Archive for the ‘ Californie Polynésie 2014 ’ Category

Des nouvelles de Teiki

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Petit voyage vers Nîmes, pour y rencontrer Teiki, le « héros » du film « les Racines et le Tronc », tourné en 2014 aux Marquises.
Teiki était cet été de passage dans son salon de tatouages de Nîmes, où travaillent trois jeunes tatoueurs marquisiens.

Teiki était venu de Tahiti, via les Samoa, pour accompagner une jeune tatoueur samoan qui vient s’installer pour un an chez Tiki Tatoo. Il y pratiquera le tatouage traditionnel samoan (proche de celui des Marquises). Un tatouage qui s’effectue avec un peigne muni de petites dents et un petit marteau. Ce fut l’unique méthode utilisée dans le Pacifique.

Méthode à découvrir dans le film « Les racines et le tronc ».

Quant à Teiki, après un passage au musée du quai Branly à Paris, où il était « en vedette » dans l’extrait de notre film présenté tout l’été lors de l’exposition « Matahoata, arts et société aux Iles Marquises », il a eu la chance d’être invité au Musée d’ethnographie de Londres pour y présenter son travail, avant de regagner Tahiti.

« Les racines et le tronc » sur Air Tahiti Nui

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Bonne nouvelle pour notre projet 2014 au Marquises:

Le film « Les racines et le tronc », qui raconte le parcours de Teiki Huukena, ce film sera tout prochainement proposé aux passagers de la ligne Paris – Papeete assurée par Air Tahiti Nui.

Mais pour ceux qui n’ont pas le temps de s’offrir un voyage à Tahiti, le film est aussi à découvrir sur Youtube!

Rappel:

Teiki Huukena, tatoueur marquisien installé jusqu’en 2014 en France, a embarqué un mois sur Chamade pour parcourir l’archipel. Il est ainsi revenu sur sa terre natale pour y retrouver ses racines et développer un nouveau projet de dictionnaire.
Le film qui raconte cette aventure humaine exceptionnelle, a été sélectionné en 2015 par le FIFO, le Festival International du Film documentaire Océanien, qui se tient chaque année à Tahiti.

Maupiti: le drapeau de la pharmacie

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(Par Sylvie)

Depuis que le Maupiti Express a fait faillite, la plus inaccessible et la moins visitée des îles Sous le Vent est encore plus isolée de ses sœurs de l’archipel et en pénurie chronique. Contrairement à Bora – son ennemie historique- qui se trouve à une trentaine de milles, elle a refusé le tourisme de luxe. Elle a voulu garder son âme simple et paisible, ne développant l’hôtellerie que sous la forme de petites pensions de familles, installées sur les motu ou sur la longue langue blanche d’une plage de cinéma.

De loin, Maupiti ressemble à un château de sable écroulé, mais en s’approchant, on découvre une forteresse naturelle, née d’une vieille roche volcanique recouverte en bonne partie de végétation. Lui restent comme des murs d’enceinte et, en guise de tour de garde, un imposant pain de sucre qui surplombe la passe. C’est qu’on n’entre pas sans autre dans le petit lagon émeraude de Maupiti.

Il faut être vigilant pour s’enfiler dans l’étroit goulet de la passe : la houle ici peut s’avérer despotique. Si elle vous laisse pénétrer dans les eaux calmes, il n’est pas dit qu’elle vous laissera en sortir quand bon vous semble. Remarquez que ce n’est pas la pire des choses qui puisse vous arriver, de rester prisonnier à Maupiti. Car outre les raies manta, le lagon abrite un millier d’habitants qui vous font volontiers la causette.

Rien de tel que de gravir le Mont Teurafaatiu et ses 350 m d’altitude pour prendre la dimension du « royaume ».

Vu les dimensions de l’île (11 km) on peut facilement en faire le tour à pied ou à vélo, en passant devant les deux rangées de petites maisons qui, dos à la montagne, bordent l’unique route. Sans doute étaient-elles plus authentiques, avant le passage du cyclone Osea, en 1997. N’empêche, elles sont avenantes et toujours entourées de jardins dans desquels toute l’ascendance familiale repose en paix. Qu’importe si leurs tombent (parfois mausolées recouverts d’un toit) occupent la presque totalité du terrain, qu’importe si les enfants jouent dessus ou si l’on s’en sert comme cabane à outil. Les morts squatteront pour l’éternité la terre où ils ont vécu et qu’ils ont laissée à leurs descendants. Ils demeurent parmi les vivants et la cohabitation va de soi. « Jamais sans mes aïeux » ! Pour les Polynésiens c’est une garantie de protection.

On comprend que les anciens de Maupiti soient ostensiblement remerciés. Ils ont légués à leurs enfants de quoi subsister, en fruit et légumes. Parce que pour le reste, Maupiti vit en pénurie chronique. Désormais, le ravitaillement se fait une fois par mois quand tout va bien, par le bateau administratif incapable de suppléer à la ligne régulière de la goélette qui a sombré dans les chiffres rouges. Mais si les congélateurs des 4 épiceries de Vai’ea crient famine quinze jours à peine après le passage du bateau, tout le monde semble s’en accommoder. Ici, loin de tout, on a l’habitude du précaire, du fortuit, de l’aléa, de l’improvisation. Ainsi, lorsque le bruit a couru dans le village qu’un dentiste bienveillant fraisait gratuitement sur son voilier, les habitants de Maupiti qui doivent aller se faire soigner à Bora, n’ont pas raté le coche. Restait à le trouver ce dentiste, parmi les voiliers au mouillage. Plusieurs fois nous avons dû nous défendre d’être des arracheurs de dents. Un matin de bonne heure on est venu frapper sur la coque de Chamade pour nous demander des soins:

– Ah, ce n’est pas ici ? Désolés. Avec le « drapeau de la pharmacie » on a cru que c’était le bateau du dentiste !

Et pan dans les gencives de l’orgueil national !

P.S: Demain, après 3 jours de calme plat quasi absolu, l’alizé annonce son retour. Nous franchirons donc la passe pour mettre le cap au nord-ouest sur Penrhyn dans les îles Cook du nord. 550 milles (1000km ) à parcourir en 4 à 5 jours. C’est donc ainsi à Maupiti que Chamade quitte la Polynésie française après une séjour magnifique de près de 6 mois.

Manta de Maupiti: la vidéo

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Voici les images vidéos tournées en apnée dans la passe de Maupiti. Même si l’eau n’y est pas d’une clarté absolue, la rencontre est soufflante!

Les Manta de Maupiti

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En apnée par 7 mètres de fond, près de la passe de Maupiti, rencontre avec sa majesté la raie manta.

Raie manta

Celle-ci fait plus de 2,5 m d’envergure

De quoi donner l'échelle!

Edouard Fritsch: le syndrôme Juan Carlos?

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Allez… vous en prendrez bien une dernière… une dernière dose de politique polynésienne, avant que nous quittions le « Peï », ce qui ne devrait plus tarder maintenant.

Une politique qui aura eu l’heur de nous passionner durant ces quatre mois. Une période charnière pour la Polynésie avec la chute de l’indéboulonnable Gaston Flosse.

Et pourtant…. il suffit de voir la Une de la « Dépêche » pour constater que « l’animal » n’est pas encore mort

Oh non, n’allez pas croire que l’homme s’est retiré, bien au contraire… Tenant son parti par les c… il s’est empressé de se faire engager comme « conseiller » par le Tahoera’a (son parti) et dispose ainsi d’un bureau « administratif » dans les locaux même de l’Assemblée!

Il est vrai qu’il doit absolument garder la main puisque si, dans un premier temps, son successeur adoubé  Edouard Fritsch a été vu comme une sorte de marionnette dans les mains de son mentor, à peine élu à la tête du « Peï » le voilà qui manifeste sa volonté de tirer une trait sur toute une époque (celle de Flosse).   Avec son nouveau gouvernement le nouveau Président montre des signes d’ouverture vers l’opposition, parle de transparence, promet un réexamen du projet hôtelier pharaonique de Gaston Flosse, le fameux Manaha Beach (3000 lits à Papeete!)…

De quoi provoquer la réaction de « l’Ex » qui via son parti bloque toutes ses nouvelles décisions (voir la Une de la Dépêche ci-dessus)…

De quoi, pour nous, rappeler Juan Carlos vu comme une marionnette de  Franco, ou encore Frederik de Clerk apparemment un bon soldat de l’apartheid faire fi de leur mentor et changer le cours de l’histoire une fois au pouvoir…

Alors Edouard Fritsch va-t-il pouvoir « vraiment » faire oublier le système Flosse? En aura-t-il les moyens? A suivre…

Avis de recherche

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Nous craignions hélas qu’il faille se faire une raison…

Reste à souhaiter à notre cher Giallino une longue vie, loin des dents de la mer…

 

Dernières activités polynésiennes (ou presque)

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L’île de Pâques semble déjà loin… il est vrai que nous n’avons guère eu le temps de « buller » depuis. Ce fut d’abord une semaine tahitienne, du temps passé avec Teiki, Delphine et les enfants Valentin et Kenae. Plaisir de les voir tout fraîchement installés dans leur nouvelle vie en Polynésie.

L’occasion aussi avec Teiki de faire une petite « radio », histoire de soutenir notre film « Les racines et le tronc » qui est candidat au FIFO, le festival du film documentaire océanien. C’est début novembre que nous saurons s’il est sélectionné en compétition officielle pour l’édition 2015 qui se tiendra en février à Tahiti. Mais déjà le film a retenu l’attention, d’où cette émission diffusée sur « Polynésie 1ère ». L’occasion de retrouver avec plaisir les joies du micro !

Et tout de suite après, le temps d’un vol entre Tahiti et Raiatea (toujours magiques, ces lagons vu du ciel) nous avons sorti Chamade de l’eau pour un carénage au CNI, le chantier des îles-sous-le-vent. 3 jours au sec, le temps de refaire l’antifouling et de changer le presse-étoupe et l’hélice.

 

Le lagon de Raiatea avec au fond le chantier du CNI

« Au sec », enfin…. Tout est relatif puisque nous avons dû jongler avec les nuages et deux jours de pluies torrentielles ! Heureusement, les matinées furent sèches et les travaux de peinture ont pu se faire de justesse !

Depuis ce matin Chamade flotte à nouveau et nous voilà fin prêts pour reprendre la route.

Rapa Nui: la légende de Céline

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(Par Sylvie)

Il était une fois, à Rapa Nui (l’île de Pâques) une jeune femme blanche, belle, blonde. Explosive, comme jadis les trois volcans de l’ile.Ses longs cheveux  s’enroulaient autour de son corps, comme l’écume des vagues sur les récifs de cette terre du bout du Pacifique.

Elle était venue de loin,  très loin, à la recherche d’une légende. Celle de Nikorima, un guerrier polynésien au visage a moitié tatoué Une merveilleuse légende  qu’elle avait entendue un jour, à la radio, dans son pays natal. C’est à ce moment là qu’elle avait décidé de devenir conteuse et de dénicher  l’origine de sa légende polynésienne. Quelqu’un de là-bas lui avait fait croire qu’elle la trouverait aux îles Marquises. Alors elle s’envola vers Nuku-Hiva.  Elle alla à la rencontre des anciens qui lui racontèrent beaucoup de leur vie et des légendes marquisiennes. « Mais ta légende de Nikorima, lui dirent les vieux, elle n’est pas de chez nous. Peut-être la trouveras-tu Rapa Nui, à l’île de Pâques qui, il y a bien longtemps, fut peuplée par nos ancêtres marquisiens ».

La jeune femme raconta les légendes des Marquises, dans des livres et sur les scènes où elle se produisait. Elle les récitait, elle les mimait, elle les chantait, elle les dansait avec l’agilité des poissons, avec la grâce des oiseaux et ses longs cheveux blonds, s’envolaient dans les airs.

Mais il lui manquait toujours quelque chose pour être heureuse: sa légende inconnue des Marquisiens. Et comme ces derniers, le lui avaient conseillé, elle alla la chercher jusqu’ à Rapa Nui. Mais là-bas non plus, personne n’avait entendu parler de sa légende. Elle était déçue, mal à l’aise sur cette île.  Autant elle avait adoré les Marquises et ses habitants, autant elle commençait à détester les Rapanui, des êtres rugueux, au contact pas toujours facile. Un jour qu’elle s’était disputée avec une femme de Hanga Roa, elle alla verser des larmes de rage et d’amertume au bord de du récif, non loin du lieu où se dressent cinq moai, à la mine renfrognée, aux lèvres pincées qui la regardaient de haut.

Ah! Elle aurait tant voulu se trouver ailleurs, quitter ces lieux inhospitaliers. Elle avait défait ses cheveux qui flottaient dans le vent qui lui giflait de visage, sans parvenir à sécher ses larmes. Soudain, elle vit au loin un cavalier qui l’observait, immobile.

Méfiante, elle vit  s’approcher sur sa monture un jeune et beau Rapanui et quand il voulut lui adresser la parole, elle explosa et déversa sur lui toute l’aversion que lui inspirait cette « isla de mierda ». Piqué au vif, le fier cavalier, lui répondit : « tu ne connais pas mon île. Monte! « . Séduite,  la  jeune femme monta en croupe et partit avec son cavalier à la découverte des pierres sacrées de l’île. Ils ne se sont jamais plus quitté. Elle vit désormais avec lui et leur petite fille, sur la mystérieuse et fascinante l’île de Pâques.

Parfois, quand elle les dénoue, ses longs cheveux s’enroulent autour d’elle comme un filet autour d’un poisson. Elle n’a toujours pas retrouvé la légende de Nikorima,  mais elle pourrait  désormais conter la sienne: la légende rapanui de Céline.

 

Cathy, la troglodyte rapanui

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(Par Sylvie)

La voix est un peu éraillée, à cause des cigarettes, mais l’accent ne trompe pas : Cathy est bien de chez nous. Elle, c’est « la fille à Maité », célèbre patronne et figure historique du café du Soleil de Saignelégier (JU).  C’est la meneuse, la frondeuse, la squatteuse de Rhino, la baroudeuse, qui a tourné la terre, avant de se poser sur l’ile des moai. Pour l’amour de deux hommes, mais aussi sans doute de cette terre qui doit parfois lui rappeler ses Franches Montagnes natales.

Hanga Oteo, l'oasis où Cathy a vécu 5 ans dans une grotte (la maison n'existait pas à l'époque)

 

Les grandes étendues de pâturages au pied des volcans, les chevaux en liberté, les troupeaux dispersés de vaches…avec son premier mari rapanui, elle vivait de longues périodes dans une grotte, pour s’occuper du domaine familial. Un autre genre de squatt qu’elle nous fait découvrir, avec un brin de nostalgie, au terme de 5 heures de marche entre ciel et mer.

Hanga Oteo, la grotte, lieu de vie de Cathy il y a 30 ans

 

Aujourd’hui, elle est aussi fière de nous montrer sa maison de bois, à la sortie d’Hanga Roa, au milieu de ses plantations d’ananas de pastèques et de tarot. Elle y vit sans eau courante ni électricité (si ce n’est celle qu’elle fabrique à domicile quelques heures par jour  avec un petit groupe électrogène), mais elle a son four à bois, et son jardin où elle fait pousser ses plantes médicinales. Et chez elle tout est chaleureux : la bohème de son nid qu’elle partage avec « mi Amor », son deuxième mari rapanui, comme sa personnalité sans fioritures. Elle a son franc-parler, Cathy, et un cœur grand comme ça !

Elle vous accueille, elle vous englobe dans sa vie de pascuane elle vous fait partager SON île dont elle semble, après trente ans de complicité, connaitre chaque habitant, chaque pierre, chaque moai, chaque pétroglyphe.

Quand elle en a l’occasion, elle accompagne des étrangers  à la rencontre des moai et de leur histoire. Comme tout le monde à l’île de Pâques, elle vit aussi un peu du tourisme. Bien sûr elle a parfois la nostalgie de la Suisse même si désormais elle se considère comme membre à part entière de la grande famille rapanui.

 

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