Archive for the ‘ Japon 2015 ’ Category

Ishigaki : la presse ne connait pas la crise

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Nous avions lu que la presse écrite japonaise ne connaît pas la crise…

Nous avons pu le vérifier !

Tout commence par la rencontre avec Yuri à l’office du tourisme. Son mari, Kiyohisa est journaliste au Yaeyama Mainichi Shimbum, l’un des deux quotidiens d’Ishigaki. De tendance libérale, il tire à 16’000 exemplaires alors que son concurrent conservateur ne dépasse pas les 6000 exemplaires. Soit au total 22’000 exemplaires pour une population de 50’000 habitants : de quoi faire rêver les éditeurs européens !

Et ces journaux sont lus, comme nous avons pu nous en rendre compte…

Mardi, Kiyohisa est venu nous interviewer et, passionné par l’aventure de Chamade, il convaincu son rédacteur en chef de nous consacrer la une de la page régionale.

Et depuis, c’est tout juste si on ne met pas nos lunettes noires pour sortir en ville.

Que ce soit au Café Taniwha, le rendez-vous des yachties de passage en mars-avril, mais bien déserté en ce creux de décembre…

Kuri San et Fusa San, anciens yachties et tenanciers du Café Taniwha

Au restaurant où nous emmènent Yuri et Kiyo…

Au musée d’art « Nie »

Au Nie Art Museum

 

A Kabira Bay où l’on s’arrête pour manger un bol de Soba

Partout, à peine entrés que nous sommes accueillis par un « Yoto… yoto ! » exclamatif… (voilier !)

Partout il faut poser pour la photo souvenir, partout on nous reçoit comme des VIP !

Même aux douanes et à l’Immigration où nous avons été faire notre « Clearance » (notre sortie, anticipée vu qu’on part un dimanche), partout on nous montre l’article du Yaeyama Mainichi, et les démarches sont réglées en un tournemain.

Et le plus fier c’est Kiyo lui-même. Ce n’est pas tous les jours, nous dit-il, qu’il a un retour aussi spectaculaire et gratifiant sur son travail !

Mais le plus comique, c’est que nous ne savons toujours pas ce qu’il a écrit dans son article… Faut-il rappeler qu’ici nous sommes juste des VIP analphabètes.

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S’il est une particularité japonaise, c’est bien l’excellente santé de sa presse quotidienne. Les tirages des grands quotidiens de Tokyo se comptent par millions et les Japonais sont très friands de presse écrite. Ainsi à Ishigaki, beaucoup n’hésitent pas à acheter les 2 quotidiens pourtant fort différents en matière de ligne éditoriale.

La clé de l’énigme, nous l’avons trouvée dans l’excellent bouquin de la journaliste Karyn Poupée intitulé « les Japonais » et publié chez Tallandier. Selon cette journaliste française qui vit depuis de longues années au Japon, comme la culture japonaise pousse à éviter tous les sujets de discorde pour favoriser l’harmonie, il est très rare que les Japonais expriment leur opinion. Ils délèguent en quelque sorte aux journalistes la fonction d’exprimer une opinion ou une critique.

Débattre et d’affirmer sa position par délégation : encore un des mystères du Japon.

Yuri, un rayon de soleil à Ishigaki

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(Par Sylvie)

Sale temps sur l’archipel des Yaeyama. Depuis notre arrivée à Ishigaki, c’est la tempête. Ciel bas , trombes d’eau, vent à décorner les cocus ( 35 noeuds) et températures hivernales (pour ici!) : entre 15 et 20 degrés. Le ponton flottant où nous sommes amarrés dégouline. Chamade aussi. Et la basse pression du baromètre déteint sur le moral. Il va falloir attendre au moins une semaine dans cette station balnéaire déserte, sans charme ni âme.

Car ce qui fait la réputation touristique de Ishigaki, c’est son environnement corallien, ses plages de sable, ses vagues bonnes à surfer. Bref c’est une destination à vivre sur et sous l’eau, plus qu’en ville. Mais  pour nous, pas question de plonger, ni de faire du snorkeling, ni même d’aller voir à quoi ressemblent les environs.

Notre séjour semble définitivement plombé par une météo alaskienne. Enfin, c’est ce que nous croyons, avant de croiser Yuri.

Le hasard l’a mis sur notre chemin, au terminal des ferries où elle travaille dans une agence d’informations touristiques. Nous cherchions le bureau des autorités maritimes, nous l’avons abordée. Elle nous a répondu dans un anglais parfait et tout s’est très vite enchaîné: les discussions,  la demande d’interview que son mari Kiyohisa nous a faite par son intermédiaire, leurs visites à bord, leur invitation à partager un excellent okonomiyaki dans une taverne du coin.

Yuri et Kiyohisa

 

Yuri vient de Fukuoka. Elle a étudié l’anglais en Australie. Elle a été monitrice de plongée sous- marine, avant de bifurquer vers le desk d’une agence touristique. Kiyohisa, lui, est originaire de Nagoya. Après des études en génie civil il a bifurqué dans le journalisme à Ishigaki. C’est un passionné d’ornitologie. Comme Yuri, il a fui la ville pour un environnement plus proche de la nature. Ils se sont mariés en septembre dernier.

Chaque jour, nos nouveaux amis se sont efforcés de nous montrer leur île sous un autre jour : A la galerie Nei, ils nous ont fait découvrir les oeuvres fines et colorées de cette artiste disparue en 2005. Nei fut une des rares artistes contemporaines à peindre des litographies de paysages des îles du Pacifique (l’archipel des Yaeyama, Tahiti, les Fidi, Bali) en utilisant la technique du Yuzen. Une technique de peinture sur soie, datant de la période Edo.

Mori San, le directeur de la galerie et sa collaboratrice Tomo-chan ( peintre sur soie),nous ont accueillis comme des papes en nous couvrant de cadeaux et en nous faisant déguster un délicieux thé à la citronelle. Et là, je fais une parenthèse nécessaire : au Japon, impossible de se montrer curieux d’un objet ou d’un produit quelconque sans qu’on vous l’offre instantanément. Surtout ne vous vous extasiez  jamais devant un tableau ou un bibelot, dans la demeure d’un Japonais, vous repartirez avec, très gêné !

Après les artistes, les singes. Oui, des mignons petits ouistitis qui nous ont offert beaucoup de papouilles (intéressées,vu que nous avions dans la main un peu de leur nourriture).

Yuri et Kiyohisa voulaient les photographier pour leur carte de voeux 2016, année du singe au Japon, comme en Chine. Et ils nous ont embarqué dans leurs singeries au village traditionnel de Yaima.

Aujourd’hui enfin, la pluie et le vent commencent à se calmer. Mais  finalement on s’en fiche : avec Yuri, nous avons trouvé le  rayon de soleil qui nous manquait à Ishigaki. Et puis dimanche il devrait faire beau…excellente nouvelle pour un départ vers Taiwan.

 

Les îles Kerama : Prozac pour un début d’hiver

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Le vent qui hurle dans les haubans depuis quatre heures, les coups de gîte sous les rafales, la pluie qui s’écrase contre les hublots… nous voilà une fois de plus au cœur d’une dépression, la troisième en 10 jours.

Chamade est bien à l’abri au fond du port de Zamami et l’équipage prend son mal en patience… blog, lecture, news sur Internet… mais avec l’élection de l’UDC Parmelin suivie quasi en direct (on ne se refait pas !), y’a de quoi plomber encore plus l’ambiance…

Et comme les gribs annoncent jusqu’à 45-50 nœuds de sud, on a mis Chamade en configuration « tempête ». Les amarres sont doublées, les panneaux solaires démontés, le bimini replié , les enrouleurs assurés et la grand-voile saucissonnée. On en profite d’ailleurs pour faire des travaux de couture sur le « lazy jack » (la housse de protection de la grand-voile).

Voilà pour l’ambiance du jour dans cet archipel proche d’Okinawa, où les tourments de la mousson d’hiver nous bloquent une fois de plus : 3 dépressions, 4 jours de beau mais avec plus de 30 nœuds de NW et deux fois un jour de calme, voilà pour la quinzaine écoulée.

Mais nous avons bien fait de profiter d’un jour d’accalmie pour quitter Okinawa et parcourir les 20 milles nous séparant des Kerama, puisque l’archipel est nettement plus efficace que le Prozac pour lutter contre la (et les) dépression(s).

Eau cristalline, plage de sable blanc…  et le vent qui n’empêche pas les virées à vélo

Y’a pire lieu pour attendre.

P.S : Vendredi 12, 10h du matin. La météo prévoit 20 nœuds de nord pour les prochaine 36 heures. On va en profiter. Départ cet après-midi, même s’il y aura encore pas mal de mer.

Re P.S: Nous sommes arrivés à Hishigaki ce dimanche à 3h du matin. Temps couvert, de la pluie, une mer (comme attendu) assez chaotique, surtout au début, mais un vent portant stable de 20 à 25 noeuds. Une traversée pas très confortable mais assez tranquille au final. Au vu des prévisions, avec notamment un nouveau cyclone sur les Philippines (Melor, le n° 28 de l’année!) nous allons sans doute « buller » une bonne semaine par ici. L’abri est bon, l’île semble très jolie mais le temps devrait rester au gris et à un peu de pluie toute la semaine.

Et nous avons retrouvé un wifi correct qui nous permet de terminer la mise en ligne de cet article après la panne soudaine du wifi des Kerama.

L’Ave Maria d’Okinawa

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Nous avons retrouvé Okinawa, toujours aussi bigarrée, en plein fièvre de Noël. Dans le centre commercial de Ginowan, l’Ave Maria  de Schubert (version synthétisée), dispute à Jingle bell, la première place au hit parade des musiquettes qui tournent en boucle dans la cacophonie ambiante.  Ca brille de partout, les sapins étoilés, les pères Noël, les bonbons, les jouets , les cartes de voeux débordent des boutiques, et partout on nous souhaite « Merry Christmas ».

Ce n’est pas que le très shintoïste Japon vire au catholicisme. Mais ici, Christmas, c’est comme Halloween. Rien à voir avec  une quelconque ferveur religieuse. Toutes les occasions sont bonnes pour célébrer le dieu Consommation.

Nous nous contentons de dévaliser la boulangerie française du coin, en partageant nos baguettes croquantes avec Patrice ( dit Pataud) et son fils Kairen (10 ans) qui vivent entre hommes, dans la marina, sur leur voilier de 12 mètres.  Patrice, navigateur émérite, convoie des bateaux aux quatre coins du monde. Autant dire que la mer, il  la connaît bien. A la fois Suisse et Alsacien, il peut vous raconter ses innombrables aventures  marines -et terrestres- en français, en anglais, en allemand, en hollandais et même en japonais.

Comme nous ne sommes pas à la fête avec la météo, nous partons  en voiture à la découverte de l’île d’Okinawa dont on nous avait vanté les beautés, en dehors de la ville. Mais bon. Bof ! Pour ne pas dire davantage. Sur le trio des îles Henza Miyagi et Ikai (reliées à Okinawa par un pont), les  eaux turquoises et la barrière de corail nous rappellent tout de même que nous ne sommes plus qu’à 26° au nord de l’équateur.

Et quand du haut des ruines du château de Katsuren (XVème siècle) nous scrutons la haute mer, il nous prend l’envie de prendre le large, au plus vite.

Mais le plus vite, ce n’est pas encore demain. Ne nous reste plus qu’à aller nous abriter dans le vieux marché couvert d’Okinawa. C’est dans ce souk que nous trouverons de quoi exorciser les caprices du temps. Faute de prier la Sainte Vierge.

 

Mer de Chine : pas si câline !

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3 jours verts… 3 jours rouges… depuis quelques semaines la couleur des fichiers grib (carte météo) alterne 2 fois par semaine. La mousson d’hiver est désormais installée sur la mer de Chine. Il faut donc bien faire avec.

Il est vrai qu’au moment de préparer le programme automne-hiver de Chamade, il était bien difficile de se faire une réelle idée des conditions météo qu’on allait rencontrer sur cette route qui doit nous mener vers les Philippines. Il y a bien les « pilots charts » (cartes donnant les vents moyens d’une zone d’océan, mois par mois) mais il ne s’agit que de statistiques. Les « pilots charts » de la mer de Chine indiquent une fréquence de coup de vent de l’ordre de 2 à 3%, soit l’équivalent de ce qu’elles indiquent sur les côtes de Bretagne en plein hiver. C’est donc « relativement » beaucoup. Mais qu’en déduire ? Pas facile de trouver des témoignages de navigateurs… Que déjà à la haute saison (mars-juin) ils ne sont pas nombreux, mais là en novembre-décembre… il n’y a personne. Ou presque. Eric, le Suisse de « Compay », actuellement à Taïwan, a déjà fait plusieurs fois l’aller-retour Philippines-Japon. Son mail nous parle d’une alternance de plusieurs jours de vent fort de nord-ouest et de vent de nord-est plus modéré voire faible. Et c’est bien ce que l’on constate depuis 3 semaines.

Le responsable : l’anticyclone chinois qui se forme en plein hiver sur le continent. C’est lui qui commande la mousson de nord-est qui va souffler sur tout l’Asie du sud-est. Associé au passage de petites dépressions sur le nord de la mer de Chine, les « hyperventilations » de cet anticyclone provoquent régulièrement des accélérations plutôt marquées sur la région. 30 à 35 nœuds de nord-ouest avec des vagues de 4 à 5 mètres : c’est une situation qui semble revenir presque chaque semaine. Il va falloir naviguer par saut de puce durant les périodes de tranquillité relative. Et trouver des ports bien abrités pour laisser passer les crises. De préférences sur les côtes sud des îles. Dernière composante dont il faut encore tenir compte : les typhons. Ils deviennent rares à cette saison, mais le dernier (le n°27 de l’été 2015 !) vient de se terminer au large du Japon. 110 nœuds établis, rafales à 150, vagues de 10-12m, c’est du solide ! Il a beau être passé à 600 milles à l’est (près de 1000 km) la longue houle qu’il lève est venue jusque dans l’archipel. Entre 2 et 4 mètres de houle de sud-est, interférant avec les vagues de NW, de quoi créer un peu d’anarchie !

Et l’autre jour, en arrivant à China, au moteur, dans le dévent de l’île, la houle de 2 mètres se soulevait juste à l’entrée du port, limite déferlante ! Entrée finalement sans problème après un moment d’hésitation. Mais il ne faudrait pas tenter l’expérience avec une houle de 4 mètres !

D’autant qu’à l’intérieur du port, même si nous avons pu cette fois-ci nous amarrer dans le bassin le plus à l’intérieur, la houle chahute bien Chamade malgré les 8 amarres qui le tiennent solidement et le vent de nord qui, heureusement, nous éloigne du quai.

Demain, on repasse en « zone verte », on va filer vers Ie Shima, juste avant Okinawa.

P.S : Petit correctif à l’article de Sylvie : Après 3 jours de coup de vent de NW, il faisait 15° ce matin dans le bateau. L’odeur de sud s’est un peu évaporée !

Okino Erabu : « Comme à la maison » (ou presque)

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3 jours de grand vent : 30 à 35 nœuds de nord-ouest. Pas un temps à mettre Chamade dehors. Du moins volontairement. On se calfeutre bien à l’abri dans le port de China où une fois de plus nous sommes accueillis « comme à la maison ».

C’est d’abord Hiromitsu qui accoure pour nous prendre les amarres et nous aider à caler Chamade malgré la houle qui agite le port. Avec sa femme Aurea, originaire des Philippines, il coule une retraite heureuse ici à China, alternant entretien et sortie de pêche avec son bateau acheté à Okinawa.

Dès le lendemain il nous organise une livraison de fuel par camion depuis le port voisin de Wadomari. C’est aussi Michito rencontré au onsen de l’hôtel Floral. Il vient de la région de Fukuoka et possède un voilier à Shinmoji Marina. Il se souvient de nous avoir vu passer en octobre. Le lendemain à 8 heures du matin il vient nous réveiller pour nous offrir une bouteille de shochu (saké de patate douce). Même pas moyen de l’inviter prendre un café, il doit filer à l’aéroport.

Et puis c’est bien sûr Shoko, Hiroaki et leur fille Manari, rencontrés en avril dernier. Lui vient de rentrer d’Inde où il organise et accompagne régulièrement des trecks pour ses clients japonais.

Ils sont toujours contents d’avoir choisi de quitter Tokyo pour venir s’installer dans l’île. Même s’ils songent à changer de domicile, leur vieille maison traditionnelle laissant passer un peu trop l’eau, l’humidité et le froid. Mais pas de quoi ternir la chaleur des moments passés ensemble !

Enfin, comment ne pas succomber aux meilleurs sablés du Japon (et même du monde !). Fabriqués pièce par pièce par Rie, la tenancière du « Typhoon cafe ». Un lieu « babacool » tout en douceur (sablé, ambiance…)

 

 

 

 

 

 

Seul problème, le café n’est ouvert que 2 heures par jour (sauf le dimanche et jeudi) et les sablés sont tellement recherchés que nous n’avons pu en acheter que 10 ! Mais 10 fois un délice !

Ça sent le sud !

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(Par Sylvie)

Retour dans la nature.

Loin des ports de pêche bétonnés, nous pouvons à nouveau jeter l’ancre dans une baie inhabitée, dans des eaux qui se teintent de bleus tropicaux. Avec une température de 24 degrés. Irrésistible pour prendre le premier bain de l’hiver.

Nous sommes dans l’île de Kakeroma. Le chant des oiseaux a remplacé le bruit des moteurs. Autour de nous, personne. Si ce n’est deux pêcheurs à la ligne et un groupe de touristes ne font que passer. Car notre refuge d’un jour fut aussi celui de petits bateaux kamikazes prévus pour la défense ultime du pays lors de la 2ème guerre mondiale. Nichés dans des grottes aménagées au pieds des montagnes et cachées par la végétation, ils étaient prêt a partir pour leur mission suicide.

 

 

 

 

 

 

Un petit monument a été érigé à la mémoire des kamikazes dont le futur écrivain Toshio Shimao. La guerre toutefois se terminera avant qu’ils ne reçoivent de mission. L’œuvre de Toshio Shimao sera très marquée par cette douloureuse expérience, notamment l’attente de la mort. Il recevra en 1950 le prix japonais de la littérature d’après-guerre et finira sa vie sur l’île d’Amami. Sa tombe est juste à côté du monument.

Le petit coin de paradis de Kakeromajima se trouve pourtant à trois mille à peine de la civilisation. Au loin nous pouvons voir la petite ville de Konya et le village d’Atetsu où habitent Hiro et Sayaka. La veille, nous étions chez eux, attablés autour d’un succulent dîner, en compagnie de deux handicapés et de leurs accompagnants, venus de Hiroshima. Tous sont membres de l’association « Sailability » dont Hiro s’occupe à Atetsu et Yuso à Hiroshima.

Ce fut un moment inoubliable de convivialité et de partage. Nous sommes restés scotchés par l’élan vital et la mentalité de battants des jeunes élèves. Parmi eux une jeune femme de 24 ans, Nayuta ( mot sanscrit qui signifie des milliards) qui souffre d’un grave handicap moteur.  Elle a fait des études, parle l’anglais, a voyagé en Allemagne, mais, a-t-elle témoigné, rien ne vaut pour elle l’expérience de la voile, de la mer et du vent. Chapeau les marins de Sailability !

 

 

 

 

 

Et merci au banc de big dauphins pour le spectacle qu’il nous a offert en chemin, en défiant l’étrave de Chamade.

Au dessous du volcan

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(Par Sylvie)

Bye bye les amis de Yamagawa.Vent de travers, Chamade file toutes voiles dehors. Le chapeau pointu du Kaimon -le volcan éteint du sud Kyushu – n’a pas encore disparu de l’horizon que déjà se dresse devant nous celui de Iöjima.

Les pentes parsemées de fumerolles, de traînées de souffre et roches noires. Le sommet crachant une épaisse vapeur d’eau qui se confond avec les nuages.

Pour Chamade, au dessous du volcan, le onsen est ferrugineux…

…mais pour nous il se présente sous forme de balcons à l’eau transparente, avec vue sur le large. Magique !

C’est Shun, rencontré la veille sur le quai, qui a proposé de nous y amener en voiture. Pendant que nous profitons de la beauté sauvage du lieu, les fesses trempées bien au chaud, il s’en va pêcher.    Et nous rapporte le sashimi du soir.

Iö (qui signifie le souffre), compte à peine une centaine d’habitants, parmi lesquels Shun chargé de l’accueil et de la vente des billets du ferry qui vient trois fois par semaines de Kagoshima.

Promis, on reviendra visiter la « Soufrière » nippone, ses falaises multicolores, ses camélias (en décembre) et ses paons qui nous offrent quelques pas de danse, sans se pavaner.

On reviendra, parce là franchement, le port de Iö, avec la houle, la marée et le vent  de sud qui s’annonce… ce n’est pas top !

Chamade prépare la relève

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Le tournage du film est terminé… le montage attendra les Philippines

Entre les jours de grand vent, ceux de pluie et ceux où nos amis sont occupés, nous avons trouvé le temps de faire deux sorties en mer devant Yamagawa.

Et de se confirmer que la bravoure n’attend pas le nombre des années

 

En haut: Natacha, Hawke et Kasei / En bas: Kaito, Eito et Yuto

Une matinée particulière

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Réveil aux aurores ce matin. C’est Claude qui tape contre la coque. « Hé Marc, Hé Sylvie… il y a eu un tremblement de terre et l’alerte Tsunami est déclenchée… »

Claude a été réveillé à 6h00, par un SMS sur son téléphone. C’est le système automatique mis en place par l’Etat qui envoie ce message sur tous les téléphones branchés dans la zone en alerte. Les téléphones japonais faut-il le préciser… et évidemment nous n’en avons pas, puisque c’est impossible d’avoir une carte SIM si l’on n’est pas domicilié au Japon.

Claude a immédiatement sauté dans sa voiture pour venir nous avertir. Nous regardons ensemble le bulletin : Secousse de 7 sur l’échelle de Richter, à 150 km au sud-ouest de Yamagawa. Le tsunami éventuel ne devrait pas dépasser 1 mètre, sans vague déferlante. On décide de rester sur place, ce d’autant plus qu’on est amarré à un ponton flottant qui suivra la montée éventuelle des eaux.  Et 45 minutes plus tard l’alerte est levée… merci Claude !

On pourrait prendre le café tranquillement… mais on ouvre les news sur Internet pour découvrir l’attaque terroriste qui vient de se produire à Paris…

Triste café, plein d’interrogations… On est à la fois si loin et si près…

Et encore:

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