Archive for the ‘ Colombie britannique 2013 ’ Category

A la MOD 70: 34 noeuds sous le Golden Gate!

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Bon, avant de quitter la Californie il fallait bien qu’on termine par une surprise en forme d’apothéose.
Les retrouvailles avec Steve Ravussin nous ont ainsi parmi de passer d’un bord à l’autre… de Chamade à Orion.
Orion: un MOD 70, un trimaran de 21 mètres, de la classe monotype des MOD 70.
D’un bord à l’autre, mais aussi d’un monde à l’autre!
34 nœuds sous le Golden Gate… ça change de 7 à 8 nœuds de Chamade!

Hoax version 1892

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Dès 1850 la rumeur était parvenue jusque sur la côte atlantique de l’Amérique :

En Californie, dans la Sierra Nevada, il y avait des arbres qui faisaient plus de 10 mètres de diamètre et 100 mètres de haut. Quelque chose qui paraissait inimaginable.

Lorsqu’en 1892 un entrepreneur découvre cet arbre de 97 mètres de haut, vieux de 3200 ans dont 18 hommes se donnant la main arrivent tout juste à en faire le tour, l’idée lui vient de l’amener jusqu’à Chicago pour en faire une attraction de la « 1893 World’s Fair ».

 

Mais voilà, l’arbre pèse près de 1500 tonnes ! Difficile de l’emmener d’une seule pièce. L’idée lui vient donc de le scier, d’en enlever le cœur et de transporter seulement la partie extérieure, découpées en centaines de morceaux soigneusement numérotés.

 

L’idée est géniale, mais cette « reconstitution » sème le doute et très vite la rumeur dit qu’il s’agit d’une mystification, que c’est en fait un « hoax » version 19ème siècle.

Aujourd’hui il n’en reste que le « Chicago stump » (la souche de Chicago). Une souche parmi des dizaines d’autres dans cette partie de King’s Canyon, véritable cimetière des géants.

 

Est-ce pour cette raison qu’au début du 20ème siècle, il vient à d’autres l’idée de creuser un vrai tunnel pour montrer que ces arbres étaient si larges qu’une voiture pouvait passer dessous ! Les premières photos firent le tour de la terre et si l’un des deux géants ainsi maltraités s’est depuis écroulé, un autre résiste toujours.

 

Mais bien heureusement désormais les autres survivants sont à l’abri et en leur rendant visite on se dit que :

 

-On est jeune !

 

 

-les vieux se portent bien !

 

 

-Mais qu’on est dramatiquement périssable !

 

 

 

 

Le Yosémite brûle!

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Yosémite (Exagerated Press, envoyé spécial)

L’ énorme incendie qui ravage le Parc National du Yosémite continue de s’étendre.

Sur place la situation est dramatique et les secouristes ont fort à faire pour récupérer les touristes égarés dans la fumée.

Les routes ont dû être fermées prenant au piège les milliers de touristes qui fréquentent ce parc parmi les plus célèbres des Etats-Unis. Des camps de réfugiés ont été installés à la hâte dans l’attente d’une possible évacuation.

On se calme… et retour à une actualité spectaculaire avec ces quelques commentaires :

C’est vrai que l’incendie est énorme et spectaculaire. Les photos prises dans la fumées l’ont été au Nevada, à près de 100 km, mais hélas pour les habitants de cette région, sous le vent des incendies. Durant une journée entière, en approchant du Yosémite par l’est, nous avons roulé feux allumés (si j’ose dire !) dans une atmosphère quasi irrespirable.

Mais une fois dans la zone touristiques du parc, la zone sud-ouest, au vent de l’incendie, c’est « business as usual ». Le ciel est magnifique, même si au loin les nuages de fumée sont bien visibles.

 

Les touristes sont nombreux et les grimpeurs continuent de s’attaquer à la mythique paroi du Capitan.

C’est même tellement « as usual » que sans réservation, nous avons dû passer la nuit dans ce « camp de réfugiés », à savoir le village de tentes de Curry Camp. 350 tentes collées les unes aux autres, 2 lits, des draps une couverture et that’s it. Les WC sont « à l’étage » (ne pas oublier sa lampe de poche) et le tout pour la modique somme de 119 $ la nuit ! Reconnaissons toutefois que l’organisation logistique est incroyablement efficace et qu’elle vous fait presque oublier l’aspect « concentrationnaire ».

Pour le reste, tout est normal, même si l’une des routes d’accès est fermée, la Highway 120, faussement traduite « autoroute » par les agences de presse. Une highway ce n’est rien qu’une route principale, et celles du Yosémite sont à 2 voies, serpentant parmi les montagnes.

Reste donc juste à se balader et à admirer l’incroyable beauté des lieux.

Enfin, en ce qui concerne les séquoias, si les plus spectaculaires sont dans « Sequoia National Parc » 200km plus au sud, ceux du Yosémite sont situés à l’autre extrémité (sud-ouest) de la zone touchée
par l’incendie, qui progresse, poussé par le vent, dans la direction opposée. Donc aucun risque. Et de plus ces arbres millénaires ne craignent pas les incendies. Ils en subissent un tous les 20 ans en moyenne (faites le compte sur 2000 ans !).

 

Malakoff: Une première écolo

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De l’or ! De l’or !

En 1849 la nouvelle se répand comme une traînée de poudre… on a trouvé de l’or sur les contreforts de la Sierra Nevada. On connaît la ruée qui s’en suivi.

Mais très vite les pépites se font rares et la bonne vielle méthode de la poêle manque d’efficacité. Il faut trouver une méthode plus rapide : ce sera le canon à eau.

On attaque directement les collines au moyen d’énormes jets d’eau. Et comme il faut beaucoup d’eau, on construits des « bisses », on capte tous les torrents, on creuse des tunnels. Et ça marche !

Dès les années 70, à Malakoff  Diggins, la méthode prend des proportions gigantesques, les résultats aussi : en  quelques années on retire pour plus de 3 millions de dollars d’or des entrailles de la Sierra. Mais à quel prix. Car des millions de mètres-cubes de terre et de gravier sont emmenés en aval dans la South Yuba River. A 250 kilomètres en aval, l’eau de la baie de San Francisco prend une couleur brune durant toute l’année. Et surtout le limon se dépose dans le cours des rivières faisant monter leur niveau et inondant les champs de la vallée de Sacramento.

C’est le début d’une lutte sans merci des paysans qui lancent une pétition. Mais peut-on tuer la poule aux œufs d’or ?

C’est finalement le 7 janvier 1884 qu’après des mois d’un procès qui aura vu les témoins défiler à la barre, que le juge Lorenzo Sawyer fait connaître son jugement : une première en matière de législation écologiste puisque sur 225 pages il décrit les dommages causés par la méthode du canon à eau et  interdit donc aux compagnies minières de rejeter leurs débris terreux dans les rivières… Autant dire qu’ainsi la méthode n’est plus rentable… L’ère du canon à eau est terminée. (Si l’on excepte sa large utilisation dans la répression de manifestations !)

A Malakoff les vestiges des canons sont au musée et la Ranger qui nous fait la visite se rappelle qu’elle est d’origine suisse et qu’elle doit avoir encore quelques cousins du côté de Rapperswil. Des Gisler si elle se souvient bien. Qu’ils soient ici salués !

Chamade au sec (et au chaud !)

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Et voilà c’est fait, Chamade est à nouveau au sec pour l’hiver. Pour cela nous avons remonté la Napa River jusqu’à la Napa Valley Marina, un chantier situé à 8 milles au cœur de cette vallée de vignobles et de bons vins.

Au sec et aussi au chaud puisqu’une fois loin des brouillards de la côte la température monte vite : 30°C et 50% d’humidité. Idéal pour les travaux de préparation à l’hivernage !

A noter aussi que c’est le seul chantier qui offre des tarifs abordables dans la région. 400 $ pour la mise au sec et la remise à l’eau et 160 $ par mois pour le stockage. Sur la côte ou encore plus au sud vers Los Angeles vous pouvez multiplier par 2 voire par 3 ces tarifs.

Ainsi se termine la partie maritime de « Chamade 2013 ». Déjà diront certains, mais il faut bien que nous rentrions en Suisse pour travailler quelque peu avant un programme de fin d’année chargé d’aventures. En décembre nous serons en Antarctique pour une expédition ski-voile à bord de « Podorange » et fin janvier de retour en Californie pour y préparer le grand saut vers la Polynésie.

Mais pour l’heure, reste encore au programme un petit tour terrestre en Californie avant le vol de retour prévu le 3 septembre.

America’s Cup 2013 : un goût de football américain

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Il ne nous aura donc pas fallu plis de 5 minutes pour qu’il revienne à notre souvenir que San Francisco accueille durant cet été 2013 l’America’s Cup. Nous n’aurons finalement pas eu le temps de suivre cette compétition, il n’empêche qu’elle était là sous nos yeux et qu’elle suscite quelques réflexions.

D’abord, quand je dis sous nos yeux, c’est plutôt la partie terrestre qui frappe par l’ampleur des installations. Parce que du côté des courses, avec 2 régates par semaine, c’est plutôt un non-événement qui traîne en longueur. A terre donc, deux zones réservées au public, l’une avec des tribunes juste en face du passage d’une bouée, et l’autre au cœur de la zone touristique de Pier 39, avec écran géant, boutiques et surtout une immense scène où durant tout l’été les concerts se succèdent en soirée. Vu le manque de spectacle sur l’eau, il faut bien entretenir la ferveur et offrir aux sponsors un peu de retour sur investissement. Parce que la journée, on ne peut pas dire que la ferveur et l’affluence soient grande. Normal, vu qu’il ne se passe rien. Il est vrai qu’avec 3 challengers seulement, la fameuse Louis Vuitton Cup (les régates permettant de sélectionner le finaliste qui affrontera le Defender Oracle) n’en est plus vraiment une.

Sauf les jours de course ! Alors là… Le spectacle voulu par Larry Ellison, le milliardaire et magnat d’Oracle, est total. Le plan d’eau est magnifique, les course ayant lieu vers midi, une fois le brouillard disparu. Le vent souffle à chaque fois entre 20 et 25 nœuds et le parcours en banane oblige les concurrents à 2 virements de bouées à quelques mètres de la rive. (A Aukland ou même à Valence, les régates on les voyait à la télévision). De plus la vitesse de ces oiseaux volant en équilibre instable sur leurs foils est impressionnante. Des pointes à plus de 45 nœuds ! Des empannages à la volée… un vrai numéro de voltige. (Avec des crashs parfois aussi spectaculaires que désastreux : 1 mort et plusieurs fois des équipiers éjectés à la mer).

 

Reste que cette coupe version 2013 laisse quelque peu certains amateurs sur leur faim. On est loin des subtilités du match racing, des jeux tactiques qui faisaient les délices de l’America’s Cup « à l’ancienne ». Ici c’est tout en puissance. De la vitesse pure. C’est le plus puissant qui prend les devants et il n’y a pas vraiment de suspens. Dès le premier bord souvent, tout est dit. Seule la casse remet en cause parfois l’ordre établi. En fait, et ça n’est pas surprenant) c’est du vrai sport spectacle à l’américaine. Plus du football américain que du football européen. Plus du Nascar à Indianapolis que de la F1 à Monaco. Il y a ceux qui aime et les autres. Le débat fait rage sur les forums spécialisés.

P.S : A propos de vitesse impressionnante, l’autre jour en traversant la baie, nous avons apperçu un trimaran rivalisant de vitesse avec les Class America’s. Ce n’est qu’une fois mouillé devant Sausalito, alors
que nous dégustions une glace sur les quais qu’un coup d’œil sur Facebook nous apprend que Steve Ravussin navigue en baie de San Francisco. Bon sang, mais c’est bien sûr ! Le tri… c’était un MOD 70… celui que Steve a vendu à un riche entrepreneur californien et dont il assure la mise en main. Le temps d’un échange de SMS et l’on se retrouve pour de brèves retrouvailles entre voisins sur les quais, Steve devant prendre un avion le jour même et nous, gagner la Napa River pour y préparer Chamade pour l’hiver. Et quand je dis « voisins » c’est au sens propre puisque la maison des parents de Steve, en Suisse, est juste à côté de la nôtre.

How are you guys ?

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(Par Sylvie)

Grrrrrrrrrrrr ! Je ne veux plus qu’on m’appelle guy à la fin de chaque phrase et je ne veux plus qu’on me remplisse mon verre de glaçons, ni qu’on me fasse mariner dans de l’air conditionné, ni qu’on ne demande dix fois par jour comment je vais aujourd’hui, alors que tout le monde s’en fout ! Parce que je sens mon anti-américanisme primaire me submerger au grand galop. Pourtant San Francisco  m’avait presque réconcilié avec l’Amérique, lorsque nous avons jeté l’ancre à Aquatic Park, à deux  pas de la plage.

Passé le premier haut le cœur devant la foule de bipèdes en casquette, shorts, socquettes et tennis ( ou alors version casquette shorts, teeshirt et tongs) qui se déversait sans discontinuer, de boutiques de souvenirs en restaurants, le long de Pier 39 et environs, j’ai persévéré. Nous sommes allés voir au-delà du champ de foire : le Golden Gate, en tandem, jusqu’à Sausalito et retour en Ferry ;

 

La Coit (sic) tour avec une heure de queue debout pour un orgasme très relatif…

 

Le tram F qui vous passe devant, sans s’arrêter, parce qu’il est bondé. Et là j’ouvre une parenthèse pour vous dire qu’il n’est aucunement besoin d’aller visiter le musée des tramways, ni même de prendre (si vous avez beaucoup de patience) l’historique « cable car », car en prenant les transports publics de San Francisco, vous circulez dans les trams ou autobus qui auraient leur place au musée.  Alors que vous bénéficiez d’immeubles entiers de parkings pour les voitures !

 

Conclusion : Frisco c’est bien, à condition d’être à l’abri du vent, du bon côté du brouillard et de la barrière sociale (tout le monde n’a pas les moyens d’y habiter)

Du coup, j’ai admiré le talent de ceux qui ont fait le marketing de cette ville mythique où il n’y a rien de spécial à voir, si ce n’est le musée d’Art moderne de Mario Botta (fermé pour cause d’agrandissement).

En revanche, il y a sans aucun  doute une liberté, une manière d’être, une mixité culturelle et une dynamique à vivre. C’est surtout ça Frisco : une ville en mouvement aux énergies positives, avec ce zeste de dolce vita latino que lui confère ses origines.

 

Nous y avons cherché en vain a bookshop (une librairie), on nous a dit qu’il devait bien y en avoir encore quelques-unes, mais qu’avec internet c’était assurément une espèce en voie de disparition. Autant savoir ce qui nous attend, puisque Frisco reste à l’avant-garde de  nos modes de vie.

Enfin j’ai cru être totalement réconciliée avec l’Amérique en dégustant des Tapas d’une finesse inégalée, et un verre de vin local, dans le restaurant de Napa où nous avons été invités par Ron, un Américain adorable  (un de plus).  Mais voilà, c’est plus fort que moi : je ne supporte pas qu’on me dise  how are you guy. Mais à part ça tout va très bien merci !

N.B: Que les connaisseurs se rassurent. S’il existe  au moins encore  une librairie à Frisco , c’est  City Lights, la mythique librairie des amis de Kerouac. Elle est même mentionnée dans le Lonely Planet….comme attraction touristique à ne pas manquer!

Dans le Yacht-Club de Jack London !

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Chamade amarré au ponton du Vallejo Y-C, le Yacht-Club de Jack London (oui, lui-même, LE Jack London, Croc Blanc et tout le reste…) avouez que c’est vraiment classe !

 

Pas un club de richtos, juste un bon vieux yacht-club, avec son bar, ses pontons en bois branlant et ses amateurs de voile. De voile dans la baie et non pas au large… autant dire que Chamade et ses airs de baroudeurs du grand large fait sensation !


L’invitation, nous la devons à Ron, notre pygmalion de San Francisco, l’homme qui aura fait de notre escale un vrai plaisir. Ron, un informaticien ayant collaboré avec Christian, le propriétaire d’ « Entre-Côtes » (Ovni 365), rencontré au salon nautique de Paris. Les amis des amis étant des amis… ni une ni deux, Ron, grand amateur de voile, nous a donc réservé un accueil royal.

Il prend contact avec les douanes pour organiser notre  arrivée (même si dans ce bureau de l’immense port d’Oakland qui ne voit pratiquement jamais un voilier faire son entrée officielle aux USA, les choses seront toutes sauf simples).

Puis il nous obtient un permis pour mouiller à « Aquatic Parc » (mouillage gratuit limité à 5 jours) juste devant la ville, au terminal du tram F. Situation idéale qui fait oublier le vent et le clapot qui balaie le mouillage durant l’après-midi.

Enfin, il nous accueille donc dans son Yacht Club de Vallejo, tout au fond de la baie de San Francisco, à l’embouchure de la Napa River que nous devrons remonter pour aller mettre Chamade au sec pour l’hiver.

Ron et sa compagne Mary, un vrai couple de Californiens.2 (même s’ils ne sont pas d’origine). Tous les deux bossent dans l’informatique et l’Internet, ils roulent en Mini, apprécient le (très) bon vin et les délices gourmets de la Napa Valley. Avec cette touche d’humour un brin caustique et un goût prononcé pour les jeux de mots dont, hélas, nous ne comprenons pas toutes les subtilités.

Bref de très agréables moments passés ensemble, un excellent souvenir des tapas du « Zuzu » (Main Street, Napa, CA) et un rendez-vous pris pour l’année prochaine dans leur nouvel appartement qu’ils vont occuper dès octobre en plein centre de Frisco (Market Street). On se réjouit.

Arrivée magique à San Francisco

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Un soleil éclatant, un vent portant d’une quinzaine de nœuds, que pouvait-on demander de mieux pour faire notre entrée sous le célèbre Golden Gate Bridge ?

 

Et pourtant rien ne le laissait présager en début de matinée, au moment de quitter notre mouillage de Point Reyes.

 

Le brouillard semble bien accroché et le vent absent. Mais à mesure que l’on s’approche du Golden Gate que la brume se lève en même temps que le vent. Nos pouvons donc envoyer le Code D pour une magistrale entrée sous le Golden Gate. Le courant est portant et c’est à plus de 10 nœuds que nous déboulons dans la baie.

A peine un ou deux voiliers dans le célèbre passage, qui tirent des bords pour gagner le large. Mais passé le pont qu’une véritable armada sillonne la baie. Un coup d’œil aux jumelles pour apercevoir deux fusées qui volent sur l’eau : « Luna Rossa » et « Artemis », deux des concurrents de l’America’s Cup en pleine régate, au milieu d’une meute de bateaux spectateurs. Et le tout qui fonce vers nous !

Pas une minute à perdre, les voiles sont affalées et le moteur lancé pour tenter de se frayer un chemin au milieu de ce fatras qui nous barre la route. Car nous devons aller justement de l’autre côté de la baie, jusqu’au port d’Oakland, là où les douanes nous attendent. Pas vraiment le temps d’observer la régate, si ce n’est pour mesurer vraiment l’incroyable vitesse de ces libellules (plus de 30 nœuds) et de voir qu’apparemment les Italiens donnent une leçon aux Suédois. Mais il faut slalomer, éviter de justesse de nombreux bateaux et subir les assauts des zodiacs de l’organisation qui font la police pour tenter de garder libre l’espace de régate. Le tout dans un clapot invraisemblable. Le moment le plus stress de toute cette étape entre Canada et USA !

Mais ça fait des souvenirs !

L’adieu au Nord

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(Par Sylvie)

Une page se tourne. Après 7 ans passés dans le (grand) Nord, Chamade s’est mis à voguer vers des cieux plus cléments, sous d’autres latitudes. La transition s’est faite en douceur, en cinq jours de navigation. Cinq jours dans un no man’s land de brouillard derrière lequel le soleil tentait vainement de percer :

 

Cinq jours durant lesquels j’ai pris mentalement congé du Nord. Sans nostalgie, mais avec un intense sentiment de satisfaction. Parce que  pour être franche, j’ai bien aimé découvrir ces régions de glaces et de froidure, austères et isolées. Et puis je n’ai pas eu si froid que ça. Je crois même que j’ai pris goût, non pas aux basses températures, mais à l’immensité, aux contrées sauvages que l’on peut traverser des jours durant, sans voir âme qui vive.

J’ai appris beaucoup sur les gens du Nord. Sur les cultures des Pomores, des  Inuits, des Tchouktches, des Aléoutes, des Indiens de Colombie britannique.

 

Je me suis enrichie de toutes les rencontres que nous avons faites au cours de nos voyages, Cet été encore, il y a eu John et Gerry, venus du Névada, passer leur retraite dans le climat tempéré d’Anacortes. Il y a eu Jean et Helen, des boat people urbains, qui vivent sur leur bateau au beau milieu des gratte-ciels de Vancouver, dans une marina autogérée par ses habitants groupés dans une coopérative.

 

Il y a eu aussi, Renee et Susan (dont nous avons déjà parlé dans le blog). Et aussi  Flavien, le Français qui, tout en gérant un B&B, dirige le petit « visitor center » de Sandspit à Haida Gwai, durant la saison d’été. Le reste du temps, il voyage. Ce sont tous à leur façon des nomades des temps moderne, comme on en voit tant sur le continent américain.

 

J’ai pensé à tout ça durant les nuits de quart, en voguant vers Frisco. Je me suis remémoré la banquise, les icebergs, les glaciers, les déserts de roches où rien de saillant  ne pousse.  La toundra rousse de la fin août dans le nord de l’Alaska, les  magnifiques forêts de conifères que nous avons traversées jusqu’à l’overdose ces deux dernières années….

 

Et j’ai eu soudain une folle envie de voir des palmiers et de sentir la chaleur du soleil sur ma peau.

Dernier mouillage, avant Frisco, dernière trempette dans de l’eau à 15 degrés, sous l’œil désabusé d’un pélican…

 

Demain nous passons sous le Golden-Gate, pour aller de l’autre côté du brouillard, où se trouvent les palmiers.

 

Et encore:

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