Archive for the ‘ Japon 2017 ’ Category

Sado : les relégués volontaires

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Isolée au large de Honshu, l’île de Sado fut longtemps un haut lieu de déportation. Empereurs déchus ou intellectuels dérangeants furent longtemps expédié à Sado pour un voyage sans retour. L’île en aurait gardé une culture différente, moins rigide. Plus cool comme on dit aujourd’hui.

De quoi attirer quelques « gaijins » en recherche d’une nouvelle vie.

Comme le vigneron Jean-Marc Brignot et sa femme Satomi qui ont abandonné il y a 6 ans les vignes d’Arbois dans le Jura, le vin jaune ou le poulsard, pour venir tenter une nouvelle expérience à Sado.

Amateur de vins bio et de permaculture, Jean-Marc a planté ici des vignes mais dont il ne récoltera les fruits que dans 3 à 4 ans. D’ici là, il s’est lancé dans la permaculture maraîchère et surtout, avec Satomi, ils ont ouvert « La barque à Dionysos » un bar à vin où déjà se pressent les Japonais amateurs de nouvelles expériences culinaires.

« On aime le rythme différent de cette île, où l’on souhaite voir grandir notre enfant, loin du stress des grandes villes. Je suis un peu un fainéant » dit Jean-Marc.

Ah bon ?  A les voir turbiner tant et plus pour réussir cette implantation d’un autre type, on a peine à y croire.

 

Autre « fainéant » : Marcus. Une carrure, une voix et un rire de stentor !

« J’adore rester peinard dans ma véranda, à boire un coup et à admirer le paysage… » dit ce New-Yorkais débarqué sur l’île il y a 17 ans. Avec sa femme japonaise ils tiennent une boulangerie dont le pain est désormais si célèbre qu’ils l’expédient même jusqu’à Tokyo.

« Peinards » façon de parler puisque Marcus se lève chaque matin à 2h30 pour cuire son pain, enchaînant ensuite la vente à la boutique et les livraisons dans l’île durant l’après-midi !

Comme quoi, en matière de travail, il ne faut pas confondre quantité et qualité !

Enfin, dernière rencontre dans ce Japon qui n’en aura pas manqué, toute aussi étonnante, celle de Koichi Omae.

C’est au Onsen que nous avons barboté en compagnie de ce danseur professionnel pour le moins étonnant, puisque écrasé par une voiture il y a une dizaine d’années, Koichi a dû être amputé juste au-dessous du genou gauche.

 

Un drame dont il a fait un atout, en développant toute une série de chorégraphies qui l’ont rendu célèbre.

Son plus beau succès : sa performance lors de la cérémonie de clôture des Jeux Paralympiques de Rio, au moment de passer le flambeau à Tokyo 2020, où Koichi compte bien être de la fête !

Koichi Omae: cérémonie de clôture des Jeux paralympiques de Rio

 

Sado. Maso ?

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(Par Sylvie)

A cinquante kilomètres de Niigata, Sado se dessine comme un papillon qui prendrait son envol vers le nord de la mer du Japon. C’est donc de cette île que nous avons décidé de prendre, nous aussi, notre envol pour la Russie, au ras des flots.

A Sado, nous sommes encore au Japon et nous sommes déjà ailleurs. Car, en dépit de son histoire, la sixième plus grande île de l’archipel nippon (après Honshu, Kyushu, Hokkaido, Shikoku et Okinawa), a une réputation d’ouverture et de « coolitude » peu commune.

Comme les îles Oki, elle fut terre d’exil pour les bannis de Honshu. Ses mines d’or et d’argent ont fait durant quatre cents ans, la fortune des gouvernements de la période Edo, puis ont permis de financer le développement économique de l’ère Meiji. Ses veines minières s’étendent sur 400 kilomètre de long jusqu’à 500 mètre au dessus du niveau de la mer. Mais bon, nous n’allions pas nous enterrer pour une histoire de fric alors que la nature de Sado est si riche est variée. Surtout sous le soleil.

Avec Asako et Greg, nos amis de Niigata venus nous rejoindre, nous avons préféré crapahuter vers les sommets encore enneigés de l’île (qui culminent à plus de mille mètres d’altitude), à travers les forets de cèdres, les pins et de troncs torturés, jusqu’aux hauts plateaux d’herbes blondes d’où on voit la mer.

De haut en bas, Sado laisse découvrir sa géologie millénaire, ses roches de basaltes, ses rivages volcaniques érodés

Façonnées par les éruptions et les tremblements de terre, les côtes sont bordées de récifs à fleurs d’eau. Raison pour laquelle les habitants de Sado ont développé la pêche en baquet qui permet de godiller sans risque le long des platiers. Une tradition qui aujourd’hui s’est muée en attraction touristique.

En pleine « golden week » (4 jours de grandes vacances printanières), on travaille sans relâche dans les rizières pour y planter les pousses de la prochaine récolte.

Partout les plans d’eau tendent leurs miroirs aux maisons, au ciel et à la nature qui peuvent s’y contempler à loisir.

Dernier vieux village aux allures alpines avec maisons de bois aux toits de bardeaux. Dernier temple, derniers Jizos à bavettes, dernier onsen.

Sommes-nous masos de quitter Sado et le confort nippon pour la rudesse russe ?

Je dirais oui, si au bout du voyage il n’y avait pas une nouvelle aventure et  l’un de mes vieux rêves : le Kamchatka.

Le Japon manque de bras ! Vraiment ?

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Le 19 avril dernier, Georges Baumgartner signait une correspondance sur la RTS décrivant le problème grandissant de l’économie japonaise : elle manque de chômeurs !

Des secteurs entiers manquent de main-d’œuvre et le gouvernement japonais fait tout pour fait revenir les femmes sur le marché du travail.

Sans doute la dure réalité des statistiques économiques, mais difficile à croire au vu de nos observations.

Depuis notre arrivée au Japon nous nous interrogeons sur ce marché du travail, sur les milliers et milliers d’emplois totalement inutiles qu’on peut observer partout.

Ainsi ces dizaines de vendeuses totalement inoccupées, attendant à longueur de journée le client. Ces milliers et milliers d’hommes munis de leurs drapeaux qui s’agitent autour de chaque chantier. Ou à l’entrée de chaque supermarché. Ainsi, hier, en rase campagne, un chantier d’une compagnie électrique. 3 ouvriers installent une nouvelle ligne et 4 s’agitent pour permettre une circulation alternée. Les feux automatiques, au pays de la robotisation ? Connait pas !

Tout aussi non indispensables (mais fort agréable il est vrai) les employées des stations-service. Ils sont à chaque fois 2 à courir autour de votre voiture pour vous servir.

Ou encore la visite des douanes ou des coast guard. A chaque fois des équipes de 3 à 4 personnes qui se déplacent pour vous faire remplir un formulaire, la plupart restant muettes et au garde-à-vous autour de leur chef.

Bien sûr me direz-vous, cela sauve des emplois. Mais justement, le Japon n’en manque pas ! Il manque de bras et robotise tant et plus pour ne pas devoir importer (quelle horreur !) de la main-d’œuvre étrangère.

Une illustration de plus de ce pays paradoxal où l’on peut observer une recherche d’efficacité parfois phénoménale et en même temps une inefficience incroyable dans quantité de tâches quotidiennes.

Déroutant ! Mais être dérouté, n’est-ce pas aussi le charme du voyage ?

Japon : un départ en ferry !

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Officiellement, nous avons quitté le Japon aujourd’hui… et en ferry !

Résultat d’un pataquès avec les autorités japonaises. En escale à Maizuru, nous avions profité de la venue des douanes, de l’immigration et des coast guard pour nous renseigner sur la possibilité de quitter le Japon depuis l’île de Sado et non pas depuis Niigata, histoire de raccourcir la route et d’éviter un port peu adéquat pour un voilier. On nous avait alors affirmeé que Ryotsu, port principal de Sado était un « port ouvert ».

C’est donc tout sourire que nous sommes venus nous annoncer au bureau portuaire de Ryotsu. Accueil sympathique des douanes et des coast guard, mais problème… il n’y a pas de bureau d’immigration ! Les douanes appellent Niigata et les palabres commencent. Car si Ryotsu est un port ouvert d’un point de vue douanier, il est fermé d’un point de vue immigration. Allez y comprendre quelque chose. Les douanes sont prêtes à nous délivrer la fameuse « clearance » mais l’immigration de Niigata ne l’entend pas de cette oreille. On me passe l’officier en charge au téléphone. Chance, il parle parfaitement l’anglais. Mais il est inflexible. Pas question de sortir du Japon depuis Ryotsu, c’est illégal. Il veut que nous venions avec le voilier à Niigata. Refus obstiné et argumenté de ma part. Nous avons été mal renseigné, ce n’est pas notre faute… le temps passe et les palabres continuent.

Finalement je propose un compromis à l’officier de l’immigration : nous allons venir à Niigata, mais en ferry, histoire de faire tamponner nos passeports. Hésitation, palabres, nouvelle consultation et…  c’est d’accord. Mais il faut venir dès le lendemain, dernier jour d’ouverture du bureau avant les vacances de la Golden week.

C’est ainsi que nous avons pris le ferry ce matin, qu’on a filé à l’aéroport, qu’on a reçu un beau tampon dans le passeport, qu’on a filé à nouveau au ferry et qu’officiellement on a quitté le Japon.

Un faux vrai départ du Japon

Officieusement en fait nous allons rester encore une semaine en « clandestins » tolérés, le temps qu’une fenêtre météo s’ouvre. Un départ qui aura été à l’image de nos rapports avec les autorités :

C’est compliqué, c’est pinailleur mais c’est toujours aimable. Et au final, on trouve toujours une solution !

Le train : symbole d’un Japon à 2 vitesses

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Incontestable célébrité mondiale japonaise : le Shikansen !

Pourtant le TGV japonais, c’est un peu l’arbre qui cache la forêt. La forêt des trains « normaux », les JR lines comme on les appelle ici. Et là ce n’est plus le TGV mais le TPV, souvent digne de la « brouette d’Echallens ».

Ils ont beau avoir un look très moderne, ils ne vont pas plus vite pour autant.

Car tout l’immense réseau ferroviaire japonais (hormis les lignes TGV) est à voie étroite. Vitesse moyenne, 60 km/h, pointes à 80 km/h. Et à part quelques rares tronçons rectilignes en rails soudés où la vitesse frise les 100km/h,  prendre les JR lines c’est encore voyager comme au bon vieux temps, au son du takadak… takadak,  cahotant et brinquebalant !

Et autre inconvénient de ce choix du début du 20ème siècle, pas de mixité possible avec les rames Shinkansen. Les 2 réseaux sont totalement séparés. Deux mondes… deux vitesses.

Autre particularité étonnante des JR lines, le tarif des billets. Si vous prenez un « local » vous payez le prix du billet normal. Si vous voulez prendre un « express » vous devez encore ajouter le prix du siège. Non-réservé cela double et réservé cela triple. Ainsi un Maizuru-Kyoto (60 km) coûte l’équivalent de 8frs en « local » (2h de trajet) et en « express » (1h30 de trajet) 16 frs en « non reserved » et 24 frs en « reserved ».

Enfin, prendre un « local » offre la possibilité d’observer le conducteur (ou la conductrice) en casquette et gants blancs dans sa cabine: un spectacle étonnant. Tout est question de formel, de gestuelle et de rituel. Au moment de partir, il pointe du doigt son horaire…

Puis pointe du doigt le témoin lumineux de fermeture des portes…

Puis pointe du doigt le rétroviseur, repointe son horaire en enfin d’un geste martial, il pointe le doigt vers le rail : en route…

Ensuite, à chaque signal, à chaque panneau de signalisation, il pointe à nouveau le doigt en avant. Fascinant ! Tous les conducteurs font de même. Et pas seulement ceux des trains. L’employé du téléphérique pointe aussi du doigt le loquet de sécurité de la porte, confirmant qu’il est bien fermé, avant d’appuyer le bouton « prêt au départ ». Image d’un Japon formaté. Est-ce un plus pour la sécurité ? La question est ouverte !

Nakata San: un brin de folie souffle à Taki

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Il ne vit pas dans une cabane au fond du jardin, mais juste dans un hangar de pêche, transformé en loft et galerie d’art.

Frapper à sa porte, c’est faire connaissance avec Nakata San, le Japonais le plus gentil et le plus déjanté que nous ayons rencontré !

Cet ancien dessinateur de presse pour les grands quotidiens du Japon a pris sa retraite à Taki Ko où il a ouvert sa galerie d’art contemporain.

Exemple des dessins de presse de Nakata San

Il possède aussi quelques mangas de l’ère Edo et Meiji qu’il s’empresse de nous faire montrer.

Non content de nous faire découvrir son œuvre et ses collections, il nous embarque illico dans sa camionnette, fonce vers Kanazawa et son Musée d’art du 21ème siècle… pour un bain artistique !

The Swimming Pool, oeuvre de Leandro Erlich

L’exposition temporaire, intitulée « PEN » est consacrée au peintre-dessinateur Manabu Ikeda. Une œuvre fascinante, où chaque tableau mesurant deux mètres sur trois, offre une succession de découvertes à mesure qu’on s’en approche. A chaque pas, un nouvel univers fait de nouveaux détails. Un travail à la plume, trait par trait (l’artiste ne progresse que de 10 cm2 par jour!) une reprise contemporaine des anciennes techniques de l’estampe. Exceptionnel, mais difficile à rendre dans une image de blog !

Nakata San qui nous emmène ensuite à la « Pension Cruise » perchée dans les collines de la péninsule de Noto, où la famille Kunori plonge ses hôtes dans un bain de bohème et de musique dans un univers décidément très peu japonais.

La famille Kunori

 

La famille Kunori qui vient nous jouer la sérénade avec une une chanson composée spécialement pour Chamade…

Et c’est enfin Daiki, journaliste et ami de Nakata San qui nous consacre un article dans le Chunichi Shimbun (tirage 3 millions d’exemplaires!). Nous voilà presque les « Georges Baumgartner » à l’envers !

Entre le loft de Nakata, la Pension Cruise et Chamade, pas vraiment le temps de s’ennuyer !

Encore une belle soirée chez Nakata San en compagnie de Daiki (à gauche) et d'un artiste guitariste de passage

Et ça tombe bien… dehors c’est la tempête et franchir les digues du petit port de Taki Ko serait vraiment de l’inconscience.

Au secours, invasion de Sakura !

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(Par Sylvie)

Tout a commencé à la mi mars à Tsushima. C’est là que nous avons aperçu le premier sakura, plutôt solitaire, sur le bord d’une route

À Kuyshu, on s’étonnait du retard pris cette année sur le calendrier officiel de la floraison de ces mythiques arbres japonais, symboles à la fois du renouveau du printemps et du caractère éphémère des choses. Car la pleine floraison (mankai) ne dure quelques jours. Mais quand ça explose, ça explose.

Sur les ponts et la douve du château de Matsue (Onshu) les sakura ont sorti la grande artillerie

et dans les jardins les dévots du sakura ohnami avaient loué des bâches bleues pour contempler les cerisiers en fleurs, contemplation très festive pour les jeunes.

A Kyoto, il pleuvait ou plutôt il neigeait des sakura

Le long de la promenade philosophique, nous avons eu comme les habitants du lieu, tout loisir de philosopher sur l’utilisation du symbole des sakura pour nourrir le nationalisme japonais. Durant la dernière guerre mondiale, avant de partir en mission suicide, les jeunes kamikaze peignaient des fleurs de cerisiers sur leurs appareils pour sublimer le caractère éphémère de la vie qu’ils allaient sacrifier pour la patrie. Dans les colonies japonaise on plantait des sakura sensés représenter l’âme nippone.

Les sakura avaient aussi pris position à Ine, charmant village sur pilotis où nous avons commencé à donner les premiers signes d’allergie

Ainsi, au fur et à mesure de notre progression vers le nord, nous avons été talonnés par la floraison des cerisiers. Même au pied des Alpes, ils rivalisaient avec la blancheur des neiges.

Si bien qu’au bout d’un mois de ce régime, je ne voyais plus que des points immaculés des que je fermais les yeux. Un vrai cauchemar. J’ignorais que l’Occidental  peut souffrir d’une indigestion ( pour ne pas dire d’une overdose) de sakura.

Et pourtant impossible de ne pas tourner mon objectif vers cette beauté obsédante !

 

 

Chaud–froid japonais

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L’objectif de cette virée en voiture vers Niigata : finaliser (enfin) nos visas pour la Russie. Mais impossible de ne pas faire un léger détour pour plonger au cœur des Alpes japonaises et leurs « 3 must » : le ski, la randonnée et les onsens.

Un peu tard pour le ski, trop tôt pour la rando, mais il n’y a pas de saison pour se plonger dans les sources chaudes !

Première escale : Shin-Hokata Onsen et son merveilleux ryokan « Yarimikan »

Cet hôtel traditionnel dispose de 8 rotemburo (bain de plein air) en bordure de rivière.

Deux sont mixtes (bain en serviette pour les dames)

Et quatre sont privatifs (on peut y laisser tomber la serviette)

Et même s’y offrir un bain de minuit

L’occasion aussi d’un contraste saisissant

Car juste à côté un téléphérique (le plus long du Japon) vous conduit à 2156 mètres d’altitude

En cette fin avril il y a encore 2 mètres de neige ! Il est vrai qu’il en tombe ici près de 10 mètres par an.

Faire étape dans un ryokan, c’est aussi bénéficier d’un repas traditionnel tout en finesse, riche de 14 plats !

Et d’un petit déjeuner japonais pour le moins roboratif pour les Européens que nous sommes !

Le temps d’une escale à Matsumoto qui compte l’un des plus beaux châteaux du Japon

Et nous replongeons dans les magnifiques rotemburos mixtes de Takaragawa Onsen

C’est  ensuite Niigata, où Hasako et Greg, professeurs d’anglais à l’université et amis de Nathalie et Satochi de Nagasaki, nous accueillent le temps de finaliser et de recevoir nos visas pour la Russie.

Asako et Greg

 

A la vue des conditions portuaires (ni place ni bouée disponibles), nous nous félicitons d’avoir pris l’option de ne pas faire escale à Niigata

Zone de mouillage à Niigata. Le consulat russe est au 12ème étage de la tour

Kyoto, à marée haute.

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(Par Sylvie)

On a eu beau prendre le train pour aller visiter Kyoto, nous avons été rattrappés par la marée.

La marée humaine qui en toute saison (surtout celle des Sakura), submerge la ville impériale.

Chaque année Kyoto accueille 50 millions de touristes. Et il faut bien le dire, ça gâche un peu.

Mais en bons marins que nous sommes, nous avons surfé tant bien que mal sur les musts, les incontournables temples, sanctuaires et châteaux…

…les somptueux jardins que les Japonais(e)s arpentent parfois en costume traditionnel, Smartphone à la main, pour le fun ou le selfie.

Par bonheur, nous avons pu goûter quelques bons moments de zénitude…

William et Pauline autour de leur gourou

dans les jardins « secs », d’une beauté nue qui force le silence et la contemplation.

À Ponto-Cho, l’ambiance est moins chaude qu’annoncée dans les guides touristiques : les lampions balisent les ruelles où les restaurants, les boutiques d’objets traditionnels et les bars à geishas en minijupes occupent les vieilles maisons des vraies geishas.

Finalement, en dehors des parcours bondées de la ville musée, Kyoto n’a plus grand chose d’impérial, c’est une cité japonaise comme tant d’autres, où le beau et le laid se collisionnent, où l’ancien et le moderne cohabitent, en toute dysharmonie.

Trois jours, me direz-vous, c’est trop peu pour savourer pleinement les imposantes reliques de l’histoire millénaire de l’Empire du Soleil Levant.  Heureusement entre deux trains la seule chose qu’on ne pouvait ne pas rater c’est la spectaculaire gare de Kyoto.

Impériale, non ?

Exil aux Oki

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(Par Sylvie)
Quoi de plus pratique qu’une caldera située en pleine mer, pour exiler les eimportuns ? Nous connaissions l’archipel du Goulag ( les Solovetski ) mais pas l’archipel des Oki, qui, toute proportion gardée, s’est vu attribuer la même vocation de prison à ciel ouvert. Nées de l’effondrement d’un volcan, il y a six millions d’année les plus grandes des îles Oki ont recueilli deux Empereurs, un célèbre Samouraï et un poète en disgrâce. Ils y furent expédiés au temps des Shoguns pour qu’on les oublie, mais aujourd’hui on les rappelle au bon souvenir des touristes qui adorent les histoires d’intrigues de conspirations et de bannissement.

Pour ne pas faire mentir la tradition, nous avons décidés de nous exiler, à notre tour dans les îles Oki, parmi les déportés d’un tout autre genre. Du genre féminin, par exemple…en ce qui concerne les bovidés. Eh oui, seules les dames vaches sont assignées à résidence dans les pâturages de Dogo, Nishinoshima, Chiburijima ou Nakanoshima ( les quatre îles habitées de l’archipel qui compte 25 mille habitants ). Une fois engrossées par insémination artificielle, elles y paissent en toute liberté, puis mettent bas une progéniture qui, aura un sort nettement moins enviable: renvoyée par bateau sur le « Main land » de Honshu, les veaux finiront à l’abattoir pour satisfaire les amateurs de wagyu marbré et fondant.

D’accord, mise au ban sexiste, ça existe aux Oki, mais seulement pour les quadrupèdes vaches. Pour les chevaux en revanche, pas de discrimination, à première vue. Car dans les brouillards qui nimbent les falaises de Nishinoshima, il n’est pas toujours aisé de savoir si c’en est un ou si c’en est une. Mais qu’importe, le spectacle est troublant…de beauté.

On se croirait dans nos Franches-Montagnes, si ce n’est que le pâturage surplombe une mer qui bat inlassablement les flancs des falaises aux couleurs volcaniques.

Pauline nous a rejoints dans notre exil volontaire, avec du soleil dans ses valises. On oublie le temps en se baladant au dessus des vagues écumantes

 

…entre les temples nichés dans la pierre, les rizières et les cerisiers qui se sont donnés le mot pour donner des cheveux blancs aux collines

À la nuit tombante, nous rejoignons la chaleur de Chamade et d’ un autre bateau : le onsen de la sympathique guesthouse familiale Tsurumaru, qui nous a mis à disposition son ponton.

Sourires et gentillesse sont toujours au rendez-vous, avec la gastronomie locale.

Vu l’importance économique que revêt le toursime pour les Oki – en plus de l’élevage et de la pêche- on sait recevoir aimablement toutes les personnes déplacées par car entiers pour savourer l’isolement des lieux.

Mais voilà que notre exil doré finit par se transformer en exil forcé, car Eole s’évertue à nous souffler 25 à 30 noeuds dans la figure. Aucune chance d’évasion, si ce n’est une périlleuse traversée de la caldera, au près, pour passer d’une île à l’autre.

Mais patience. Nous avons pu finalement prendre la fuite, de nuit, pour rejoindre les terres de Onchu où nous projetons une virée dans la ville impériale.

Et encore:

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