Archive for the ‘ Alaska 2012 ’ Category

« L’homme qui a vu l’ours » : le film

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Ce lundi 21 avril, le film « L’homme qui a vu l’ours » qui retrace l’aventure vécue en commun en Alaska avec le sculpteur Daniel Rohrbasser a été diffusé sur les antennes de la télévision régionale Vaud-Fribourg « La Télé ».

Mais comme pour la majorité d’entre-vous, il est impossible de recevoir cette chaîne de télévision, voici donc via Youtube, la version intégrale de ce documentaire qui raconte « le parcours d’une oeuvre », celle d’une photo-sculpture de Daniel Rohrbasser, depuis le temps de son inspiration en Alaska (été 2012) jusqu’à sa réalisation finale, en Suisse (fin 2013). Des moments d’échanges et de partage privilégiés que nous espérons pouvoir partager aussi avec vous:

Sachez aussi que ce film sera projeté en août prochain au « Festival du film alpin des Diablerets » dans les Alpes vaudoises.

Naviguer en Alaska : en guise de bilan 2012

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Si nos récits vous donnent envie de placer votre étrave dans le sillage de Chamade, voici quelques indications concernant la navigation en Alaska et en Colombie britannique.

Climat :

Faut-il en rajouter ? Pluvieux, très pluvieux sur la côte sud-est de l’Alaska… une bonne protection de cockpit est loin d’être un luxe superflu. Notre bon vieux taud a fait une fois de plus l’unanimité de tous ceux qui se sont réfugiés en-dessous !

Plus sec et plus variable dans les Aléoutiennes, mais aussi plus froid.

Nous avons par contre bénéficié d’un été indien exceptionnel du nord de l’île de Vancouver jusqu’à Anacortes. Près d’un mois de soleil ininterrompu dès le début septembre.

Mais on le répète, derrière la pluie se cache une nature exceptionnelle et  les rencontres avec les ours ou les baleines ont vite fait de vous sécher… au moins l’esprit !

Vents :

Aie ! Là c’est le point faible (dans tous les sens du terme). Nous avons battu tous les records du ratio voile-moteur cette année : 436 milles de voile pour 2910 milles de moteur !

Pour simplifier, disons que lorsque le vent est soutenu, il est associé à une dépression qui traverse le golfe d’Alaska. Il est donc de sud-est et, pour nous, contraire. Dès qu’il repasse au nord-ouest il faiblit à 8-10 nœuds, voir rien du tout dans les chenaux de l’Inside passage. Faut-il préciser qu’une fois de plus nous avons apprécié la fiabilité de notre Volvo D2-40.

Marées :

De 2,5 à 5 mètres d’amplitude. Avec surtout dans les dédales de l’Inside Passage des courants spectaculaires (pouvant aller jusqu’à 14 nœuds !) La consultation des tables de marées et courants est donc indispensable. On trouve tout sur le net  (NOAA.gov). Nous avons utilisé essentiellement les prédictions Navionics via notre I-Pad. En Alaska plus que jamais, on navigue montre en main et c’est la mer qui décide de l’horaire de la journée. A priori c’est impressionnant mais finalement, sur le terrain, c’est assez simple à manager.

Météo :

Au large les fichiers grib sont comme toujours excellents. Dans les chenaux les grib ne sont plus vraiment valables. Nous écoutions les bulletins diffusés en continu sur les canaux VHF spécifiques aux USA et au Canada. Mais ces canaux météo ne sont pas captables avec une VHF européenne, même équipés des canaux dits « américains ». Nous avons donc acheté pour 50 dollars une VHF portable Cobra, équipée de ces fameux canaux météos.

Attention à la navigation au sud-ouest de la péninsule alaskienne, où le vent venant de la mer de Béring passe par dessus les montagnes avec un effet catabatique qui peut être très violent. Nous avons eu pendant plusieurs heures plus de 60 nœuds près de Sand Point. Heureusement au portant et avec de l’eau à courir !

Cartographie :

C-map avec Maxsea sur l’ordi de bord et Navionics sur l’I-Pad dans le cockpit. Sans problème, même si dans le nord de l’Alaska et aux Aléoutiennes les cartes ne sont pas toujours très détaillées.

 

Guide de croisière :

Rien de disponible en mer de Béring et aux Aléoutiennes. (l’exploration existe encore !)

Pour la côte sud-est et la Colombie britannique, les guides de Don Douglass et Reanne Hemingway sont de véritables bibles : « Exploring southeast Alaska » et « Exploring North Coast of British Columbia » parus chez Fine Edge Editions. 60$ le volume, mais largement « worthwhile ».

 

Formalités :

Sans problème aux USA pour autant que vous possédiez un visa (obligatoire si vous arrivez avec un bateau privé). Les douanes délivrent une « Cruising license » valable un an. Le tout avec le sourire et une extrême politesse. Vous devez toutefois signaler votre passage dans tous les ports « d’importance » comme Kodiak, Sitka, Juneau ou Ketchikan. Cela se fait par téléphone en indiquant le numéro de la « Cruising license ».

Et il suffit de passer deux ou trois semaines au Canada pour obtenir ensuite une nouvelle licence valable un an.

 

Au Canada, tout se fait par téléphone. Le numéro est indiqué en grand sur tous les pontons. Dans le sud, comme à Sidney, il y a même un téléphone dédié sur le quai.

Ravitaillement :

Eau et diesel dans pratiquement tous les ports. (Diesel à 4$ le gallon, soit environ 1 CHF le litre, excellente qualité) Attention, ne pas demander du gazoil mais du diesel. Aux USA l’essence se dit gas ou gasoline, et la confusion est possible, nous avons entendu quelques histoires !

Aux Aléoutiennes le diesel se trouve aux pontons des pêcheries, quais sur pilotis très hauts, amarrage parfois sportif.

Nourriture : Supermarchés partout. Nourriture américaine (on n’en dira pas plus), plus variée et « européanisée » en Colombie britannique.

Ports :

Au nord, de grandes marinas de pêche. Pontons flottants, eau et électricité à quai. Pas un voilier, que des bateaux de pêche, mais accueil excellent et prix très raisonnable (15 à 25$ plus 5$ d’électricité si souhaité, 110V). Sans compter que le voisin vous offre souvent un saumon.

 

Colombie britannique : Idem, avec quelquefois des pontons publics gratuits.

Ile de Vancouver et région de Vancouver, Seattle : marinas de plaisance. Les prix grimpent. 30 à 40$, plus électricité.

Dans tous les ports, contacter le harbormaster par VHF pour obtenir une place libre.

Et rappelons que les mouillages sont innombrables et gratuits !

Bilan bateau :

Une fois de plus, aucun problème sérieux avec Chamade. A part le problème de tête de vérin du pilote automatique réparé en mer de Béring, aucune avarie. Moteur, chauffage, électronique… tout fonctionne. On croise les doigts pour la suite. (on entretient aussi, il va sans dire…)

 

 

Enfin en guise de conclusion, signalons un dernier danger : l’addiction…

L’Alaskan Amber, c’est la bière locale.

 

 

L’essayer c’est l’adopter… et même plus !

 

Cool… Trop simple ?

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 Anacortes : Chantier Marine Servicenter  (48°30N / 122°36W)

 Et hop, chez Jim Rard, la mise à terre de Chamade se fait les mains dans les poches.

Sans stress

 

En toute décontraction

Et en quatre coups de cuillère à pot…

 

On est loin des affres de Nome…

Une installation moderne et professionnelle a du bon.

Avec juste un tout petit doute…

Est-ce que tout cela ne manque pas d’un peu de sel ?

Un extraterrestre sur l’arche de Noé

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En Alaska, chaque port avait son flic en faction sur les mâts des bateaux

Et souvent sa concierge, balayant sans relâche le fond de l’eau,  sous les pontons en dessous des coques  (spécialement des bateaux de pêche),  par peur de laisser traîner un poisson qui ferait désordre dans le paysage.

 

Puis, plus au sud, le flic du port a laissé courir un maraudeur, qui sous ses airs de dandy flegmatique est un fin bec et, dès qu’on  a le dos tourné, se sert furtivement dans le garde manger communautaire.

A la marina d’Anacortes, à deux kilomètres à peine d’un énorme terminal pétrolier qui crache de la fumée (blanche) 24h sur 24, nous pensions être tranquilles. Mais le havre de Jim nous a réservé quelques belles surprises. Si le flic a cédé sa place à des patrouilles volantes de cormorans, le maraudeur court toujours. Nous l’avons pris en flagrant délit sur le ponton de Chamade, le soir même de notre arrivée et on l’entend toujours  rôder entre les bateaux. Mais au moins, lui, il est discret. Pas comme les fêtards du ponton de fuel qui ont commencé à s’aboyer dessus pour prendre la meilleure place et à faire un chahut de tous les diables à peine la nuit tombée.  Cela a même failli finir en rixe. A 20 heures  ils étaient cinq et le matin il n’en restait plus que trois, avec visiblement la gueule de bois  (les effets des vapeurs de pétrole ?)

Mais la marina d’Anacortes, ce n’est pas seulement l’arche de Noé. C’est aussi  l’abri d’un extraterrestre japonais, débarqué dans sa drôle de machine avec toute sa famille.  La machine en question c’est « Clear Water 10», un X-Yacht de construction danoise, transformé en souk, avec des bidons partout et des pare-battages qui servent de balançoires à Satoné, Kanané et Shizuné, les trois filles de Eiji et Junko. Une famille formidable !

 

Pour réaliser son rêve de voyage et de liberté, Eiji a potassé des livres pour apprendre à naviguer. Il a acheté  « Clear Water 10 » d’occasion et a quitté le Japon il y a trois ans, avec ses quatre femmes. Cap sur l’Alaska dont il est tombé amoureux et où il a pu scolariser ses filles. Après avoir passé plusieurs mois à Kodiak, Eiji a navigué seul avec ses deux plus grandes filles de 11 et 9 ans jusqu’à Anacortes. Junko qui est enceinte et la petite Shizuné (5 ans) ont pris l’avion. Ne leur parlez pas d’un retour à Tokyo, après Fukushima. Trop de pollution, trop d’enfermements, trop de pression sociale. Eiji et Junko planifient surtout leur retour en Alaska, après la naissance du bébé. En attendant, ils apprennent l’anglais. Sayonara et à l’année prochaine.

And the winner is….

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Seattle ou Vancouver ?

Vancouver ou Seattle ? Impossible par ici d’échapper à la question : laquelle préférez-vous ?

Distantes de 200 km, les deux villes ont toujours rivalisé et ont joué un rôle clé dans le développement du nord-ouest du continent américain.

Seattle restera même éternellement liée à la légendaire ruée vers l’or du Klondike dont elle tirera profit pour devenir, aujourd’hui encore, la porte d’entrée de tout ce qui va en Alaska.

Donc après Vancouver, il était normal qu’on fasse un petit tour à Seattle. Pas en bateau puisque le port de la ville n’est guère accueillant pour les voiliers, mais avec le fringant coursier de la marina.

Alors que dire…

D’abord qu’elle est dynamique et à l’avant-garde technologique… Berceau de Boeing, de Microsoft, mais aussi de Starbucks (il y en a qui font 1/2 heure de queue pour entrer dans le premier Starbucks de l’histoire, ouvert en 1971 au 1912 Pike Place!)

Autre bon point… l’ambiance… pour autant qu’on puisse la saisir en si peu de temps…

Un côté relax, un peu bobo… un brin rebelle… un bon feeling.

Côté architecture… c’est plus clinquant, plus américain… plus gratte-ciel, mais sans l’harmonie du downtown de Vancouver.

 

Ville moins verte… on est loin des grands parcs de la ville canadienne… (C’est quand même à Vancouver que Greenpeace fut fondée)

Et surtout, Seattle est sacrifiée à la bagnole… Les autoroutes urbaines s’entremêlent, toute la zone du port, grandement rénovée, est encore dominée par un quatre voies sur deux étages… Bruit infernal qui couvre même la sirène des bateaux.

 

Alors…. The winner is…

Pour l’heure nous dirons Vancouver…

Pour l’heure, puisque le freeway sur étage de Seattle va disparaître d’ici 2 à 3 ans, lorsque la nouvelle autoroute en tunnel sera terminée. Le mur automobile tombera… la ville retrouvera sa mer…

La lutte avec Vancouver s’annonce serrée…

Tentations buissonnières

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Réveil cotonneux ce mercredi matin 26 septembre… et le cœur n’y est pas vraiment. Nous avons rendez-vous l’après-midi à la marina d’Anacortes, point final de l’aventure 2012.

Et tout semble faire de la résistance à bord de Chamade.

Dehors, le brouillard le plus total règne sur Picnic Cove, notre dernier mouillage de l’année.

Le petit-déjeuner traîne en longueur et la ouate refuse obstinément de se lever.

Pourtant mieux vaudrait ne pas trop tarder si l’on veut éviter les courants contraires (jusqu’à 3 nœuds) dans les quelques goulets encore à franchir dans les îles San Juan…

Voilà qui nous change de l’ambiance très « vacances » de ces derniers jours, puisque grand soleil et températures douces nous ont accompagnés depuis Vancouver.  Un saut de puce à Sidney pour y faire notre sortie du Canada (par téléphone une fois de plus), puis une petite escale à Friday Harbor pour l’entrée aux Etats-Unis.

Accueil encore très aimable des douanes américaines qui nous délivrent un permis provisoire pour gagner Anacortes, en nous disant qu’ils n’établiront la « Cruising licence » qu’au printemps prochain.

Mais ce matin, il faut bien y aller et tâcher d’empêcher Chamade de se laisser aller à la déprime… Il pourrait bien être tenté de se perdre dans les dédales des San Juan ou pire, de se jeter sous l’étrave d’un des ferries qui foncent toute sirène hurlante dans le brouillard.

Il est vrai qu’au détour du Guemes Channel, le paysage en arrière-plan d’Anacortes n’a rien de bucolique. Il y a juste à côté un terminal pétrolier et une immense raffinerie. Et de loin Anacortes ne semble être qu’un immense parking à bateau. (48°30N / 122°36W)

 

Mais à peine les amarres tournées à la  marina du Marine ServiCenter, l’accueil du patron, Jim Rard, nous fait tout oublier. Amoureux de la voile et des voiliers français, il possède un Jeanneau 49 avec lequel il a fait un tour du Pacifique en famille.

Voir son site de son voyage : http://www.rubyslippers49.com 

Et le site de son chantier: http://www.marinesc.com

Non content d’offrir des tarifs très intéressants (220$ par mois pour un stockage à terre et 220$ pour le travel lift) il nous donne immédiatement les clefs de la « courtesy car » dont nous pouvons disposer à notre guise… une petite américaine il va de soi !

 

Merci à  Maurice et Evelyne de Feng Shui (rencontrés à Suvarov en 1985 lors du tour du monde avec Chiloé ( !), et qui ont hiverné ici en 2009) de nous avoir conseillé ce lieu d’hivernage.

Vancou…verre, Vancou…vert, Vanc…ouvert

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Des lignes droites, verticales, horizontales, perpendiculaires qui se superposent, se recoupent, se reflètent les unes les autres, entre ciel et mer.

Des tours, des cubes, des bulles, des ellipses, des galbes, une architecture avant-gardiste, c’est Vancouver, la ville de verre

Partout des arbres sur le macadam.  Stanley Park où l’on se perd, à regarder les écureuils gambader et les cèdres imposants s’enrouler autour de leur troncs. Les plages et les promenades du bord de mer où l’on fait du jogging, du patin à roulette ou du vélo.  Le célèbre aquarium où les pingouins, les loutres et les bélougas se font les vecteurs du message écologiste des océanographes et des chercheurs, auprès du grand public. C’est Vancouver, la ville verte.

Vancou…verre et Vancou…vert, c’est le mariage réussi entre l’urbanité et l’écologie. Dans la crique de False Pass où nous avons jeté l’ancre, les kayaks, les planches de surf,  les dinghies, glissent entre les bateaux et les « aquabus » (version canadienne des vaporetti de Venise).

Certains  s’arrêtent devant les maisons flottantes (avec leur parking à bateau privé) qui jouxtent l’île de Gandville et son marché couvert, pour faire un brin de causette. D’autre s’éloignent vers les gratte-ciels, comme des lilliputiens au pied d’un jeu de lego géant et cristallin. Cool, récréatif, sur fond de business,  de commerces et d’économie plutôt prospère.

Vanc…ouvert  saine sportive et propre en ordre ne ferme pas pour autant la porte aux mendiants, aux marginaux, aux musiciens de rue qui vivent des trottoirs du downtown.  Elle est tolérante et intégrante.  C’est l’exemple d’un melting pot  apparemment épanoui. Depuis les années 80 la ville a ouvert les bras aux Asiatiques qui représentent désormais un pourcentage important de la population. Nous n’avons pas eu le temps d’aller visiter Chinatown (c’est au programme de l’année prochaine), mais peu importe. Les Asiatiques n’y sont de loin pas confinés. Ils se fondent dans un paysage humain bigarré dont l’unité se fait par la langue et le way of life.

Dernière surprise : le nombre de chiens. Il y en a partout et la devise des habitants semble être « jamais sans mon chien ». On fait du vélo avec son chien, son jogging avec son chien, ses courses avec son chien.

Bref à Vancou…vert, le chien est roi. Il a même droit à des parcs écologiquement et exclusivement conçu pour lui, pour qu’il puisse s’amuser en toute liberté en faisant ses besoins. « Enjoy », comme on dit ici.

Ce n’est qu’une première impression. Il a fallu repartir trop vite pour assurer l’hivernage de Chamade dans la Marina d’Anacortes. Vancouver mérite sans doute qu’on y revienne le printemps prochain.  Et nous y reviendrons.

Vancouver : la ville adolescente

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« Vancouver a incroyablement changé ces dix dernières années… »

Philippe Tortell est professeur à la British Columbia University, où il conduit des recherches sur les écosystèmes marins, particulièrement sur les effets de l’augmentation du CO2 dans le processus de photosynthèse du phytoplancton.

Débarqué à Vancouver il y a une dizaine d’année il jette un œil à la fois émerveillé et critique sur le développement de la ville et de sa région.

« C’est une ville adolescente… elle est encore à la recherche de son identité, mais avec ce dynamisme, cet esprit positif de la jeunesse. Elle croit en son avenir, elle veut aller de l’avant, même si parfois cela est désordonné… Et s’il n’y a pas ici la richesse culturelle d’une ville comme Montréal ou Toronto, la nature y est vraiment magnifique.»

 

Il est vrai que la ville de développe à toute vitesse, tout en offrant un cadre de vie très agréable et très « nature oriented ». La verdure est omniprésente, même au cœur de Downtown. Et chose remarquable, les bords de mer sont accessibles aux piétons. Une succession de parcs verdoyants, de pistes cyclables et de chemin piétonniers. Alors que dans tant de villes les bords de l’eau sont abandonnés à l’automobile, saccagés par les voies rapides ou entièrement privatisés. Ici tout est accessible à tous. Une oasis de calme.

Bien sûr, tout n’est pas idyllique dans la région. Il suffit de parcourir les côtes pour mesurer l’ampleur du « logging », de la déforestation massive. Ici, comme dans toute une partie de l’Alaska, la culture de la prédation est encore dominante. On ne produit rien… on prend : du bois, du poisson, du minerai… On prend et on vend. Vancouver, ville adolescente… Canada, pays adolescent aussi sans doute.

 

En raccompagnant Philippe à sa voiture je récupère les news sur internet : Neuchâtel vient de refuser le Transrun pour 392 voix… Un vrai projet d’avenir, essentiel au développement de toute une région, balayé en toute frilosité…

Je montre la new à Philippe. « Vancouver, adolescent city »… oui peut-être…

Mais en Suisse désormais… c’est  plutôt « Swiss cities, pensionner cities »

L’été indien :

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C’est une spécialité de la côte est de l’Amérique, mais cela cadre parfaitement avec ce que nous vivons depuis plus de 10 jours. Beau et chaud. Ciel bleu, des températures qui flirtent avec les 20 degrés, de l’eau qui se réchauffe… le programme du bord devient balnéaire. La baignade, certes vivifiante, est devenue quotidienne.

Elle est même délicieuse dans ce lac qui domine le mouillage de Teakerne.

Nous sommes décidemment bien loin des douches d’un autre genre vécues en Alaska. Mais le contrepoint…c’est l’absence de vent. Une fois de plus. Pas un souffle depuis Port Hardy. 2 jours de 20 à 25 nœuds à peine perçus lorsque nous étions noyés au fond des dédales du Johnstone Strait, et pour le reste, calme plat. Plat de chez plat, avec des « rafales » atteignant parfois les 6 nœuds !

C’est donc au moteur, toujours au moteur que nous avons rejoint Vancouver.

Une arrivée magique, la ville apparaissant peu à peu dans la brume…

Cargo, gratte-ciel… le retour à la civilisation… Chamade 2012 touche vraiment à sa fin…

Une courte escale aux pontons de Granville Market nous laisse soûlés de bruit et de foule…

Mais l’étonnant mouillage libre de False Creek au cœur de la ville offre un sas de transition bienvenu aux « sauvages » que nous sommes devenus.

Coupez le courant, c’est assez gratiné !

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Passer derrière l’île de Vancouver, c’est se glisser au travers d’une multitude de canaux et de passages étroits. Vous y ajoutez près de 5 mètres de marnage et vous obtenez des courants de marées plutôt ahurissants. Le flot qui s’engouffre par le nord de l’île se concentre en quelques passages qui sont un vrai défi pour les marins.

La simple lecture des tables de marées vous montrent que ça va être plutôt gratiné.

Seymour Narrows, le passage le plus large et emprunté par les gros navires : 16 nœuds !

Dent Passage, Gillard Passage ou Arran Rapids : respectivement 11, 13 et 14 nœuds !

Et les étales ne durent que quelques minutes.

Les photos vues d’avion qui figurent dans notre guide de croisière montrent de vrais rapides dignes du Colorado. Heureusement, les tables officielles donnent exactement les heures de renverse et la force maximum des courants.

Nous choisirons finalement  l’Okisollo Channel et  le Hall in the Wall, non pas pour leurs courants plus faibles (11 et 12 nœuds) mais pour leurs paysages plus spectaculaires et leur position juste au milieu de l’archipel des Discovery Islands.

Et comme il faut encore se caler sur le Wellbore Channel et son évocateur Whirlpool Rapids lors de la même étape, il ne faut pas se tromper d’heure au moment de fixer le moment du passage. Nous passons ces derniers juste à l’étale et nous ne sommes pas les seuls, puisqu’un loup en profite pour traverser à la nage entre les 2 îles.

4 heures plus tard c’est l’arrivée à l’Okisollo, un peu plus d’une heure avant la renverse. Le courant est encore de 6 nœuds et les remous spectaculaires, mais finalement sans danger.

C’est même plutôt amusant et comme le temps est au calme plat  nous décidons le lendemain matin de passer le Hole in the Wall une heure après la renverse, histoire de « s’amuser » encore un peu. D’autant plus que les tables ne prévoient que 4,5 nœuds à ce moment-là.

Mais le passage est bien plus étroit et au milieu du goulet règne un étrange remous. Comme si l’eau bondissait du fond pour se séparer en deux immenses rouleaux portant vers chaque rive !

Bien plus chaud que prévu. Les gaz à fond pour rester manœuvrant, on est littéralement happé dans le passage, Chamade zigzagant dans tous les sens. Plus impressionnant sans doute que réellement dangereux, mais je me dis qu’il ne faudrait pas s’y aventurer 2 heures plus tard au plus fort du courant.

Et faut-il préciser que dans ces passages, mieux vaut éviter de se trouver vent contre courant. Quand il souffle à 25 nœuds comme cela arrive assez souvent dans le Johnstone Strait, cela peut vite devenir vraiment dangereux.

A noter encore, qu’en 1958, pour faire disparaître une roche sous-marine au milieu des Seymours narrows, les Canadiens n’avaient pas hésité à creuser un tunnel sous marin et à forer un puit vertical pour y concentrer 1400 tonnes d’explosif. Ce fur la plus forte explosion non-atomique jamais réalisée sur la terre.

 P.S : Pour rendre à César ce qui est à… signalons que le titre de cet article est un petit plagiat d’un excellent article de « Voiles et Voiliers » des années 70 signé ( ?) Alain Grée ou Daniel Allisy, sur la navigation dans le chenal du Four au large de Brest. (« Coupez le courant dans le four, c’est assez gratiné ! »)

Et encore:

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