Archive for the ‘ Antarctique 2013 ’ Category

Antarctique 2013: le film!

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Comme promis voici le film de cette expédition ski-voile « Chamade 2013″ en Antarctique.
Il retrace les grands moments de cette aventure exceptionnelle vécue à bord de Podorange.
Voici donc 20 minutes de rêve en Antarctique…

Et un grand merci à l’équipage de PODORANGE (Brice, Corinne et John) qui nous a permis la réalisation de 10 sommets à ski durant ce mois passé à leur bord, là-bas, du Cap Horn jusqu’en Péninsule Antarctique.

Tempête au Cap Horn: la video

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A 100 milles au sud du Cap Horn, le vent est peu à peu mais sûrement monté…

Podorange taille sa route au près sous trinquette et grand-voile au 4ème ris.

Malgré l’aplatissement inévitable des vagues par la vidéo, un moment inoubliable à partager

 

Et prochainement le film de toute l’expédition. A suivre donc!

50 noeuds!

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Dimanche 22 décembre: Puerto Toro, « Poblado mas austral del mundo ».

La météo est décidément peu prévisible par ici et c’est donc finalement par une dernière journée que nous qualifierons de « musclée » que Podorange a regagné les abris cachés derrière le Cap Horn. Depuis le dernier mail, le vent est lentement mais sûrement monté… 15, 20 puis 25 noeuds… bientôt 30, 35… prise du troisième ris… et ça continue… 40 noeuds… on passe au 4ème ris…

Alors que le vent hurle dans les haubans… (ne parle-t-on pas des « Cinquantièmes hurlants »)et que la mer grossit, ça monte encore… les 45 noeuds sont établis, 50 dans les rafales et pas question de fuir devant la mer. Le Cap Horn c’est droit devant, à 100 milles et au près. Commence alors une partie de montagnes russes, de sauts de vagues (on les estime à 6-8 mètres) et de paquets de mer dans la gueule! A la barre c’est juste jouissif… il faut barrer à la lame, lofer dans la montée de la montagne, puis un coup d’abattée au sommet avant de replonger dans le gouffre qui fait suite… Ca c’est quand tout se passe bien, mais parfois on a un temps de retard, ou la vague se met à déferler et le choc est violent…

A l’intérieur, c’est un fantastique « luna park », et cette nouvelle attraction, quoique inégalée, est diversement appréciée! Bref, lorsque la masse noire du Cap Horn approche et que peu après l’avoir doublé on retrouve le calme, l’eau plate et un bateau stable, personne ne regrette rien. Bref un Horn d’anthologie, un souvenir inoubliable, surtout avec un bateau et une équipe de marins qui assurent, c’est le moins qu’on puisse dire! Mais on apprécie cette courte escale au ponton de Puerto Toro. Cet après-midi nous serons à Puerto Williams pour les formalités de sortie du Chili, et lundi après-midi à Ushuaia. L’aventure antarctique est terminée, elle fut fantastique… elle laissera des souvenirs incroyables.. que ce soit en montagne ou en mer… Juste ce qu’on espérait… Nous sommes comblés.

 

Combien au Horn? Dernier suspens

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Vendredi 20.12: 58°16′S / 67°33′W.

Nous sommes à une centaine de milles du Cap Horn que nous devrions doubler demain en fin de journée. Et la question, c’est: combien de vent au Horn. Il y a 36 heures on nous prédisait 40 noeuds au près serré, ce matin 20 à 25 noeuds au travers et ce soir le dernier grib (fichier météo) annonce une trentaine de noeuds au près. Pas le cataclysme pour une bateau comme Podorange, mais ça promet quand même une belle mer et quelques beaux sauts dans les vagues.

Ces deux dernières heures, rien, très peu de vent et nous remontons au moteur. Nous avons profité de ce temps calme pour prendre déjà 2 ris préventifs en vue de la suite, et un rayon de soleil a permis de sécher les cirés bien mouillés après une matinée fort pluvieuse.

Par contre il fait nettement moins froid. Nous avons passé la fameuse convergence et l’eau de mer est à nouveau à 8°C. Bref, tout baigne et d’ici dimanche matin nous serons à Puerto Williams et sans doute lundi à Ushuaia. Juste à temps pour l’avion de mardi, et juste à temps pour voir Stéphane (le fils de Marc en stage au Chili) qui fait un saut au bout du monde depuis Santiago. On s’en réjouit. A suivre…

Un Drake en père peinard!

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60°45′S / 65°43′W: Au tiers du Drake et tout va bien.

L’air commence même un tout petit peu à se réchauffer après 24 heures de mer plutôt caillante!

Mais du côté du vent c’est assez tranquille, juste entre 15 et 20 noeuds, d’abord d’ouest puis d’est et enfin à nouveau d’ouest. Le bateau marche ainsi à 7-8 noeuds et taille sa route relativement confortablement, au petit largue. Seule une assez grosse houle de nord-ouest fait parfois valser Podorange, et quelques estomacs sont un peu « rebouillés ». Dehors on a retrouvé les damiers du Cap, les pétrels et les albatros.

Mais pas encore en grande quantité. Cela devrait augmenter vers la convergence que nous devrions atteindre d’ici demain. Les quarts se succèdent, la routine est installée, on alterne la bannette, la lecture, le dodo et les quarts de barre. Bref… fasse que ça continue!

 

L’adieu aux glaces!

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Mercredi 18.12: A 50 milles a large de la Péninsule Antarctique.

Pour l’heure les pronostics de Brice s’avèrent exacts. La mer est peu agitée, une faible mais longue houle berce Podorange qui a quitté l’Antarctique sous le coup de midi. Le temps de le mettre en configuration « haute mer » (pliage du dinghy, fixation de l’ancre, rangement des soutes…)

Et c’est sous un ciel gris, par une petite brise d’ouest d’une quinzaine de noeuds que nous prenons congé de cette fabuleuse Péninsule. Pour toute l’équipe c’est « l’adieu aux glaces ». Devant, sous un ciel gris, l’océan à l’infini, alors que derrière une dernière bande de glace immaculée est encore visible juste sous les nuages.

L’allure est confortable, la routine des quarts reprend, mais toujours bien emmitouflés dans les 3 à 4 couches de vêtements nécessaires pour passer agréablement 2 heures immobiles dans le vent encore glacé pour un ou deux jours. Cela devrait se réchauffer un tout petit peu demain après-midi, une fois franchie la fameuse convergence, entre les eaux glacées du Pôle et celles un peu plus chaudes de l’océan. Côté prévisions météo, cela devrait rester plutôt peinard, avec des vents allant en se renforçant d’ici 2 jours, pour souffler à 20 – 25 noeuds, juste ce qu’il faut pour ce grand voilier qu’est Podorange. Mais ça, ce ne sont que prévisions… et on ne va pas vendre la peau de l’ours… A suivre donc…

La moustache du diable!

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Archipel de Melchior, mardi 17 décembre:

Il était écrit que l’Antarctique ne nous lâcherait pas comme ça. Hier soir, lundi, sous le coup de 20 heures nous quittions la base ukrainienne de Vernadsky, pour profiter de la trace de Polar Pioneer (un bateau russe transportant 80 passagers) à travers le détroit de Lemaire. Et tout se passa comme prévu, sauf qu’un peu plus loin, prenant la route du chenal Pelletier, nous nous trouvions bloqués par des plaques de banquise dérivantes.

Au départ, quelques difficultés, mais très vite une vraie impossibilité. Poussées par les courants, les plaques de banquise deviennent envahissantes et bloquent totalement Podorange. Pendant près de 4 heures la bataille sera rude, pour ne rien gagner au final.

Un surplace oppressant, belle illustration de ce qu’on peut lire dans les récits des pionniers du 19 siècle, se faisant immobiliser et broyer par les glaces. Heureusement, il n’y a pas de vent et donc pas de pression, et au gré du changement de marée, une brèche se forme nous permettant peu à peu de nous échapper en direction du détroit de Gerlache. Comment vous décrire l’ambiance du bord, sinon par un silence pesant, fruit de la tension grandissante. Que le vent se lève, que les glaces commencent à danser et les ennuis peuvent arriver très vite. Comment un safran (gouvernail) pourrait-il résister à pareille danse du diable?

 

Mais heureusement, finalement l’ouverture se produit, et bataillant entre les blocs de glace, Podorange retrouve l’eau libre pour rejoindre l’archipel de Melchior, blotti entre les îles d’Anvers et de Brabant. Un dernier mouillage incroyable, au pied d’une falaise de glace. Le capitaine est détendu: « On a vu les moustaches du diable » déclare-t-il laconique, mais souriant. La dernière nuit s’annonce calme et reposante, demain ce sera donc le départ pour le Drake et le Horn, dans 3 à 4 jours. Un Drake clément selon Brice, le skipper…. A vérifier sur le terrain dès demain matin.

Un dernier pour la route!

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Lundi 16 décembre: Base Vernadsky, 65°15′ sud.

Cette fois-ci il faut se faire une raison, c’est la dernière sortie à ski de ce séjour antarctique. Et dès 7 heures du matin nous sommes en route pour tenter une dépose vers le Mont Scott. Mais à marée haute et au milieu de toute cette banquise, on est obligé d’admettre que le débarquement sera impossible. Et impossible aussi de rejoindre le point d’attaque du Mont Demaria, bloqué par la banquise. On finit par se rabattre sur l’île Hogward, et son sommet de glace culminant à 300 mètres d’altitude. Le maximum atteignable d’ailleurs sans plonger dans les nuages qui recouvre toute la baie, alors que les météorologues de Vernadsky nous avaient prédit le grand soleil. Il est vrai que le temps est particulièrement imprévisible par ici. Et peu importe finalement puisque ce modeste sommet nous offre une vue magnifique sur la banquise qui s’étend à perte de vue du côté de l’océan.

Voilà qui ne devrait pas faciliter le retour! Et en forme de cerise sur le gâteau, la descente nous offre même quelques virages dans la poudreuse. Que voilà une magnifique conclusion à ces quinze jours de ski en Antarctique où grâce à une météo exceptionnelle, nous aurons pu finalement gravir 10 sommets. Largement plus qu’on aurait jamais pu espérer. Reste maintenant à rentrer et les conditions de glace ne s’arrangent pas. Au vu des échappatoires possibles du petit piège que sont devenues les îles Argentine, le skipper décide de profiter du passage d’un petit navire de croisière russe pour se glisser derrière et remonter le détroit de Lemaire bien encombré de glace.

Au moment d’envoyer ces quelques lignes, il est minuit et nous ne savons toujours part par où continuer notre remontée vers le nord. Peut-être irons-nous jusqu’à l’archipel de Melchior, entre les îles d’Anvers et de Brabant avant de filer mercredi en direction du Cap Horn. Mais ça, c’est encore de la musique d’avenir.

Notre Pôle sud!

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Dimanche 15 décembre: A la station de recherche de Vernadsky: 65°15′S/64°15W.

Hier en quittant Port Lockroy le temps était au gris, mais au calme. Objectif de la journée, rejoindre la station de recherche ukrainienne de Vernadsky en passant par le détroit de Lemaire. Un chenal étroit coincé entre les montagnes Où les glaciers tombent dans la mer. Un passage surnommé « Kodack valley » par les responsables des Cruises ships. mais de Lemaire il n’y aura point. La glace encore omni-présente empêche tout passage. Qu’à cela ne tienne, Brice décide de tenter le passage par l’extérieur, en traversant une zone indiquée comme « non surveyed », non cartographiée. C’est donc prudemment que nous avançons au milieu d’un chapelet d’îlots. Et la glace est aussi au rendez-vous, mais Podorange n’en a cure et pousse, parfois violemment, la banquise fragmentée qui règne par ici. Cela prendra toute la journée pour arriver dans l’archipel des Iles Argentines, là où est installée la base ukrainienne.

A l’origine une base britannique appelée Faraday mais vendue pour une livre symbolique à l’Ukraine qui continue les recherches entamées par les Britanniques, notamment sur la mesure du fameux trou d’ozone. L’accueil des chercheurs est plus que chaleureux et bien vite nous sommes invités à passer la soirée au bar de la station et à déguster leur vodka fabriquée sur place. Seul « problème », un seul des 12 membres de la station par le l’anglais et les contacts sont donc limités par le langage des mains. Mais les sourires parlent aussi abondamment. Et ce dimanche, il était prévu de visiter la station.. mais voilà que deux cruise ships arrivent et débarquent plus de 320 passagers. Le personnel de la station est sur-occupé et nos préférons rester un peu à l’écart, nous contentons d’une belle ballade sur les îles de l’archipel, reliées encore entre-elles par la banquise. Le grand beau est revenu et le paysage est magique. A perte de vue ce n’est que des icebergs coincés dans la banquise, avec en toile de fond les sommets de la Péninsule. Ce n’est qu’à 6 heures du soir, le calme revenu, que nous sommes invités à prendre une sauna. Nous serons 4 volontaires pour accompagner nos amis ukrainiens dans leur petite baraque de bois où une minuscule sauna chauffée à 120° nous attend, avant de plonger ensuite directement dans la mer à 0°C! Vivifiant!

Le temps d’un dernier verre de vodka au bar et retour au bateau amarré à la banquise. Demain le beau est annoncé et nous devrions achever notre programme de ski par un dernier sommet, le Mont Scott ou le Pic Demaria, à choisir en fonction de la banquise subsistant devant les points de débarquement. A savourer avant que, sans doute, mardi, nous repartions vers le nord pour la traversée du Drake! Vernadsky, à 65°15′ de latitude sud, vu l’état de la banquise…ce sera donc notre Pôle sud à nous!

Helen, Sarah et les autres

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Elles sont quatre. Quatre jeunes femmes qui nous accueillent à l’entrée de ce qui fut le bâtiment principal de la base britannique de Port Lockroy.

Elles ont été choisies parmi 200 candidats, tous volontaires, pour aller passer quatre mois dans la Péninsule Antarctique, à mille mille du continent, sans eau courante, sans électricité. Leur mission, la maintenance du petit musée de la base et la gestion du magasin de souvenirs qui fait aussi office de bureau postal. C’est ainsi que l’Antarctic Heritage Trust(une fondation britannique) peut financer la restauration et la survivance des anciennes stations de sa Majesté. Helen, la cheffe du groupe est écossaise.

C’est sa deuxième année à la base, mais pour les autres, dont Sarah (une jeune anglo-bretonne)qui parle français, c’est une première expérience. Il fait froid, très froid à Port Lockroy, dont la baie, à notre arrivée (le 11 décembre) est toujours prise par la banquise. Elle n’ont pour se chauffer qu’un petit poêle au propane dans le petit bâtiment de bois en forme d’igloo qui est devenu leur lieu de vie et de repos,une fois le travail terminé. Rien en revanche dans le musée qui raconte la vie des hommes qui de 1945 à 1962 se sont relayés tous les deux ans dans ce bâtiment. Sarah nous guide en doudoune. Elle s’occupe aussi du comptage des colonies de manchots qui entourent la base. Elle a dénombré quelque 500 couples (qui reviennent chaque année nicher dans le même nid)et presque le double d’oeufs qui devraient éclore bientôt, si les labbes leur prêtent vie. Dans la grande solitude du site, les oiseaux et les manchots font compagnie aux quatre jeunes femmes. Entre les coups de feu provoqués par l’arrivée d’un bateau de croisière qui déverse dans la boutique des centaines de touristes. Hier il en est arrivé deux (qui ont enfin pu franchir les barrières de glace), dont un a apporté 200 caisses de stocks pour le magasin. Au staff de transporter la précieuse cargaison. Cette fois elles ont ou compter sur les bras de tout l’équipage de Podorange, qui s’est retrouvé le soir dans l’igloo de bois pour trinquer à l’amitié et à la solidarité des gens de l’Antarctique.

Et encore:

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