Nunavut adieu !

On s’imagine mal la démesure des distances entre une escale et l’autre. Sur la carte Tuktoyaktuk ne me semblait pas le bout du monde. Mais depuis Cambridge Bay, il faut bien cinq jours de mer pour parcourir les 680 miles (plus de mille kilomètres) qui séparent les deux communautés. Quand le vent veut bien souffler dans le bons sens (en l’occurrence du sud-est) pour nous pousser les fesses dans l’interminable Dolfin & Union Strait. Ce qui n’est pas le cas depuis trois jours. Nous avançons dans la monotonie des différents tons de gris qui séparent le ciel d’une mer aux humeurs chahuteuses, et la mer de la terre. Avec, il est vrai, quelques moments de grâce absolu, quand le soleil essaie de percer le brouillard ou se couche entre les nuages pour un spectacle en technicolor

Nous avons quitté le Nunavut, c’est-à-dire « notre terre », en Iniktitut, le dialecte inuit le plus parlé sur ce territoire grand comme trois fois la France et qui recense à peine quelque 30.000 habitants. Une population composée à 85 % d’Inuits, dont 56% a moins de 25 ans. C’est sur cette terre et de cette terre que les nomades Inuits vivaient déjà, il y a quatre mille ans. Mais c’est seulement en 1999 qu’ils ont pu constituer un territoire au sein de la fédération canadienne.  Composé essentiellement de l’archipel arctique, le Nunavut couvre environ un cinquième la superficie totale du Canada. Il couvre trois fuseaux horaires. C’est la contrée la plus froide et la plus septentrionale du pays. 28 communautés y sont installées. La plus petite, Bathrust Inlet, abrite une vingtaine d’âmes, tandis qu’au sud de l’île de Baffin, la capitale Iqaluit en compte plus de six mille. Recouvert par les glaces la plupart de l’année, le nord du Nunavut reçoit moins de pluie que certaines régions du Sahara. D’où ces langues de terres désertiques et ces espaces de toundra que nous avons rencontrés. Voilà, c’était la leçon de géographie du jour, dispensée du milieu du golfe d’Amundsen, notre illustre prédécesseur.

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