Sin Heng Sik qui fut longtemps dans le top 10 des mondiaux de parapente !

A noter que son frère et sa soeur tiennent à Yeosu l’un des deux ateliers coréens de fabrication de parapentes. Ils ont aussi au sous-sol un beau plancher de voilerie. Nous en avons profité pour refaire toutes les coutures de la capote qui commençaient à montrer leurs 10 années sous les UV. (A noter que le tissu de la capote est, lui, encore en très bon état !) .

Côté météo: grand beau temps, mais avec un vent de NW glacial. 0° le matin, 6° à 8° l’après-midi. Cela devrait se calmer et se réchauffer ce week-end.

Désormais Chamade est fin prêt. On attend plus que la remise à l’eau reportée à demain vendredi. Il souffle à plus de 25 nœuds ces jours, ce qui rend la manœuvre délicate avec le petit travelift disponible ici.

 

 

Séoul, le retour.

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(Par Sylvie)

C’est comme si nous n’étions jamais partis. Début décembre, nous avions quitté Séoul débordante de manifestants en colère contre leur Présidente accusée de corruption et d’abus de biens sociaux. Nous l’avons retrouvée telle que nous l’avions laissée, toujours débordante de manifestants. Sauf que cette fois, les anti et les pro Park Geun Hy se partageaient la rue, soigneusement séparés par un ingénieux cordon de cars de police.

Nous ne sommes pas allés voir, mais nous supposons qu’en deux mois et demi, la ville non plus n’a pas changé. La voici telle que nous l’ avons découverte. Une mégalopole,qui s’étend à perte de vue au pied des montagnes. (10 millions d’habitants à Séoul de plus de 25 millions dans l’aire métropilitaine)

Une architecture qui se veut avant-gardiste

et un mobilier urbain surprenant J’ai surtout bien aimé les hug trees. Une touche de tendresse au milieu du béton.

Un métro ultra moderne d’où on émerge pour plonger dans les marchés bondés où les grandes marques cotoient les petits marchands de rue.

A Séoul, malgré tous les efforts consentis, le modernisme l’emporte sur la tradition, devenue folklore touristique.

Il faut dire que Séoul et ses anciens palais ont été rasés à plusieurs reprises. Pendant l’occupation, les Japonais se sont attaqués à tous les symboles monarchiques et la guerre de Corée a fait le reste. Deux fois tombée entre les mains des troupes sino-coréennes du nord, la capitale a été totalement anéantie. Elle renaîtra de ses cendres, sur le modèle des Etats-Unis qui l’ont sauvée. En soixante ans, la Corée du sud est parvenue à se hisser jusqu’au top ten des économies mondiales. Mais pas de doute que sur le chemin de son histoire, elle y a sans doute perdu beaucoup de son âme.

 

 

 

 

Marins à l’encre: notre projet 2017 en Alaska

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Cet été, Chamade retrouvera l’Alaska

L’Alaska, territoire de rêves, de fantasmes, source intarissable d’inspiration.  Là-bas, à chaque moment, à chaque rencontre, on imagine le début d’une histoire !

« Marins à l’encre » en Alaska:

L’occasion de faire une nouvelle fois de Chamade, un lieu de création.

En 2012 Chamade embarquait Daniel Rohrbasser, le sculpteur.  Cette fois-ci ce sont des auteurs, des « raconteurs d’histoires », pour partager un autre regard, d’autres sensations, d’autres aventures où le réel s’entremêle avec la fiction.

Avec, en ligne de mire, un livre. Un recueil de nouvelles, d’histoires, toutes inspirées par l’Alaska et cette aventure à la voile.

Si deux auteur(e)s, Diane Peylin et Pierre Crevoisier viendront y écrire des nouvelles littéraires, le bédéiste Matthieu Berthod dessinera ses nouvelles en BD (juste une autre forme d’écriture).

Le résultat sera à découvrir au printemps 2018!

Mais vous pouvez mieux connaître  le projet et nos auteurs en cliquant ici : Chamade Projet 2017 C


Russie: premier projet pour Chamade en 2017

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Vladivostok, Sakhaline, Kouriles, Kamchatka: le grand orient russe

De notre promontoire coréen, difficile de ne pas lorgner vers la Russie et ses territoires toujours loin des sentiers battus.

Et cela d’autant plus que les amis russes rencontrés à Busan ou Yeosu nous ont tous encouragés à venir découvrir leur Russie d’extrême-orient.

Restait juste à à imaginer un itinéraire

Un projet que nous réaliserons avec nos amis suisses Jean-Claude et Marlène, dont le voilier « ANTHEA » hiverne actuellement à Sapporo. Ils ont déjà visité Vladivostok l’été dernier (premier voilier étranger dans la Marina Seven Feet de Vladivostok). Nous nous retrouverons début juin à Korsakov pour remonter ensemble les Kouriles et le Kamchatka.

Il faut bien sûr obtenir les visas et autorisations nécessaires. Comme le dit notre ami Youri, « être les pionniers n’est pas chose aisée! » Mais les choses sont à bout touchant. Spaciba!

2 mois comme 2 jours

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Une fois de plus nous n’auront pas vu le temps passer…

Le temps d’une fondue au « carnotzet » avec nos amis Ilhana et Mirza venus de Sarajevo…

d’une belle et grande « Chamaderie » , la grande réunion des équipiers et membres de l’Association Chamade

où nous nous sommes retrouvés à 62 dans le petit refuge de la commune

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

de quelques (hélas rares) sorties à ski de fond

ou (rare aussi) en ski de randonnée

mais où la poudreuse était au rendez-vous

et d’une petite fondue devant la cabane de Manu le pêcheur…

Et voilà… c’est déjà le moment de repartir pour de nouvelles aventures….     Mardi nous serons de retour en Corée

Et encore:

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