lundi
28
février - 2011

Dernier article sur ce blog: La suite sur Chamade/blog 2011

Vous le savez, l'année 2011 sera celle d'une nouvelle aventure, et pas la moindre: le passage du Nord-Ouest. A nouvelle aventure, nouveau site internet et nouveau blog.

Le site Chamade reste le même: www.chamade.ch
(la page d'accueil est encore en pleine réalisation et la version actuelle est encore provisoire)

Un nouveau blog est à découvrir: www.chamade.ch/blog2011
(ou via l'onglet blog 2011 sur lapage d'accueil du site Chamade.ch)

Vous y trouverez le récit de nos aventures dans le Passage du Nord-Ouest. mais aussi plein de nouvelles pages vous permettant de retrouver plus facilement le récit de nos aventures précédentes, les meilleures vidéos, les meilleures photos et plein d'autres choses.

Et le blog intégral des ces années 2007-2010 reste bien sûr accessible depuis le blog 2011 ( ou via l'onglet blog 2007-2010 de la page d'accueil du site Chamade.ch)

Merci de votre fidélité et "bon vent"

lundi
14
février - 2011

Chamade dans la revue "Bateaux"

Un mot pour vous signaler la parution de cette article consacrée à la croisière russe de Chamade dans le numéro de février 2011 de la revue "Bateaux".

samedi
29
janvier - 2011

Chamade dans le Passage du Nord-Ouest

Les journalistes sont toujours pressés et la revue "Voiles et Voiliers" annonce que Chamade veut se lancer dans le Passage du Nord-Ouest en 2011.
Ah... ces journalistes!!!
Nous voilà donc bien obligés d'assumer et de confirmer que les préparatifs vont bon train.

A vrai dire, sur notre route vers l'ouest, il fallait bien commencer à prévoir la manière de franchir le continent américain.
Comme le canal de Panama n'était pas notre premier choix, restait à se décider pour le Sud (le cap Horn) ou le Nord (le passage du Nord-Ouest)
Vu de notre position actuelle, l'Islande, il y a une certaine évidence à lorgner du côté du Groenland, et juste derrière, sur le fameux Passage du Nord-Ouest, la route d'Amundsen en 1906.

D'autant plus que si Amundsen a dû, à l'époque, hiverner 2 fois pour franchir ce fameux passage, depuis, un certain "réchauffement climatique" s'est manifesté dans le paysage.

Autant dire que s'il y a encore une dizaine d'années nous n'aurions jamais envisagé pareil itinéraire, aujourd'hui.... ça change tout.

Eh oui, malgré un début d'hiver rigoureux, il faut le souligner...

"ET POURTANT... ELLE CHAUFFE..."

L'expédition devient paradoxale: Pourquoi ne pas profiter des bienfaits du réchauffement climatique pour attirer l'attention ses excès?

Un constat et une idée que partage le climatologue Martin Beniston, professeur et directeur de l'Institut des Sciences de l'Environnement de l'Université de Genève, ancien membre du GIEC (Prix Nobel 2007), qui a accepté de s'associer et de collaborer à ce projet d'expédition.

Encore un peu tôt pour vous donner plus de détails. Une fin d'année un peu tourmentée a mis un peu de retard dans les préparatifs. Mais on rattrape le temps perdu à grand pas.

D'ici peu vous découvrirez une nouvelle version de notre site internet et un nouveau blog...
A bientôt donc....

mercredi
03
novembre - 2010

Première neige pour Chamade

Cette fois c'est bien l'hiver. Tout au fond, sur la photo, Chamade reçoit ses premiers flocons à Reykjavik

Sympa la web cam de l'Ymir Sailing Club!

mercredi
27
octobre - 2010

Mer d’Aral : Plus de questions que de réponses

En arpenteurs amoureux des mers de la planète, nous nous devions d’aller rendre hommage à l’une d’entre elles, en voie de disparition, la mer d’Aral.

Dernier hommage à un mourant ou visite de courtoisie à un grand malade en voie de guérison?
Entre lecture de la presse, consultation d’internet ou visionnement de reportage, difficile de se faire une idée au moment d’embarquer dans l’avion d’Ouzbekistan Airways à Tashkent.

Quelques affirmations recueillies dans la presse :
-La mer d’Aral a diminué de 90%
-La mer d’Aral, le plus grand désastre écologique de la planète
-Ma mer d’Aral victime de la monoculture du coton
-Mer d’Aral : un Tchernobyl silencieux
-La mer d’Aral renaît peu à peu
-La mer d’Aral retrouve la pêche
-Mer d’Aral : la vie revient
-La mer d’Aral : déjà asséchée quatre fois au cours des siècles

15 jours plus tard, nous revenons du désert du Karakalpakstan avec plus de questions que de réponses.

Diminution de 90% ou renaissance?

S’il est une photo qui a fait le tour du monde, c’est bien celle de ces bateaux échoués en plein désert à des dizaines de kilomètres de la mer. Le fameux cimetière des bateaux de Mouniak.

Aujourd’hui Mouniak est une bourgade fantôme ou presque. Des 40'000 habitants qui s’activaient dans ce port de pêche et de commerce dans les années 60, il n’en reste que quelques milliers. Et les 10 conserveries de poissons ne sont que des friches abandonnées.

La mer est désormais à 150 km, à parcourir obligatoirement en 4x4 sur l’ancien fond de la mer, immense étendue de sable crouté de sel, et recouvert de buissons desséchés.
Lorsque nous l’atteignons au bout de 7h de piste chaotique, Oktyabr, un professeur d’histoire qui nous sert de guide, nous montre une barge posée dans le sable. « L’an dernier elle flottait encore. Les Malaisiens l’utilisaient pour leur travaux de recherche pétrolière ». Aujourd’hui elle est à une centaine de mètres du bord de l’eau. A l’évidence le niveau a encore baissé de près d’un mètre.

Le paysage est totalement désertique. Au bord de l’eau, une couche de mousse, d’écume de sel que le vent emporte. Un doigt plongé dans l’eau confirme le verdict. Elle est salée, terriblement salée. En fait plus de 110gr de sel par litre. C’est une mer morte. Fruit évident d’une évaporation galopante.

En fait, la mer qui faisait 400 km sur 300 en 1960 est séparée en deux. Au nord la Petite mer d’Aral, désormais protégée par une immense digue construite par la Kazakhstan, alimentée par les eaux du Sir Daria. Depuis 5 ans le niveau de l’eau remonte et la pêche a pu reprendre modestement. Elle fait désormais 85 km sur 40 (2 fois la taille du Léman). C’est cette réussite, fortement médiatisée, qui a fait courir le bruit d’une renaissance. Au sud, la grande mer d’Aral continue de disparaître inexorablement. Aujourd’hui la grande mer ne mérite plus son nom. Elle ne mesure plus que 185 km sur 50. Elle a bien perdu les 90% de sa surface.

Une mer victime de la monoculture du coton ?

Cela fait 3 heures que nous sommes en route quand nous apercevons une première étendue d’eau. La mer ? Déjà ?
Dans les ruines d’un ancien village de prisonniers politiques de l’URSS, quelques pêcheurs s’affairent. Ils sortent de gros poissons ressemblant à des carpes qu’ils ramassent au filet depuis leurs barques faites de contreplaqué étanchéifié au goudron. C’est un enchevêtrement de petits canaux qui serpentent entre les roseaux. L’eau est douce. En fait ce n’est pas la mer, mais les derniers marécages alimentés par l’Amou Daria, ce fleuve géant venu des contreforts du Pamir, à plus de 2000 km au sud-est.

Dernières gouttes d’un fleuve peu à peu dépecé tout au long des derniers 1000 km de son parcours. Le coton et ses gigantesques besoins en eau est passé par là. Les canaux et conduites d’irrigation sont partout le long de la frontière entre l’Ouzbékistan et le Turkménistan. Le régime soviétique en avait fait une priorité. Un canal de 1300 km de long, le canal du Karakoum va même jusqu’à la mer Caspienne, irrigant le désert turkmène.
Aujourd’hui l’Ouzbékistan est le 4ème producteur mondial de coton, et le régime du président Karimov, ne peut se passer de cet or blanc. Sa culture est totalement contrôlée par l’Etat, et de septembre à novembre, tous les écoliers, étudiants, soldats sont envoyés au champ pour la récolte. Même les entreprises doivent fournir un contingent d’ouvriers pour la récolte.
En plus le gaspillage est colossal. Partout nous apercevrons les petits geysers qui caractérisent les fuites sur les conduites d’irrigations, sans parler de l’évaporation sur ce canal à ciel ouvert. Au final, le peu d’eau qui a échappé au captage termine sa course dans les marais de Mouniak et des environs, la mer est encore à plus 100 km.
La mer victime du coton, c’est une évidence. La concentration en sel prouve bien l’évaporation. Reste que cela n’explique pas la rapide baisse du niveau survenue dans les années soixante.

« La mer s’est retirée en une nuit » ?

La nuit est tombée sur le campement. Oktyabr notre guide, professeur d’histoire et archéologue nous a préparé un excellent plov sur le feu. Il est né à Mouniak dans une famille de pêcheur.

Un beau matin lui a raconté l’un ses oncles, « Je me suis réveillé en entendant les cris des gens : La mer a disparu… la mer a disparu ! En une nuit le niveau avait baissé de plus d’un mètre et les bateaux s’était retrouvé échoué dans le port. Et la mer n’est plus jamais revenue »

Comment expliquer ce phénomène ?
Une marée exceptionnelle provoquée par une tornade? Pas totalement impossible, les marées exceptionnelles qui caractérisent les cyclones le démontrent. Mais après la mer revient.
Un tremblement de terre ouvrant une faille au fond de la mer ? Possible, mais pour faire baisser la mer d’Aral d’un mètre en une nuit, imaginez la taille de la faille ! Et pourquoi cela se serait-il arrêté au matin ?
Il ne faut donc pas prendre ces témoignages au pied de la lettre, mais il montre symboliquement la vitesse du phénomène à la fin des années soixante. Une diminution que seule l’évaporation ne saurait expliquer.

Déjà asséchée quatre fois au cours des siècles ?

Des recherches archéologiques entreprises ces dernières années ont révélés l’existence ruines antiques et de restes humains des 9ème et 14ème siècles dans les fonds asséchés de la mer d’Aral. Des découvertes qui prouvent que la mer d’Aral aurait disparu et serait réapparue, sans doute quatre fois au cours des siècles. D’ailleurs le fleuve Amou Daria se jetait à une certaine époque directement dans la mer Caspienne. D’autres recherches veulent mettre en évidence l’existence de fissures dans les roches sédimentaires poreuses qui occupent le bassin de la Caspienne. Et certains chercheurs estiment que ces fissures auraient pu se rouvrir dans les années soixante lors de séismes. Rappelons que Tashkent fut partiellement détruite en 1966 par un tremblement de terre.
Autant de découvertes récentes qui renforcent ceux qui croient que la mer se vide essentiellement par le fond. Mais si c’était le cas, alors pourquoi la concentration de sel irait-elle en augmentant si fortement ?

Un Tchernobyl silencieux ?

A la fin de l’Union soviétique dans les années 90, des études montrent des taux alarmant de malades parmi la population de la région de la mer d’Aral. Maladies rénales et respiratoires, tuberculoses (surtout chez les enfants) malformations congénitales, anémie, etc…
La cause est vite détectée : les produits chimiques, particulièrement le DDT utilisés massivement dans la culture du coton. Autant de produit qui finissent dans le fleuve, et au final dans la mer d’Aral. Celle-ci en se retirant a laissé un fond de sable très pollué. Un sable emporté par les tempêtes de l’hiver et dispersé dans l’air aux alentours.
Pour lutter contre ce phénomène, le gouvernement ouzbèke a mené une immense campagne de semis de graine de saxaoul par avion. Le résultat est clairement visible et les fonds asséchés de la mer sont recouverts et stabilisés par des milliers de petits buissons. L’emprise des vents est donc moindre.

Selon Oktyabr, notre guide karakalpak, aujourd’hui les conditions sanitaires se seraient très nettement améliorées. N’ayant pas pu le vérifier, nous ne pouvons que le croire sur parole.
De là à déguster sans soucis les poissons péchés dans l’Amou Daria ou pire dans les marais de Mouniak, il y a un pas que nous n’avons pas franchi, si ce n’est pour honorer du bout des lèvres quelques morceaux qu’on nous a offert. Excellent d’ailleurs, mais les DDT et consort n’ont évidemment pas d’odeur.

Alors : la mer d’Aral: A passer par pertes et profits ?

Par perte assurément du côté de l’Ouzbékistan. Pas question pour lui de freiner l’exploitation du coton, donc pas question de limiter ses ponctions dans le cours de l’Amou Daria. Si du côté kazakh la petite mer semble en voie d’être sauvée (Au Kazakhstan le pétrole a largement remplacé le coton) en Ouzbékistan rien n’est, et sans doute rien ne sera fait pour inverser la donne.

Par profit pour l’Ouzbékistan, puisque désormais sur le fond asséché de la mer, les derricks se multiplient… les compagnies ouzbèques, chinoises ou malaises forent à qui mieux mieux. Des gisements de gaz sont déjà en exploitation, d’autres attendent de l’être.
Après l’or blanc, c’est l’or noir qui prime… sans rapporter hélas un kopek, ou plutôt une sum de plus aux populations karakalpaks qui n’ont que la nostalgie pour pleurer.

La mer d’Aral : comment y aller ?

Vol direct d’Ouzbekistan Airways de Paris ou Genève vers Tashkent
Vol intérieur de Tashkent à Nukus
La suite se fait en véhicule 4x4 avec bivouac au bord de la mer.
Contacter Oktyabr qui peut tout vous organiser :

Oktyabr Dospanov
PH.D.History
Nukus
Mobile 00 998 61 351 13 65
oktyabrd at gmail.com
(Parle anglais)

vendredi
24
septembre - 2010

Nouvelles questions et précisions de Kiwiprop

Suite à notre commentaire sur notre hélice Kiwiprop, l’importateur français René-Pierre Magne nous a envoyé ces quelques précisions :

Selon mes archives Chamade est équipé d’un Volvo D2-40 arbre 30mm ratio de 2.14, nous lui avons fourni une hélice Kiwiprop 17 pouces avec un pas à 23. Selon moi, la perte de vitesse constatée, deux dixièmes de nœud en marche avant en comparaison avec la tripale fixe est parfaitement récupérable par un petit réglage de pas. Il suffirait d’ajouter 0.75 degrés d’angle en plus sur les pales soit un quart de tour de réglage de la vis de butée, c’est très simple et peut être réalisé même en apnée. Je comprend aussi que pour deux dixième de nœuds, vous n’ayez pas jugé nécessaire de vous mettre a l’eau dans ces latitudes
Notre réponse : Merci de l’indication, nous l’essaierons l’été prochain.
Concernant la vitesse sous voile, nous avons effectués des tests en bloquant les pales de la Kiwiprop artificiellement puis en les libérant, sur un first 35’’ par 12 à 15 nœuds de vent, il en a résulté un gain significatif de 0.9 nœuds en moyenne et une barre sensiblement plus douce avec l’hélice en drapeau.
Notre avis : Le gain est réel,, mais difficile à quantifier précisément seul.
L’amélioration des composites a permis la naissance d’une nouvelle génération de pales fournies depuis 2010. Elles sont maintenant chargées avec 50 pour cent de fibres à la place des 30 pour cent à l’époque. Ce changement a amélioré la performance de l’hélice Kiwiprop dans des conditions de mer formée ou en accélération pure de 0 à 6 nœuds. La pale a perdu la légère flexibilité du matériau qui réduisait sa performance à la relance du bateau
Notre avis : Ce serait intéressant de tester ces nouvelles pales.
Vous oubliez de parler des qualités en marche arrière de la Kiwiprop, c’est dommage car de l’avis général des utilisateurs, c’est un point fort remarquable de cette hélice.
Notre avis : Très bonne marche arrière en effet, mais celle avec la tripale était déjà bonne.
L’intérêt supplémentaire de la Kiwiprop installée sur un bateau aluminium tel que l’Ovni réside dans le matériau choisi pour sa fabrication, l’inox, de qualité identique à l’arbre d’hélice, d’un potentiel galvanique proche de l’aluminium, réduit à néant les problèmes de bimétallisme ou corrosion galvanique habituellement liés aux hélices traditionnelles en bronze ou cupro-nickel, véritables piles électriques sous un bateau en aluminium. »
Notre avis : Tout-à-fait d’accord avec Monsieur Magne que nous remercions par la même occasion du suivi attentif de ses clients.

Et de nouvelles questions nous sont parvenues :

Trinquette : sur enrouleur ou étai volant ou emmagasineur ?
Votre bateau est équipé d'un enrouleur de trinquette. Est-ce la bonne solution ? J'hésite car je me demande si ça ne complique pas les virements de bord sous génois et si c'est utile de pouvoir réduire la surface de la trinquette qui est déjà de taille modeste.
Là encore c’est une question de programme de navigation. Oui, la trinquette complique nettement les virements de bord. Par vent faible il faut quelqu’un sur la plage avant pour faire passer le génois, et au dessus d’une dizaine de nœuds, il faut enrouler le génois à chaque virement. De ce fait, dès 15 nœuds de vent, plutôt que de tirer des bords avec un ris et le génois, nous gardons la GV entière et passons à la trinquette. Virement de bord facile, pour une perte de performance minime.
Mais vu notre programme, le fait de pouvoir tout manœuvrer du cockpit est un élément de sécurité évident. Mettre à poste un étai volant ou endrailler une trinquette dans des embruns glacés ne nous tente pas. Quant à la taille de la trinquette, nous nous sommes retrouvés cet été en Islande à remonter au vent, GV à 3 ris et trinquette demi-enroulée. Il est vrai qu’il y avait 35 nœuds de vent réel.
Par contre pour un programme côtier ou de traversée alizéenne, nous n’aurions pas de trinquette sur enrouleur.

-Propulseur d'étrave : Cela vous a-t-il manqué? Le bateau se manœuvre-t-il correctement dans les ports en marche arrière et avec du vent ? Mon bateau actuel Feeling 32 dériveur est une savonnette sans vitesse !
Nous n’avons pas de propulseur d’étrave. Cela ne nous manque pas. Il est vrai que nous ne manœuvrons pas souvent dans des marinas encombrées. Cela dit l’OVNI 365 se manœuvre facilement en marche arrière, pour autant qu’on prenne garde à conserver un peu de vitesse, et bien sûr à ne pas oublier de descendre la dérive.

mercredi
22
septembre - 2010

FAQ : Pour éviter le «..uck »

Depuis notre retour, vous êtes quelques-uns à nous poser des questions pratiques concernant Chamade et ses voyages.
Afin d’en faire profiter le plus grand nombre, voici quelques réponses, en précisant bien qu’il ne s’agit pas pour nous d’affirmer détenir la vérité ou la meilleure solution. Ce sont tout simplement nos remarques tirées de notre expérience pratique.

-Quelles sont les formalités pour hiverner en Islande ?
Très simple. A notre arrivée en Islande, nous avons appelé les Coast Guard par VHF. Ceux-ci ont averti le Harbor Master de Seydisfjördur ainsi que les douanes.
Sur le formulaire des douanes, nous avons indiqué que nous resterions une année. Cela suffit. A noter que nous avons eu régulièrement la visite des douanes lors de nos escales, et qu’à chaque fois la déclaration d’entrée a été vérifiée.
Rappelons que l’Islande n’est pas membre de l’UE, et que le paiement de la TVA locale est exigible pour un séjour supérieur à une année.

-Comment faites-vous avec le gaz : Que trouve-t-on sur place ?
Depuis 4 ans nous fonctionnons avec du propane, le seul en vente dans les contrées nordiques, et le seul qui fonctionne au froid. Aucun problème avec nos brûleurs parfaitement compatibles (ENO). Seul le détendeur doit être adapté. Et c’est là que ça se corse !
Autant de pays, autant de marques, autant de systèmes différents. Nous avons à bord désormais un détendeur français, un britannique et un norvégien.
Remplissage des bouteilles : Nous avons renoncé à tenter de remplir des bouteilles étrangères. Nous changeons à chaque fois de système (bouteilles et détendeur).
Avantage : la simplicité.
Inconvénient : le prix, puisque nous perdons à chaque fois le montant des consignes, 50€/bouteille en Norvège par exemple. Mais sur la durée cela n’est pas plus coûteux que de courir après une hypothétique solution de remplissage, sans parler des frais éventuels de taxi pour se rendre dans une usine de banlieue, pour autant qu’elle existe.
Ainsi depuis 3 ans nous utilisons des bouteilles norvégiennes. Nous en avons quatre de 6kg, nous assurant une autonomie de 4 mois. Vu notre itinéraire, nous avons à chaque fois pu échanger les bouteilles sur territoire norvégien ou finlandais (même système). Nous avons ainsi pu aller au Spitsberg ou traverser la Russie sans nous soucier du gaz. Idem cette année à travers la Suède, les Shetlands, les Féroés et l’Islande.

-Quelles batteries avez-vous, comment faites-vous pendant l’hivernage ?
Nous avons 4 batteries Freedom plomb-calcium de 95 AH pour la servitude, et une pour le moteur. Elles ont maintenant 4 années de service et de nombreux cycles de charge-décharge. Elles fonctionnent encore bien, mais commencent « à fatiguer ». Elles pourraient sans doute tenir encore une ou deux saisons. Mais nous pensons les remplacer l’été prochain.
Pour l’hivernage, nous coupons tout, après les avoir complètement rechargées. Nous ne laissons pas de chargeur en place, vu que nous ne sommes pas là pour surveiller. Et tout va bien. L’hiver dernier, en Finlande, Chamade est resté 6 mois à terre, dont plus d’un mois avec des températures de -30° à -35°. A notre arrivée en avril les batteries indiquaient encore 12,1V. Pas mal pour des batteries bon marché. Au moment de changer je m’interroge, Faut-il mettre des AGM ou des GEL qui coûtent le double. Vont-elles durer le double ?

-Comment lutter contre l’humidité durant l’hivernage ?
Là, l’expérience manque, puisque les hivernages à Tromsö et Turku ont été très froids, et donc peu humides. Contrairement à ce qu’on pourrait craindre, le grand froid maintient le bateau sec et en bon état. Mais faire attention à bien bâcher l’entrée, pour empêcher la neige de s’accumuler sur le capot coulissant.
Et bien sûr, il faut vidanger très attentivement tout le circuit d’eau douce, le chauffe-eau notamment, pour éviter les dégâts. Les réservoirs d’eau sont aussi complètement asséchés.

-Comment hivernez-vous le dessalinisateur ?
Nous disposons d’un dessalinisateur Powersurvivor 80 de Katadyn.
Pour l’hivernage, après avoir traité la membrane au biocide, nous la démontons et la stockons dans un local hors gel. A noter toutefois que sur un programme Grand Nord, le dessalinisateur n’est pas d’une grande utilité et surtout ne fonctionne pas très bien à cause de la température de l’eau.

-Etes-vous content de votre nouveau régulateur Sterling A2B ?
Très content de cette nouveauté installé cette année: C’est sans doute la solution plus simple et la plus efficace pour la recharge des batteries avec le moteur. Le principe est simple : C’est en fait un dispositif qui « trompe » l’alternateur du moteur, en lui indiquant une tension de batterie inférieure à la réalité. De plus, comme un chargeur de quai « intelligent » il recharge les batteries avec une séquence de « boost » suivi d’une séquence de « floating ». Et la tension de charge est de 14,2V, plus adaptée à une bonne recharge que celle de 13,5V fournie par les régulateurs habituels. Pour qui a connu ces courants et cette tension de charge minables fournis par les régulateurs de série après une heure de moteur, c’est vraiment une révélation. Dernier avantage, il remplace le répartiteur de charge. Prix : environ 450€ selon les fournisseurs. Je l’ai monté moi-même sans difficulté, en reprenant le câblage de l’ancien répartiteur. Il a juste fallu ajouter un gros câble négatif.
Pour en savoir plus : http://www.sterling-power.com/products-altbatt.htm

-Que faites-vous avec votre éolienne pendant l’hiver ?
Nous ne la démontons pas, mais la bloquons avec un bout.

-Etes-vous content de votre nouvelle hélice Kiwiprop ?
Oui.
Mais précisons bien les choses :
Au départ, Chamade était équipé d’une tripale parfaitement adaptée au bateau et à la puissance du Volvo 40cv. Son efficacité en marche arrière comme en marche avant était remarquable. En régime économique à 1800t/m, nous marchions 6 nœuds par mer calme.
Donc vouloir faire mieux ou même aussi bien avec une hélice à pales orientables est une illusion. Son principal avantage, c’est bien sûr sous voile. A mon avis, nous gagnons entre 0,2 et 0,5 nœuds dans le petit temps et le médium. (Mais c’est difficilement mesurable).
Autres avantages :
-Son prix.
-La facilité de changer une pale en cas de choc avec un objet flottant entre deux eaux.
-La légèreté, l’absence totale de vibrations et la fin du dilemme « laisser tourner ou non l’hélice quand on est sous voile ». La Kiwiprop donne une impression de grande douceur.
Mais il y a des inconvénients :
-L’hélice manque d’impact, notamment au démarrage. Le « coup de cul » très utile dans les manœuvre est bien mou. -Diminution aussi de puissance en remontant dans une mer formée, le bateau est davantage freiné par les vagues. -Légère perte de rendement : 0,2 nœuds en régime économique à 1800t/m. (5,8n au lieu de 6)
Bref c’est une excellente hélice pour les programmes de grandes traversées, mais si nos projets devaient nous conduire à nouveau dans des zones difficiles, à fort usage du moteur, où l’on risque de pousser de la glace, etc… nous remettrons alors la tripale pour l’occasion.
En sachant aussi qu’on a ainsi une hélice de rechange en cas de gros problème.
Comme le changement ne prend que 20 minutes (avec un extracteur) ce n’est pas un problème.

Voilà pour ces quelques réponses à une première gerbe de questions. En espérant que vous y trouverez chaussure à votre pied.

mercredi
15
septembre - 2010

2010 Finlande - Suède - Norvège - Shetland - Féroé - Islande

vendredi
27
août - 2010

Comme des coqs en pâte au Ymir Sailing Club

Wouah, quel accueil !
Depuis une semaine, nous sommes les hôtes de l’Ymir Sailing Club de Kopavogur, une municipalité située au sud immédiat de Reykjavik, dans la baie de Fossvogur.

Nous sommes le premier yacht étranger à séjourner dans la nouvelle petite marina du club inaugurée l’an passé. Les anciens pontons se trouvaient sur le site prévu pour un grand projet de développement immobilier, et les promoteurs ont construit un nouveau petit port pour le club, juste devant le terre-plein gagné par la mer.

Et le club a eu chaud, puisque le projet a été stoppé net par la crise islandaise, mais les promoteurs ont tenu leurs engagements et la nouvelle petite marina est vraiment très confortable.
L’Ymir Sailing Club, 200 membres dont 80 très actifs, et un groupe de jeunes qui sort 3 fois par semaine en dériveur.

Bref un club de vrais passionnés de voile, et ça se sent immédiatement.
L’accueil est juste fabuleux.

Son président, Birgir Ari Hilmarson, est un gars formidable, qui ne ménage pas son temps pour nous rendre la vie facile.
Non content de mettre à disposition son ponton (eau et électricité) ses douches et son club house avec wifi s’il vous plaît, le voilà qui organise en maître l’hivernage de Chamade.

Il doit même avoir une liaison avec le ciel puisque ce dernier nous offre 4 jours de grand soleil pour sécher les voiles et procéder aux préparatifs d’hivernage.
Ce jeudi 26 août, le camion-grue est là. Les jeunes du club s’empressent pour nous aider à placer le bateau le long de la jetée, le frère de Birgir a apporté un Karcher, tout est prêt pour la grande manœuvre.

Le grutier est un excellent pro, tout se passe dans le calme et bientôt Chamade repose sur ses plots pour l’hiver, non sans susciter bien des commentaires, il est vrai qu’un dériveur intégral en alu, c’est du jamais vu à Kopavogur.

Et que ça se sache, l’Ymir Sailing Club est prêt désormais à accueillir d’autres voiliers de passage pour l’hiver.

N’hésitez pas à prendre contact avec Birgir : http://xn--mir-koa.is/vefmyndav.html
Pour nous l’aventure 2010 se termine ici.
Mais celle de 2011 se prépare déjà !

jeudi
26
août - 2010

Vous avez dit banqueroute ?

(par Sylvie)
J’ai craqué. J’avoue. La curiosité l’a emporté : après la baleine, j’ai goûté du « puffin » (macareux moine). Et je n’ai aucun remord. Après tout on mange bien du faisan ou de la caille. Avec sa petite gueule de clown triste, le macareux est sans doute plus attendrissant mais il n’est pas menacé de d’extinction et sa chair est succulente.

Attention n’allez pas croire que les Islandais en sont réduits à manger du puffin parce qu’ils n’ont plus grand-chose à manger depuis le crack de 2008. Non le puffin est un plat traditionnel et n’a pas attendu la crise pour être au menu des meilleurs restaurants de Reykjavik. Et puis, il ne faut pas exagérer. La banqueroute islandaise, je vous assure, est parfaitement invisible à l’œil nu.

Reykjavik pète la santé, semble-t-il. Il y a abondance de touristes, de boutiques où les designers islandais s’en donnent à cœur joie dans le luxe kitch. Nous avons vu un monsieur vendre trois bouteilles parfums pour homme dans une boutique de plus 50 m2. Le chic du chic. La vie est très animée dans la capitale et riche en événements culturels. Face au port, le chantier du nouvel opéra (ouverture 2011) va bon train.

« Nous avions eu trop et trop vite, estime Helga On ne pouvait pas continuer comme ça. Aujourd’hui les choses sont retournées à la normale ». Dans la banque où elle travaille, tout le monde a été licencié en 2008 pour être réengagé à un salaire plus bas. Hanna, elle, est employée de la compagnie nationale d’énergie. Et pour elle, tout à continué comme avant et son revenu n’a pas baissé d’un centime. « Bien sûr, il y a eu un peu d’inflation et le pouvoir d’achat à un peu baissé, dit-elle. Cette année, encore, les Islandais ne sont pas partis à l’étranger et ont passé leur vacances à visiter leur pays ».C’est vrai que nous avons croisé beaucoup d’Islandais en vacances chez eux. Pourtant, la coiffeuse chez qui je me suis hasardée dans le petit port de pêche d’Isafjördur commerçant, s’apprêtait à partir quinze jours en Espagne, avec son commerçant de mari et ses deux enfants.
Ninna et son mari, tous deux retraités s’en vont eux aussi. Ils passent six semaines par années, en hiver, aux Canaries. Le reste du temps, entre golfe, peinture et travaux de jardinage, Ninna vit très confortablement dans la magnifique villa familiale, même si son mari a dû renoncer depuis 2008, à une retraite complémentaire de l’Etat, la banque dans laquelle il travaillait lui assurant une rente suffisante.

Alors, la crise ? « Dans notre profession, notre activité a baissé de 40 % », affirme un chauffeur de taxi. Bien entendu c’est le secteur bancaire et financier qui a le plus souffert, ainsi que le marché immobilier et ceux qui, ces dernières années ont acheté un logement. Ils se sont fait avoir par des prêts hypothécaires qui leurs étaient proposés en couronnes, mais qui étaient basés sur des monnaies étrangères. Résultat, quand la couronne s'est effondrées, les taux de remboursement ont explosé Comme le chômage qui navigue désormais dans la zone des 7%. (contre moins de 2% avant le crash). En revanche, la chute de la couronne islandaise a boosté le tourisme. Et de l’avis général, l’économie islandaise est en phase de reprise. Ce qui conforte les Islandais dans l’idée qu’ils se débrouillent très bien tous seuls

La majorité de la population ne voit pas d’un bon œil les négociations entamées par le gouvernement l’UE. « L’adhésion n’est pas une solutions pour nous, affirme Birgir. D’abord parce que l’Union connaît elle-même des problèmes, actuellement. Et puis, surtout à cause de la pêche ». Pas question de laisser les pêcheurs européens pénétrer dans les eaux territoriales islandaises. « Sans l’industrie de la pêche, notre pays est fichu », ajoute Birgir.
Finalement, l’Islande est-elle vraiment européenne. A cheval entre le continent américain et le continent européen (physiquement puisqu’elle est située exactement sur la dorsale médio-atlantique qui a séparé les deux continents), elle a plutôt choisi de mixer le modèle scandinave avec l’american way of life. En toute indépendance. Et la relève est prête à prendre part à la compétition et à gagner.

jeudi
26
août - 2010

Port d'Islande

La pêche, encore la pêche… rien que la pêche.
En Islande tous les ports sont des ports de pêche. Prévus pour accueillir les chalutiers, mais aussi les nombreux petits bateaux de pêche locaux, agglutinés généralement sur quelques catways dénommés « Small boats harbour » le plus souvent très peu profonds.
Rien n’est prévu pour la plaisance, mais l’accueil est partout excellent, et le Harbour Master vous propose toujours une solution convenable pour vous amarrer. Accueil gratuit aussi, à quelques exceptions près, que nous mentionnerons.
Et qui dit port de pêche, dit aussi poisson. Il suffit d’aller vers les pêcheurs qui débarquent leurs prises pour en obtenir. Jamais ils n’ont voulu qu’on les paie. Mais une plaque de chocolat en échange fait toujours bien plaisir.

Seydisfördur : Port le plus pratique pour atterrir en Islande. Entrée facile, même par brouillard, le radar rend parfaitement les falaises. Amarrage au quai sud (gros pneus). Protégé des vents d’été, mais peut être inconfortable en cas de vent de nord-est.
Eau (excellente) disponible au quai de débarquement des pêcheurs.
Le Small boat harbour est peu profond (1,5m) et très encombré. On nous y a fait une petite place pour laisser Chamade une semaine, le temps d’une visite en voiture à l’intérieur.
Internet et wifi gratuit à l’office du tourisme (au terminal du ferry pour le Danemark).
Supermarché et piscine intérieure. 1 bus par jour pour Egilstaddir (aéroport)

Raufarhöfn :

Très bonne protection, très bien placé sur la route du tour d’Islande.
Amarrage au quai nord, devant l’église (gros pneus). Attention les fonds remontent très vite au fond du bassin. Le small boat harbour est encombré.
Eau disponible sur le quai. Piscine à 500 mètres au sud du village. Superette

Grimsey :
Amarrage au quai du ferry sauf le lundi, mercredi et vendredi de 10 à 16h. Supérette.

Flattey :
Ponton flottant au fond du lagon. 1,8m à marée basse. Attention, entrée à marée haute seulement. Peu d’eau dans le passage. Très peu d’eau le long du quai en bois. Protection totale. Quelques habitants durant l’été.

Dalvik :
Amarrage le long de la jetée sud-est. Gros pneus. Très bonne protection. Eau sur le quai. Demander au harbour master. Fuel disponible au ponton (automate à code) mais compliqué. Voir avec la station service à 500 mètres du port pour qu’ils viennent avec leur code, et paiement après. Bus 3x par jour pour Akureyri (aéroport). Très pratique et évite de faire 20 milles supplémentaires pour atteindre Akureyri. Bonne base pour visiter l’intérieur du pays.
Internet et wifi gratuit à la bibliothèque. Supermarché. Laundry (à l’intérieur du Vinbud, le magasin d’alcool ! Etrange mais vrai) Superbe piscine chauffée en plein air avec « hot pot »

Siglufjördur :
Amarrage au quai sud (gros pneus) sur conseil du harbour master. Le ponton du small boat harbour est encombré par les pêcheurs. Eau à quai. Fuel détaxé à quai. Demander au harbour master.
Internet gratuit à l’office du tourisme. Laundry au camping à 50 mètres du quai.
Ne pas manquer la visite du musée du hareng.
Piscine intérieure.

Isafjördur :
Ponton flottant au port intérieur. (A noter la présence de 5 voiliers locaux sur bouées. Les premiers qu’on voit en Islande). Eau et électricité à quai. Payant. 3000 IK pour un forfait de 3 jours + 500 IK pour l’électricité. Aéroport.
Internet et wifi à l’office du tourisme. Supermarché, piscine intérieure.

Aedey :
Le guide de l’Islande indique un petit lagon parfaitement protégé devant la seule ferme de l’île, exploitée durant l’été. Il mentionne 2m d’eau dans la passe à mi-marée et un mouillage par 4-5m de fond. Nous y avons jeté l’ancre, mais n’avions que 1,2m d’eau à marée basse (grande marée il est vrai) Parfait pour un dériveur, mais un quillard aurait été mal à l’aise !
Mouillage remplis de guillemots à miroir et d’oies cendrées. Superbe.

Sudeyri :
Quai des pêcheurs, gros pneus, et marée qui commence à être importante (2,5m).
Excellente protection, accueil chaleureux. Eau et fuel à quai. Piscine extérieure et hot pot, magasin.

Thingeyri :
Jetée ouest du port de pêche peu confortable par vent d’est. Avons amarré à couple d’un bateau de pêche. Le small boat harbour voisin est encombré et visiblement peu profond.
Un shop à la station-service, piscine couverte superbe. Un bistrot sympa juste devant le port. Plus salon de thé que pub (wifi).

Patreksfjördur:
Gros port de pêche en plein travaux d’aménagement. Le small boat harbour est encombré. Avons séjourné au quai de débarquement des pêcheurs, profitant du calme du week-end. Gros pneus. Marée importante.
Supérette, superbe piscine en plein air avec hot pot et vue sur la mer.
Pub du « pirate » dans un ancien atelier mécanique. Très sympa.

Reykjavik :
-Petite marina (Brokey marina) sous l’opéra en construction. Bonne protection. Elle semble très encombrée. Payant. www.brokey.is
-Un ponton visiteur flottant au fond du port (2-3-places), près des bateaux de whale watching. Payant.
Beaucoup de clapot par vent de nord-est (Assez fréquent)

Chamade a trouvé refuge au :
-Ymir Sailing Club de Kopavogur, immédiatement au sud de Reykjavik. (Dans la baie de Fossvogur) Possibilité d’y faire escale. (Une place en extrémité de ponton flottant)
Prendre contact avec son président Birgir Ari Ilmarsson. http://ýmir.is/vefmyndav.html
Accueil formidable, eau, électricité, douche, club house, wifi. Fuel détaxé au port de pêche voisin. Voir prochain article du blog.
Supermarché et piscine couverte à 10’ à pied. Bus pour la ville à 15’ à pied.

Météo :
Un bon site, celui de la météo islandaise. Temps, vent… tout y est. En précisant que dans ce pays c’est parfois « relatif » :
http://en.vedur.is/weather/forecasts/areas/

mardi
24
août - 2010

Il y a mieux que l’Eyjafjallajökull

(par Sylvie)
Quelles nouvelles de l’ Eyjafjallajökull (il parait que ça se prononce : ay-uh-fyat-luh-yoe-Kuutl-uh) Depuis que nous sommes arrivés en Islande, nous n’en n’avons plus entendu parler. Son éruption et ses nuages de cendres qui ont fait suer toute l’Europe, n’ont été qu’une péripétie pour les Islandais qui ont en revanche saisi l’opportunité de commercialiser l’événement : tours en avion au dessus du cratère éteint, cartes postales de l’éruption, livres d’images, T-Shirt (avec parfois des jeux de mots douteux en anglais), poudre de lave en sachets, garantie authentique et timbres poste en relief. Tout s’achète et tout se vend, surtout le frisson de violences naturelles qui nous dépassent.

Nous ne sommes pas allés voir du côté de L’Eya machin. Nous avons préféré nous laisser séduire par d’autres régions, comme celle de Kjölur : un immense haut-plateau totalement désertique, entre deux glaciers. Il est traversé par 180 km de piste F où seuls les4x4 peuvent circuler. C’est un peu la traversée de la lune. Et sur la lune islandaise on fait parfois des rencontres insolites. Par exemple les extraterrestres de la petite reine.

Courageux ou maso ? Il y a de quoi souffrir mille maux dans ce désert de pierres, à moins d’avoir les fesses en titane. Il faut aimer bouffer les kilos de poussières que vous balancent les 4x4 lorsque le temps est sec. Et s’il est à la pluie ou que le vent souffle en sens contraire, bonjour l’enfer du nord,qui reste pavé de la bonne intention de se surpasser.
Pour les extraterrestres qui se sentiraient pousser des ailes, les autorités islandaises ont aussi prévu une piste au milieu de nulle part.

Attention au décollage !

Autre rencontre insolite ou plutôt exotique dans ces lieux du bout du monde : Chloé

Comment cette jeune parisienne a échoué dans le refuge de Kerlingarfjöll où elle travaille pendant quatre mois, 14h par jour et 7 jours par semaines ? Erasmus, naturellement. Chloé a décroché une bourse Erasmus pour aller étudier l’histoire des totalitarismes à Reykjavik, dans le pays le plus démocratique du monde. Les conditions de travail dans le refuge ? « Bof ! », pourvu qu’il y ait un peu se souplesse quand on a envie de se reposer et surtout un bon salaire. « C’est super bien payé, affirme Chloé , je n’aurais jamais rien pu trouver de tel en France ». Fin septembre la piste du Kjölur sera fermée au trafic et Chloé quittera son refuge pour regagner Reykjavik. Paris, visiblement ne lui manque pas.

Du refuge très cosmopolite de Kerlingarfjöll ( nous y avons croisé des Français, des Canadiens, des Espagnols, des Italiens, des Allemands, des Anglais, des Suédois , et même des Islandais) on peut parcourir à pied le massif volcanique et glacière de Kerlingar. Et là, l’insolite est partout, entre glaces, fumées et crachats des solfatares.

vendredi
20
août - 2010

Côte ouest de l’Islande : Le vent rit sous cap

Restait donc à descendre cette côte ouest de l’Islande, à relier Isafjordur à Reykjavik.
Une côte découpée tout d’abord de longs fjords dans lesquels se cachent quelques petits ports qui valent largement le détour d’une dizaine de milles nécessaires pour les atteindre. Mais qui dit fjords, dit aussi caps qui les séparent.
Et là avec les vents de terre qui soufflent ces jours, c’est une vraie loterie.

A chaque cap sa zone déventée, mais aussi ses rafales. Et pas un seul qui « fonctionne » comme les autres. Une fois la zone calme est au nord, une fois au sud.
Quand aux rafales, elles tombent de tout côté, sans logique apparente. 30 à 35 nœuds par moment. A l’intérieur des fjords ça n’est guère plus simple. C’est une fois de sud-est, une fois de nord-est, une autre fois d’est. Et tout aussi irrégulier. Les grains se succèdent, les virements aussi et la remontée vers Patreksfjördur paraît interminable.

Elle se termine par un délicieux plongeon dans les « hot pots » de la chouette petite piscine en plein air. Juste le temps de se remettre avant la dernière étape vers Reykjavik, distante encore de 130 milles.
La météo prévoit 20 nœuds de vent tournant au nord pour les prochaines 24 heures, puis au nord-est, en se renforçant à 25 nœuds puis 30 d’ici 3 jours. On décide donc de faire le saut d’une seule traite, avant le renforcement. Ça devrait baigner.
Et au début, tout baigne.
A peine sorti du fjord, 15 nœuds sont au rendez-vous, on file à bonne allure vers la pointe de Latrabjard, le cap le plus à l’ouest de l’Islande.

Pas pour longtemps, une heure après, le vente tombe et on appuie au moteur.
Puis le vent revient, on remet la toile.
Mais qui dit cap, dit aussi courant de marée et la mer prend des dimensions soudainement spectaculaire. Puis soudain, plus rien. Le vent nous laisse de nouveau tomber comme une vieille chaussette. On se dit que c’est encore l’effet du cap, un coup de moteur et il n’en paraîtra plus.

Oui mais bizarrement, le vent ne revient pas de l’après-midi et la risée Volvo nous accompagne pour près de 30 milles, alors que la météo continue de nous promettre un vent stable de 20 noeuds.
En fin d’après-midi on approche de la pointe de Snaefellsnes, dominée par son volcan encapuchonné d’un glacier. Spectacle magnifique dans le soleil couchant alors que le vent revient peu à peu. On renvoie toute la toile… ça baigne.

Une heure après, ça moutonne devant, et au vu des nuages qui « dégueulent » sous le vent du Snaefellsjokull, on réduit. Tout d’abord un ris, puis deux, puis trois.

Mais 50 minutes plus tard, nous sommes dans le dévent du volcan, on remet le moteur pour une demi-heure.
A 21 heures le vent est de retour, on remet le génois. 20 minutes plus tard, ça souffle à 25 nœuds en tournant au nord-est. On se retrouve au près bon plein et on passe sous trinquette. Mais ça retombe à 10 nœuds une heure plus tard alors que la nuit est bien sombre (on est à la mi-août et c’en est fini des nuits blanches). On remet le génois.
Mais un peu échaudé, je décide de garder les ris dans ce coin ou manifestement le vent ne sait pas ce qu’il se veut.
Bien nous en a pris, puisque ça fraîchit à nouveau à 20 nœuds vers minuit : on réduit le génois. A 1 heure du matin, ça monte à 25-30 nœuds, on rentre le génois et on renvoie la trinquette.
A 2 heures on est à 35 nœuds, on réduit la trinquette. Cette fois-ci c’est vraiment la danse, mais étonnamment, le bateau reste bien stable sous pilote, à 60 degrés du vent apparent, filant entre 6 et 6,5 nœuds. J’en profite pour dormir 2 heures.

A 6h ça retombe à 25 nœuds, on remet toute la trinquette.
A 9h on est à la bouée d’atterrissage, et le vent tombe à 10 nœuds, puis bientôt à plus rien pour notre arrivée au Ymir Sailing Club.
Un dernier coup d’œil à la météo pour constater que les spécialistes persistent et signent pour un vent de nord-nord-est de 20 nœuds.
Sans doute vrai d’une manière théorique, mais comme on vient de le constater, le long de cette côte ouest de l’Islande, il y a plus qu’une marge entre la théorie et la réalité… il y a même plus qu’un cap !

mercredi
11
août - 2010

Faire le tour de l’Islande ou la barbe du capitaine

Celle du capitaine Haddock bien évidemment.
Rappelez-vous : doit-il la mettre dessus ou dessous la couverture. Même ce vieux forban d’Allan s’en moque, et le pauvre Haddock ne sait toujours pas…
Dessus ? Dessous ?
Il en va de même au moment de faire le tour de l’Islande :
Faut-il le faire dans le sens des aiguilles d’une montre, ou dans le sens contraire ?
Le seul guide de l’Islande, celui du Royal Cruising Club estime que les options se valent.
Côté courant dominant, celui de la côte nord porte à l’est, favorisant le sens horaire.
Mais les vents générés par les dépressions qui circulent au sud immédiat de l’Islande sont le plus souvent d’est sur la côte nord, favorisant l’anti-horaire.
Ce fut notre choix… et assurément le bon…

Sur Chamade le capitaine (glabre) n’hésite plus.
Sur les 5 semaines passées sur la côte nord, les vents d’est à sud-est ont soufflés 80% du temps. Et le plus souvent de force très modérée. 15 nœuds voir même moins. Quelques longs calmes aussi.

Une côte nord beaucoup plus sèche que la côte sud soumise aux fronts chauds des dépressions.
Résultat, des navigations total confort, et souvent sous le soleil.
Mais aussi parfois dans le brouillard le plus complet.
Seydisfjördur – Raufarhöfn : 110 milles, dont 50 de moteur et 60 à la voile, génois tangonné sous le soleil.
Raufarhöfn – Grimsey : 60 milles dont 40 à la voile, génois tangonné sous le soleil.
Siglufjördur – Hornvik : 100 milles, dont 65 à la voile au portant, mais les 7 dernières heures dans le brouillard, passage du Horn et arrivée dans la baie au moteur avec 100 mètres de visibilité !
Hornvik – Leirufjördur : Tour de la pointe nord-ouest au moteur. Calme plat, et brouillard total durant la première moitié, puis ciel sans nuage, mais toujours sans vent. Quelques visions magiques !

Reste maintenant à descendre vers Reykjavik. La météo n’est pas bonne : un gros anticyclone juste au sud de l’Islande (rare pour la saison) et une dépression coincée sur le Groenland amènent des vents de sud et des paquets de pluies. Mais d’ici 3 jours ce sera le retour du vent de nord-ouest et une descente au portant.
De quoi nous conforter une fois de plus dans notre choix:
Le tour de l’Islande, c’est dans le sens contraire des aiguilles d’une montre qu’il faut l’entreprendre.

vendredi
06
août - 2010

Des bêtes et des hommes

(par Sylvie)
L’Islande a aussi son cap Horn, qui s’avance comme le pouce des sept doigts que forment les fjords de l’ouest islandais. Et c’est dans le fjord de Hornvik que nous avons fait connaissance avec l’un des rares habitants de lieu qui est venu nous saluer.

Sur la côte, totalement isolée, une seule ferme s’accroche en contrebas de la montagne. Elle est habitée seulement l’été, par les membres de la même famille qui y passent à tour de rôle quinze jours de vacances, chaque année. De l’autre côté de la baie : un petit refuge orange (comme on en trouve partout sur les côtes et dans les lieux isolés d’Islande), autour duquel quelques campeurs vont passer le nuit avant de reprendre leur treks.

En sortant de la baie, nous apercevrons au loin les ailerons noirs de quelques « minke whales ». Trop loin, trop fugace pour l’objectif d’un appareil photo. Inutile de s’acharner alors que côté terre, le spectacle est permanent.

Et puis, les baleines, on les voit bien mieux désossées sur la grève ou alors en steak dans son assiette. Parce qu’ici, en Islande la pêche à la baleine est toujours autorisée quoique sévèrement contrôlée.

Dans un format plus petit et non menacé, le « spotted cat fish » qui peut bien crever la gueule ouverte et l’air méchant, sa chair n’en n’est pas moins tendre et goûteuse.

Vous ne m’en voudrez pas, je pense, si je joue à saute mouton islandais (qui n’a rein d’exceptionnel par rapport à ses fameux cousins des Shetland) pour vous parler d’un plus noble animal : le cheval. Et quand je dis noble, ce n’est pas un vain mot. Car s’il est décrit comme doux, affectueux et travailleur, le cheval islandais a une spécificité indéniable: il se déplace naturellement à 5 allures au lieu de 3 (le tölt et l’amble, en plus du pas, du trot et du galop), et n’a jamais subi de croisements. Un pur sang bleu islandais. Aucune immigration de chevaux étrangers n’est tolérée depuis des siècles et lorsqu’un cheval islandais émigre, il est banni à jamais de son pays natal.

Le problème c’est que cette politique d’épuration ethnique chevaline conduit peu à peu à une consanguinité peu propice à la santé mentale des animaux. A méditer…
Et puisque je donne dans la parabole animale, je ne résiste pas à l’envie de vous faire partager ma nouvelle (contre)affiche électorale :

Eh oui, en Islande, j’ai même rencontré des moutons noirs et des moutons blancs heureux, qui paissent ensemble librement et broutent la même herbe. Peace and love! Dans la plus vieille démocratie d’Europe (réunion du premier parlement en 930) c’est encore une des devises les plus répandues dans les mœurs. Le pays n’a pas d’armée et n’a mené que la fameuse « guerre du hareng » pour protéger ses zones de pêche. Les Islandais se fâchent seulement lorsqu’on marche sur leurs plates bandes. Sinon…

Que volent les colombes en terre cuite de l’église d’Isafjordur, sur la terre comme au ciel. Elles ont été fabriquées une a une par les habitants luthériens du dit lieu, sans doute sur le modèle vivant des oies sauvages qui, en face de chez eux, ont privatisé le petit port d’Aedey, transformé en mare de mer.

Après tout, dans ce pays, la liberté est aussi valable pour les bêtes que pour les hommes.

jeudi
05
août - 2010

Coup fumant au Kerlingarfjöll

Deuxième partie de ce voyage en compagnie de Marine et de Simon au coeur de l'islande, sur la piste de Kjölur.

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mercredi
04
août - 2010

Le désert de Kjölur: petite fugue en 4x4

A peine débarqués en Islande, Marine et Simon ont embarqué dans notre"beau 4x4", direction le désert de Kjölur.
De quoi vite oublier les joies d'EasyJet, des Radisson et autre Hilton de Londres.

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mardi
03
août - 2010

Le Dakar vous est offert par EasyJet

L’un des sujets de l’été dans la presse suisse, c’était les retards chroniques d’Easyjet et les menaces de son ancien patron de retirer le nom à la compagnie.
En bon journaliste consciencieux, notre ami Simon s’est évidemment rendu sur place :
Reportage Exclusif

Samedi 31 juillet 5h30: Retrouvaille de Simon et de Marine à l’aéroport de Genève. Le vol pour Londres-Gatwick est prévu à 7h. Là-bas il y a 4 heures de battement avant le vol Iceland Express pour Reykjavik : ça baigne.
Euh... pas tout-à-fait… puisqu’il n’y a pas d’avion ! La veille, le retard d’EasyJet était tel, que l’avion n’a pas pu rentrer sur Genève. Les pilotes doivent aller le chercher à Lyon. « Flight delayed » de 4 heures. Bye, bye la correspondance…
Mais notre Tintin reporter a de la ressource. Vite sur internet et achat de 2 nouveaux billets pour Reykjavik sur le vol Iceland Express du soir au départ de Stansted.
Samedi 31 juillet 22h. Après 3 heures de bus pour rejoindre Stansted depuis Gatwick, ça baigne… le décollage ne devrait pas tarder.
Euh… pas tout-à-fait, parce que l’avion prévu a pris un oiseau dans le réacteur à l’atterrissage. Il faut réparer. Le vol est annulé. Iceland Express vous offre la nuit au Radisson et vous amènera à destination demain à midi avec le vol depuis Gatwick.

Dimanche 1er août : Retour à Gatwick. Ça baigne… le décollage ne devrait pas tarder.
Euh... pas tout-à-fait, puisque les employés de la compagnie ont oublié d’enregistrer les passagers en rade. Pas de place, pas d’avion. Iceland Express vous invite au Hilton et tâchera de vous amener à destination demain midi.

Lundi 2 août : Gatwick. Tout baigne, Simon et Marine ont enfin leur boarding pass.
Euh... pas tout-à-fait parce que l’avion a encore 3 heures de retard.

A l’autre bout…quelque part en Islande, l’équipe de « Chamade Tour » essaie de s’adapter.
Il était prévu d’emmener Tintin et Marine en 4x4 au cœur de l’Islande dès leur arrivée le 1er août à Akureyri. A mesure que les SMS annoncent les reports, on corrige. Pour gagner un jour on décide d’aller les chercher directement à Reykjavik et de prolonger la location de la voiture. Heureusement tout baigne et nous pouvons déplacer d’un jour les réservations dans les refuges.

On traverse donc toute l’Islande par la piste de Kjolür profitant d’un soleil magnifique pour faire quelques repérages. Puis on s’invite dans l’hôtel réservé par Simon et Marine qui eux sont ce soir au Hilton de Gatwick. Et l’arrivée étant prévue pour la mi-journée, on se réjouit de refaire la piste tranquillement, même si le temps est à la pluie. Ça baigne…
Euh… pas tout-à-fait puisque finalement il est 17h30 quand nos 2 lurons apparaissent dans le hall d’arrivée. On nous attend au refuge à 20 heures pour manger. Mais c’est juste à 250 km, dont 100 de piste !
C’est donc parti pour l’Islande en Dakar-express.

15 minutes d’arrêt à Geysir, juste le temps d’apercevoir un beau jet, puis c’est de la piste, encore de la piste, de la tôle ondulée, des chaos, de la boue… le tout avalé à fond de train.
Heureusement que nous disposons d’un bon gros 4x4, un Nissan Patrol.

Le désert de pierre de Kjolür sous la pluie prend des allures de bout-du monde.
Finalement à 21h nous sommes sur place. Il reste juste un peu de soupe chaude et un peu de pain. Le contraste est total, et le dépaysement garanti.

Bienvenue en Islande !

dimanche
01
août - 2010

L’Islande classée XXX

Nous avions rêvé du grand soleil, nous l’avons eu, et oh combien !

Pas un nuage sur les immenses plaines volcaniques. Le soleil, encore le soleil et rien que le soleil.
Pas d’ombre, plus de jeu de lumière, plus de contraste…

L’Islande rôtit, nue au soleil, offerte… presque obscène.
Aussi peu mystérieuse qu’un corps nu offert sans pudeur.
L’Islande sans la moindre dentelle, le moindre drapé, le moindre voilage…
Mais ne dit-on pas que la nudité n’est propice ni aux fantasmes ni à l’érotisme.

Vite qu’on nous rende quelques nuages, quelques brumes, quelques draperies et des contrastes de lumières…
Vite que l’Islande retrouve sa magie... son mystère…

Nous voulions le soleil… nous l’avons eu…
Mais comme dit la chanson : (alsacienne, bon sang ne saurait mentir !)
« Der Hans im Schnokeloch, hett alles was er will
Un was er hett des well er nitt,
Un was er will des hett er nitt,
Der Hans im Schnokeloch, hett alles was er will”
(Le Hans de Schnokeloch, il a tout ce qu’il veut
Mais ce qu’il a, il ne le veut pas...
Et ce qu’il veut il ne l’a pas…)

samedi
31
juillet - 2010

Urbanités au pays du hareng

(Par Sylvie)
Pendant une semaine (le temps d’arriver, d’aller rendre hommage aux terres de laves et d’aller humer l’odeur du souffre et d’embarquer un nouvel équipage), nous avons squatté le paisible petit port de pêche de Seydisfjördur, lové au fond d’un fjord, entre des montagnes cascadantes et encore un peu enneigées. Et dont le festival estival de création artistique attire des jeunes de tous le pays.

Seydisfjördur, c’est moins de mille habitants, quelques maisons préfabriquées avec jardin (le style islandais est plus américain que norvégien) une adorable église en bois bleue pâle, un centre de loisirs, une piscine – chaque bled ici a sa piscine couverte ou en plein air, avec des jacuzzis fumants -, un musée – chaque bled ici a son musée – un camping, deux hôtels peu fréquentés, un bar et un restaurant qui mérite qu’on s’y intéresse, un centre d’information touristique avec wi-fi et accès internet, un supermarché, of course, un bus par jour en semaine pour Egilsstadir (grand centre de 1900 âmes) et un grand embarcadère désert, sauf tous les jeudis que Dieu fait, jour du ferry qui arrive et repart pour le Danemark. Nous avions oublié que l’Islande, plus grande que la Suisse, compte moins de 300'000 habitants (densité 2,8 habitants au km2 ) dont plus de 60 % vivent à Reykjavik. C’est dire ce qui reste ailleurs….

A Dalvik (nord de l’île) où nous avons élu domicile pour quelques jours, dans un port à demi désert, c’est un peu pareil. En mieux. Car Dalvik possède en plus, de sa piscine, de son église et de son super-marché et de son musée, une pompe à essence et une magnifique bibliothèque avec cafétéria. Paraît que les Islandais détiennent le record mondial de lecture : plus de quatre livres par an. Mais l’on se demande tout de même comment font pour survivre la soixantaine de maisons d’édition qui se disputent (en islandais) le marché islandais en faisant paraître quelque 1800 ouvrages par année.

Certes nous fréquentons assidûment la bibliothèque ou plutôt son wi-fi. Mais outre la culture, il nous faut aussi songer à des choses plus terre à terre, comme la lessive par exemple. Mais où trouver une « laundry » ? Ca existe à Dalvik ? Oui et devinez où on l’a trouvé ? Au Vin Bud, dans le magasin (monopole d’Etat) qui vend de l’alcool entre 17 et 18h. Le gros vin ça tache, mais avouez que c’est un drôle d’endroit pour faire laver son linge sale. Quant à l’unique coiffeuse du lieu, elle est en congé maternité. Allez donc vous faire tondre ailleurs, par exemple à Akurery la deuxième ville d’Islande, située à 40 kilomètres, où – avec un cervicale coincée – j’ai plutôt avisé l’existence d’un ostéopathe. Mais peut-on se fier à un ostéopathe qui mange des macareux moines et des guillemots (plat typiquement islandais avec la baleine et la soupe d’agneau) ? J’ai préféré rester avec ma cervicale en l’état et regagner le port de Dalvik où l’on pêche encore (un peu) du bon poisson de père en fille.

Grandeur et décadence des ports islandais… Dalvik comme Seydisfjördur a aussi connu son heure de gloire et de grande prospérité. C’était au temps, pas si lointain où le hareng frayait en abondance dans les eaux fraîches de l’Atlantique nord. Le temps où tout le monde ou presque vivait de l’industrie de la pêche et pêchait par optimisme en croyant à l’immortalité du hareng.

Arriva ce qui devait arriver. En 1968 les harengs ont disparu, victimes innocentes d’une surpêche éhontée. Et les pêcheurs d’Islande n’ont eu que leurs yeux pour pleurer le déclin de leurs ports. Celui de Siglufjördur s’était taillé, par exemple, une réputation mondiale. Dans cette bourgade de quelque 3000 habitants, le hareng était salé dans vingt-cinq centres et « transformé » dans cinq usines. C’est de là que partait, dans les années 40, un quart de toutes les exportations du pays. Seul témoin désormais de cette célèbre épopée du hareng : un musée super édifiant.

Mais la nostalgie n’est plus ce qu’elle était contrairement à d’autres ports de pêche, Siglufjördur a su reconvertir ses entrepôts en friche, pour le plus grand bonheur des touristes et des artistes.

Aujourd’hui, le hareng est revenu, mais les habitudes alimentaires on changé, heureusement pour lui et malheureusement pour les pêcheurs islandais qui ont dû diversifier leurs prises et leurs activités. Partout un « harbour master» compte scrupuleusement les prises - essentiellement morues et capelans – de chaque pêcheur qui s’en revient, pour vérifier qu’il n’a pas dépassé son quota.

C’est le meilleur moment pour aller « acheter » notre repas du soir (morue du capitaine, à la sauce moutarde ou au pesto) qui ce soir nous est offert gracieusement, avant la pesée.

vendredi
30
juillet - 2010

Poussières d'Islande

Cette dernière semaine de juillet nous a gratifié d'un temps exceptionnel pour l'Islande. 9 jours consécutifs de beau temps! L'occasion d'une navigation au nord de l'Islande, dans les îles de Grimsey et de Flatey. L'occasion une nouvelle fois de franchir le cercle polaire arctique.
Et de s'en mettre plein les yeux!

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jeudi
29
juillet - 2010

« Is there anybody up there ? »

(Par Sylvie)
Avec le nouveau tee-shirt que je viens d’acheter, j’arbore sur ma poitrine « Lost in Iceland » et dans mon dos, on peut lire :
« Is there anybody up there ?»
Bonne question !

De prime abord j’aurai répondu par la négative. Parce qu’en arrivant vers les côtes islandaises, on n’y voyait rien dans la purée ambiante.
Mais aussi parce que j’avais encore dans les yeux les images imprimées il y a quinze ans, lorsque nous avions fait une première incursion (avion + voiture) en Islande. Des images de cette terre bouillonnante, née du mariage sulfureux du feu et de l’eau, où les nuages foncent en rase-motte sur les reliefs. Quand ils ne décident pas, en un clin d’œil, de tirer le rideau entre le ciel, la montagne et la mer.

Dans ma mémoire, l’Islande, c’était un «wild world » incontaminé , avec ses couleurs de suie et de soufre, ses terrils de poussières volcaniques, ses failles et ses lacs fumants, ses chaudrons du diable où mijotent en permanence toute la bile de la terre et qui dégagent l’odeur acre du soufre. (ouïe, ça brûle)

Un monde d’ombres et de lumières déclinées sur tous les tons : Gris sur jaune citron, ocre sur rouge foncé vert sur blanc, brique sur bleu… Et au milieu de nulle part les routes non asphaltées dans l’immensité d’espaces désertiques noirs et violacés.

J’avais oublié que quinze ans avaient passé. Depuis, crash financier ou pas, le nombre de touristes a quadruplé (un demi-million l’an dernier). Dans les « must » de Mivatn ou du Krafla, on les voit débouler en caravanes de camping car ou par bus entiers sur les routes désormais « normales » ou presque. 4x4 et click-clack, torse nu, comme sur la Costa Brava. La croissance est passée par là. Pour le meilleur et pour le pire.

Il faut se faire à l’idée que l’Islande n’est plus ce qu’elle était. Même que le soleil y a brillé presque sans discontinuer pendant une bonne dizaine de jours. Pour visiter les zones touristiques, mieux vaut se lever à l’aube. Parce, bien entendu, nous, ce n’est pas pareil. Nous ne sommes pas des touristes comme les autres et nous voulons l’Islande incontaminée pour nous tout seuls.

Cela dit, nous sommes biens contents de trouver la civilisation lorsqu’il s’agit d’avoir un accès à internet (offert gratuitement, dans le moindre bled, par tous les bureaux d’information touristique ou les bibliothèques), d’aller tremper ses fesses dans des sources d’eau chaudes ou d’aller à la piscine municipale, nager et surtout prendre une bonne douche.

Finalement, pour répondre à la question de mon Tee-shirt « Yes.there is somebody up here » et même parfois too many people (à mon gré) Mais le « wild world » existe encore. Il suffit de sortir des circuits touristiques pour se retrouver « lost in Iceland »

samedi
17
juillet - 2010

Trilogie islandaise

Première ballade à l'intérieur des terres d'Islande.
Une rencontre forte avec la nature.
Des images... des sons... tout s'imprime en nous.
En voici une petite sélection, une mise en images sur une musique de Kiko (Christophe Esseiva, collègue de la RSR).
Et l'on commence par LE FEU:

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On continue avec LE SEIN DE LA TERRE

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Et l'on termine avec L'EAU

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lundi
12
juillet - 2010

Bille en tête vers l'Islande

Dans l'immensité de l'Océan Atlantique nord, la risque de rencontrer une bille de bois est infime. De plus, la probabilité de lui passer juste dessus est encore plus infime.
Et pourtant, pour Chamade, impossible n'est pas français! Ce fut donc "bille en tête"
Le tronc fut pour notre pomme. Un beau, de 4 à 5 mètres de long et 30 à 40 cm de diamètre.

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Un mot encore pour féliciter les ingénieurs d'Alubat, d'avoir conçu ce système de safran (gouvernail) relevable, muni d'un fusible en cas de choc. Ainsi le choc ne fut qu'une péripétie. Et Chamade n'en a qu'une petite bosse supplémentaire!
lundi
12
juillet - 2010

Chamade est arrivé en Islande

Juste un petit mot pour vous annoncer que nous sommes bien arrivés en Islande samedi après-midi. Arrivée à Seydisfjordur, sur la côte sud-est, dans un brouillard à couper au couteau. Bonne traversée, une fois de plus dans la grisaille et sous la pluie. mais c'est le prix à payer ici pour bénéficier de vent de sud-est favorables à la traversée. (Départ devant une dépression) Le termps de monter quelques images et le récit de cette traversée sera en ligne. Demain nous partons pour trois jours à l'intérieur des terres, avant que Stéphane et Jean-Daniel repartent en avion pour la Suisse. Nous reprendrons la mer avec Jonathan et Elena lundi prochain (si la météo le permet) entamant ainsi le tour de l'Islande dans le sens contraire des aiguilles d'une montre.

mercredi
07
juillet - 2010

“Faroe : the world’s most appealing destination » ???

“Destination la plus attirante au monde » : C’est le titre décerné aux îles Féroés par le National Geographic Magazine.
« C’est pire qu’un temps d’automne » : ça c’est le douanier de Klaksvik qui le dit, arcbouté contre le vent et la pluie qui s’acharnent sur la deuxième « ville » de l’archipel où nous sommes venus chercher refuge le temps de laisser passer une nouvelle profonde dépression inhabituelle pour la saison (969mb).
« Non… ils n’annoncent pas vraiment du vent fort... seulement 30 à 35 nœuds » Voilà pour l’évaluation du Harbour Master de Klaksvik, premier port de pêche des Féroés, qui vient de nous désigner une place abritée pour y amarrer Chamade. Comme quoi les avis sont partagés.

Et ce matin au petit-déjeuner, sous une pluie battante, après une nuit où le vent a soufflé à 40 nœuds, les avis sont tout aussi partagés à bord de Chamade quant à l’« appeal » des Féroés.

Pour résumer : -Il y a ceux qui sont fascinés par la rudesse du paysage, par son austérité, par l’isolement des ces villages accrochées au flan des montagnes, par le jeu des couleurs, ces verts incroyables révélés par le moindre rayon de soleil sur les falaises. Une nature splendide dans cet archipel sorti de nulle part, au milieu de l’Atlantique nord, aux falaises battues par les tempêtes.

-Il y a ceux qui trouvent que décidemment il faut être dingue pour vivre ici, dans ce coin où il pleut 220 jours par an, où 13° fait office de canicule, où le plafond des nuages est si bas qu’on baisse la tête en marchant. Autant dire que le climat ne laisse guère l’occasion de profiter des merveilles décrites ci-dessus.

-Il y a ceux qui trouvent tout cela sans âme, mort, froid, déprimant. Rien de tel que de se balader dans Klaksvik pour argumenter. 4700 habitants, 3 stations-service, 3 supermarchés, 1 Rusdrekkasola Landsin (magasin du monopole d’état sur la vente d’alcool), 1 bibliothèque publique, 1 hôpital régional, 1 bar à pizza, 1 restaurant ouvert dès 18 heures et pas un seul bistrot pour boire un verre !

-Ils a ceux qui trouvent les habitants sympas, oui. Mais encore faut-il les rencontrer. Avec un temps pareil, c’est tous aux abris !
-Enfin il y aurait toutes ces merveilles décrites par la (très bien faite) brochure de l’office du tourisme. L’âme du pays, sa culture, son attachement à sa langue séculaire, ses villages préservés… Sans doute, mais comme déjà dit, encore faut-il pouvoir en profiter.
Alors qui a raison ?
Pour départager, nous nous proposons d’organiser un nouveau colloque public le mois - l’été - le siècle - (biffer ce qui ne convient pas) prochain à Klaksvik. Les inscriptions sont ouvertes.

Et pour l’Islande… on attend toujours que la fenêtre s’ouvre .

samedi
03
juillet - 2010

Cap vers les îles Féroé

Cette fois-ci la fenêtre météo s'est ouverte.
Elle ne durera pas longtemps, il faut donc en profiter.
25-30 noeuds de sud-est, de la houle, des vagues, des surfs... la traversée fut superbe!

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jeudi
01
juillet - 2010

Marin des Féroé, marin qui ne craint rien

Chamade est en attente, sous la grisaille de Symbister, petit port de l’île de Whalsay. Quelques milliers d’habitants, mais qui affrètent de sacrés chalutiers pélagiques.

Nous voilà le regard rivé sur les fichiers météos.
Au programme, la traversée des îles Shetland aux Féroé. 200 milles en plein Atlantique nord. Et une dépression de 972 millibars, sacrément creuse pour la saison. Autour d’elle les vents atteignent 35 nœuds sur son flanc nord et 50 sur son flan sud. Pas vraiment le moment de bouger.

De quoi se rappeler que la zone n’est pas franchement récréative et que les conditions météos y sont souvent… « toniques ».
Mais si nous, nous nous interrogeons, ceux des Féroé n’ont manifestement pas les mêmes critères. Il suffit de voir leurs bateaux amarrés à Lerwick, ici aux Shetlands.

Dire qu’ils n’ont pas hésité à faire 200 milles sur ces coques de noix pour venir boire une bière aux Shetlands !
Car c’est sans doute l’une de leurs motivations, à en croire les innombrables cannettes qu’ils embarquent dans leurs coques de noix. (Il faut rappeler qu’aux Féroé l’alcool est très lourdement taxé).

Deux jours plus tard, la dépression semble stable. Elle monte un peu vers le nord en se comblant légèrement.
30 nœuds sur son flan nord-est, plein portant… ça devrait être jouable.
Demain matin nous quitterons le mouillage de Burra Firth, tout au nord de l’île de Unst.
La traversée devrait être rapide.

mercredi
30
juin - 2010

Faire le fou à Unst

A l'affut d'une bonne fenêtre météo pour traverser vers les îles Féroés, nous nous sommes installés au nord de l'île d'Unst.
Un coin connu des amateurs d'oiseaux marins qui viennent de loin pour assister au spectacle.
Nous avons donc fait comme eux... et nous n'avons pas été déçus!

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