Une famille très ordinaire.

(Par Sylvie)

Quand je vous disais que ça aide de parler local.    Karl  ne nous a pas laissé le temps  de démontrer les progrès fulgurants que nous avons  faits.  Avant même que nous ayons pu placer notre savant  « aluu », il nous a demandé « where are you comming from » ?  Cassés !  Même Marc a renoncé après une tentative de se présenter  (aterorpunga Marc) en Inuit dans le texte. Sans doute un problème d’accent, mais Karl n’a rien compris. En revanche, il a fort bien saisi  mon envie chimérique de trouver « a bar to drink a coffee ».  Heureusement à   Attu  (250 habitants), les bars, on ne connaît pas, mais on boit beaucoup de café chez soi.  Un coup de téléphone portable et l’affaire est dans le sac. Nous sommes invités chez les parents de Karl.

C’est à deux pas. Une maisonnette rouge, avec vue sur la mer (et par pur hasard  sur Chamade).

 Une petite terrasse pour accéder à une minuscule entrée, à une cuisine bien équipée et au séjour, simplement meublé d’une table,   d’une commode avec Hi-fi,  d’un écran TV plat, presqu’aussi grand que les deux canapés sur lesquels nous avons dégusté notre café. Papa Jan est un pêcheur, chasseur de morses à ses heures, maman Oline est l’infirmière du village. Elle assure la gestion du dispensaire et assiste le médecin qui passe de temps en temps. Karl, lui, exerce son métier d’instituteur à Kapisillit (à 90 km de Nuuk), où il vit avec sa femme Kristine qui fabrique des habits en peaux de phoque. L’accueil  dans la famille est jovial et chaleureux, le café coule à flot, on sort même les trophées de chasse.

Avec Ujarneq , leur fils de trois ans,  Karl et Kristine ont fait trois jours de voyage à bord de leur canot moteur, pour venir passer les vacances scolaires  dans la maison familiale de Attu. Plus de 600 kilomètres entrecoupés d’escales à Manitsoq et Sisimiut où ils ont dormi chez des parents. Aujourd’hui,  ils prennent plaisir à nous faire les honneurs du village natal de Karl. Un village ordinaire,  accroché aux flancs d’une île rocheuse ordinaire, où le générateur électrique ronronne (assez bruyamment) tout près de l’usine à poissons, dans un coin du port où débarquent d’autres familles de vacanciers autochtones.

A partir de Attu, nous allons faire connaissance  d’autres familles autochtones ordinaires de la région: celle des chiens de traîneaux et celle des moustiques qui nous transforme en chasseurs avertis, même dans le cockpit.

Car c’est bien connu. Quand le chien aboie, Chamade passe  et le moustique trépasse.

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